jueves, 17 de agosto de 2017

Andrea Chénier at the Munich Opera Festival

Foto: Wilfried Hösl

Suzanne Daumann

In this new production of the Munich Staatsoper, stage director Philipp Stölzl situated the action in its historical context, but his lookout on the work and its protagonists was that of today. The set juxtaposed „Upstairs Downstairs“ situations, and when we saw, in the first tableau, the servants live out their miserable downstairs lives, those downstairs quarters, cramped and low, prefigured the dungeons of the Revolution. Champagne-colored gowns and tapestries, upstairs everything was light and bright and warm, whereas downstairs everything was dark and dreary; the Comtesse de Coigny, affected and majestic as they come, sung and played with spirit and conviction by Doris Soffel - everything spoke of noble idleness and exploitation. Andrea Chénier, the poet, and the young countess Maddalena didn’t quite fit in. Costume-wise and in thought and word: He wore a somewhat worn-out suit, she a simple white dress; he expressed behind his poetry thoughts that showed a political conscience, she had a vague longing for freedom, at least freedom from straight-laced gowns and finery. It was this vague similarity of ideas that sparked the subsequent improbable love story. Their story was only one part of the historical panorama that this work presented. And so in the second tableau we found ourselves in Paris, in the middle of the Robbespierre’s Terror. The stage showed simultaneously the streets of Paris, a brothel, one of the downstairs rooms was a lazaret and the other one  Andrea Chénier’s abode.  The erstwhile servant Carlo Gérard turned out to be the real protagonist of the story: having become Robbespierre’ right hand, he had his spies look out for Maddalena with whom he had always been secretly in love,  and Chénier whom he suspected of revolutionary heresy. Having got hurt by Chénier in a duel, he protected him, however, saving his life for the time being. When Maddalena later on offered him her virtue in exchange for Chénier’s freedom, he gave up her designs on her. Chénier was sentenced to death all the same and Maddalena decided to die with him. A number of secondary characters gravitated around these three, the most impressive of them was „the old Madelon“, an old woman who had lost almost all of her family and yet sacrificed her last grandson, a youth of 15, to the Revolution army. Elena Zilio interpreted her touching aria with so much conviction and almost-tears in her voice that every mother’s of son’s heart in the hall got a bit broken, and we had to think of all the mothers of all those sacrificed sons, today and in the past. Ambrogio Maestri took on the part of Gérard, replacing Luca Salsi, and he was magnificent. With his warm and smooth generous baritone voice and perfect intonation, he interpreted perfectly this anti-Scarpia in his development and his contradictions. The queen of the evening was the young countess Maddalena, Anja Harteros. She sang the arias and duets with so much innocent power, her warm and sweet voice followed the melodic lines with so much ease and grace that the thundering bravos  were very largely deserved. Jonas Kaufmann in the role of Andrea Chénier was not in his best form tonight. He played his part to perfection, as always, but he seemed a bit tired, his play was a tiny bit routine, and if his pianissimi were fine and tense as always, he seemed a bit strained in the forte. The orchestra somewhat drowning out the singers, especially in the first part, didn’t really help either. Jonas Kaufmann is Jonas Kaufmann is Jonas Kaufmann, and the Munich public’s white-headed boy got the acclaim he deserved. Omer Meir Wellber, once the music gave him a chance, turned out to be an attentive conductor full of energy, highlighting many a detail of a score that otherwise is mostly functional.   A lovely production, where everything worked together, a lovely Munich evening. Bravi tutti! 

Andrea Chénier au Festival d’Opéra à Munich

Foto: Wilfried Hösl

Suzanne Daumann

Dans la nouvelle production du Staatsoper de Munich, le metteur en scène Philippe Stölzl respecte le contexte historique, tout en développant un regard contemporain sur l’oeuvre et ses protagonistes. Une scénographie sobre et fort lisible juxtapose « ceux d’en haut » et « ceux d’en bas », et dans le premier tableau, au château de Coigny, les domestiques vivent leur misérable vie en dessous de leurs maîtres, et ces quartiers d’en bas laissent déjà entrevoir les renversements de la situation et les prisons de la Révolution. Tapisseries et robes somptueuses couleur champagne, en haut tout est lumineux et chaleureux, en bas tout est sombre et miséreux;  la Comtesse de Coigny, précieuse et majestueuse comme il se doit, interprétée avec bravoure par Doris Soffel - le tableau de la société noble et oisive est parfait. Le poète Andrea Chénier et la jeune comtesse Maddalena détonnent un peu dans ce cadre, lui par ses habits un peu usés et par sa pensée pro-révolutionnaire, elle, par sa robe blanche assez simple, et par sa vague envie de liberté, exprimé dans sa complainte sur l’inconfort des robes et corsets. C’est cette rencontre d’idées qui initie l’improbable histoire d’amour qui s’ensuit. Néanmoins, cette histoire n’est qu’une facette de cette oeuvre qui tente de conter l’Histoire par des histoires. Ainsi, au deuxième tableau, nous sommes à Paris, en pleine Terreur, et la scène montre simultanément les rues de la ville, un bordel, en bas les prisons, et Andrea Chénier a élu domicile dans sa future cellule. L’ancien serviteur Carlo Gérard se révèle comme le vrai protagoniste de l’histoire: Devenu la main droite de Robbespierre, il fait rechercher et Maddalena dont il est amoureux, et Chénier dont il est jaloux et qu’il soupçonne d’avoir des idées qui „trahiraient“ la Révolution. Blessé par Chénier lors d’un duel, il le couvre cependant et lui sauve la vie, et lorsque Maddalena lui propose, plus tard, sa vertu en échange de la liberté de celui-ci, il finit par renoncer à elle. Malgré ce support tardif, Chénier est condamné à  mort et Maddalena décide de mourir avec lui. À côté de ces drame, l’oeuvre conte d’autres histoires, notamment celle de „la vieille Madelon“, une vieille femme qui a perdu presque toute sa famille et vient néanmoins sacrifier son dernier petit-fils à l’armée de la Révolution. Elena Zilio l’interprète et chante son air touchant avec tant de conviction et justesse, avec une voix qui retient tout juste les larmes, que tous les coeurs de mères de fils se brisent un peu dans la salle, et qu’on pense à toutes les mères de tous les fils sacrifiés pour tant de causes, jadis et aujourd’hui. Carlo Gérard est interprété ce soir par Ambrogio Maestri, remplaçant Luca Salsi, et le public n’a rien perdu au change. Maestri est magnifique, voix de baryton chaude et ample, intonation parfaite, il incarne à la perfection cet anti-Scarpia dans son développement et ses contradictions. Magnifique également Anja Harteros dans le rôle de Maddalena. Cette comtesse est la reine de la soirée: elle chante ses airs et les duos avec tant de force ingénue, sa voix pure et chaude suit la ligne mélodique avec tant de grâce que les ovations debout à la fin du spectacle sont amplement méritées. Jonas Kaufmann, Andrea Chénier, n’est pas au top de sa forme ce soir. Acteur consommé, il joue son rôle à la perfection comme toujours, cependant on le sent un peu las, un tantinet routinier, et si ses pianissimi célèbres sont fins et tendus comme on les lui connait, il peine un peu dans le forte. Le fait que l’orchestre, pendant la première moitié du spectacle surtout, avec sa musique plutôt guerrière, a tendance à couvrir les chanteurs n’aide pas vraiment. Jonas Kaufmann est Jonas Kaufmann est Jonas Kaufmann, et le chouchou des Munichois mérite amplement les applaudissements chaleureux de son public. Omer Meir Wellber, une fois que la musique lui en donne le loisir, s’avère un chef minutieux et énergique, laissant vibrer et étinceler maint détail d’une partition qui convainc surtout par sa fonctionnalité. Une belle production, où tout se tient, une belle soirée d’été à Munich. Bravi tutti, merci! 

miércoles, 16 de agosto de 2017

El sabor de Susanna – Il segreto di Susanna de Wolf-Ferrari en México

Foto: Cultura UNAM / Barry Domínguez  

Luis Gutiérrez R


La Universidad Nacional Autónoma de México presenta una sabrosa producción de la ópera bufa de Ermanno Wolf–Ferrari. Cultura UNAM presenta IM–PULSO, iniciativa que busca convertirse en un espacio anual en el que crezcan los más eclécticos lenguajes de las artes escénicas, en palabras expresadas en el programa de mano. Uno de los proyectos es la presentación de la ópera bufa Il segreto di Susanna que Ermanno Wolf–Ferrari compuso en 1909, en la Sala Miguel Covarrubias del Centro Cultural Universitario. El argumento de este caramelo, que así caracterizo por su brevedad y buen sabor, describe las aventuras mentales de una pareja de recién casados, el Conde Gil y la Condesa Susanna. El Conde detesta el olor a cigarrillo, mismo que percibe continuamente en su casa; estima que quien lo causa es un hipotético amante de su joven esposa, aunque descubriremos que lo que el secreto de la Condesa Susanna es el hecho de que ella es quien fuma. Al “confesar” el hecho, su ahora amante esposo decide fumar también. La música, aunque de corta duración, unos 50 minutos destaca por la presencia de alusiones al Preludio a la siesta de un Fauno de Debussy, que sugieren el movimiento voluptuoso del humo expelido por Susanna, así como motivos cómicos desde la obertura –sí, cuanta con una pequeña obertura que el director de escena respetó sin introducir escenas graciosas como lo hacen muchos ponedores – y la presencia recurrente de una gavota, que creo nació en Il crociato in Egitto del Meyerbeer italiano, habiendo pasado por Manon y llegando hasta la escena de Ascot de My Fair Lady. El director de escena, Hernán del Riego, decidió poner la obra con el lenguaje de los comics, impresos y en la televisión, logrando una espléndida producción. La diseñadora de escenografía e iluminación, Xóchitl González y el diseñador de vestuario y utilería, Mario Marín del Río, lograron un brillante trabajo, en comunión total con el concepto. La ejecución vocal y actoral de Irasema Terrazas como Susanna y Josué Cerón como el Conde Gil fue estupenda. Aunque breve, las partes de ambos cantantes no son simples, de hecho, son muy demandantes en cuanto a la duración, rango y variación de la dinámica durante sus largos solos. Alejandro Camacho como actor mudo ayudó a subrayar la comicidad de la puesta en escena. Gustavo Rivero dirigió la Orquesta Juvenil Universitaria Eduardo Mata, formada por becarios menores a los 30 años, es decir jóvenes de verdad. Bajo la batuta de Rivero la orquesta logró una muy buena ejecución, destacando la del clarinetista Luis Arturo Cornejo. No exagero al decir que pasé una gran tarde de domingo gracias a todos los artistas que nos bridaron generosamente su trabajo

El pianista András Schiff cautivó al público del Palacio de Bellas Artes de México

Fotos: INBA

El pianista András Schiff cautivó al público del Palacio de Bellas Artes de México con obras de Bach, Bartók, Schumann y Janáček en una noche inolvidable, dos días después interpretó El clave bien temperado Libro I (preludios y fugas 1-24) BWV 846-869 de Bach en la misma sede Luego de casi cuatro años de ausencia de los escenarios mexicanos, donde ejecutoo las Variaciones Goldberg de Bach,  el pianista de origen húngaro András Schiff, considerado uno de los más destacados de la actualidad en el mundo, ofreció el primero de dos recitales en la Sala Principal del Palacio de Bellas Artes, donde no solo impresionó al público, sino que además lo fascinó de principio a fin. En su primer recital, Schiff brindó un programa variado, virtuoso y completo, como lo había prometido, formado por obras de Johann Sebastian Bach, Béla Bartók, Robert Schumann y Leoš Janáček, con las que demostró, una vez más, su dominio de la técnica y una impresionante memoria, pues durante todo el concierto, que duró más de dos horas, nunca tuvo frente a él partitura alguna. Con paso lento llegó al centro del escenario del Palacio de Bellas Artes y de inmediato dio rienda suelta, de manera tranquila, solo con algunos movimientos de cabeza y gesto adusto, al arte de la música capaz de sustituir mil palabras. En la primera parte del recital, Schiff interpretó Invenciones a tres partes (sinfonías 1-15) BWV 787-801 de Bach, intercaladas con la Suite para piano op. 14 y Al aire libre (1-5) de Bartók. 
El pianista no expresó palabra alguna durante toda la sesión. Solo él y su piano hicieron una noche inolvidable, con una interpretación que mantuvo al público en completo silencio. Las Invenciones de Bach fueron escritas entre 1720 y 1723, y se caracterizan por ser piezas cortas sin características específicas, pero que en su época demostraron alguna novedad. Su objetivo –escribió en su momento el propio compositor– era ayudar a los jóvenes pianistas “a lograr un estilo cantabile al tocar y a la vez adquirir una sólida idea de la composición”. En las manos de Schiff, estas obras de carácter didáctico fueron piezas maestras de un gran virtuosismo, al igual que las de Bartók, compuestas en su momento con un afán de refinamiento de la técnica pianística. Estas se convirtieron en un deleite sonoro para los asistentes, que solo al final de la última pieza (La caza) desató ovaciones y aplausos. Solo con su música, András Schiff despertó toda clase de sentimientos, en especial cuando interpretó la Sonata para piano 1.X.1905, Desde las calles, obra fúnebre que Janáček compuso en memoria de un obrero checo asesinado en las revueltas de 1905 en su país. Luego vino la larga y enigmática Sonata núm. 1 en fa sostenido menor op. 11 de Schumann, con la que el pianista llevó a su punto climático el recital. Un público silencioso, extasiado, sin duda anonadado por el alto grado de complejidad de las obras ofrecidas, pudo demostrar su entusiasmo con un largo aplauso de más de diez minutos, que hizo volver al pianista al escenario hasta en tres ocasiones, mismas en las que interpretó otros fragmentos de obras de Bach, Bartók y Schumann. En su segundo recital, Schiff interpretó  El clave bien temperado Libro I (preludios y fugas 1-24) BWV 846-869 de Bach, una segunda oportunidad de extasiarse con la música en manos del multipremiado pianista.


La Boheme – Buenos Aires Lirica, Argentina

Foto: Buenos Aires Lirica

Luis G. Baietti

Con esta magnífica puesta, por momentos deslumbrante del clásico pucciniano, Buenos Aires Lirica llega a lo que seguramente será el punto culminante de una temporada que exigió mucho de la imaginación y el pragmatismo de sus conductores, habida cuenta de las restricciones presupuestales y los costos en incesante ascenso. La puesta de La Boheme, inteligentemente compartida con la Ópera de Rosario una Compañía que año tras año viene dando muestras de un gran sentido de la oportunidad para con escasos recursos llevar al público rosarino espectáculos de gran calidad, la puesta hace gala de un vestuario de primer nivel y de una planta escénica donde la imaginación, el buen gusto y la madurez artística han reemplazado con total éxito al despliegue de costosos elementos. Pero el éxito de la versión, que adelanto es una de las mejores Bohemes que se han visto en los últimos años por estos lares y que en muchos detalles superó a las recientes versiones del Colón, el Argentino de la Plata y el Sodre se debió fundamentalmente a la gran labor de un terceto de directores que supieron llevar a los elementos bajo su comando al más alto nivel que podían entregar. Mario Perusso es un verdadero experto en Puccini y cada vez que se enfrenta a una partitura del  gran maestro de Lucca, logra ejecuciones de calidad musical e impacto emocional. Sabe además donde debe la orquesta explayarse en toda su potencia, y donde debe desaparecer y ocupar el segundo plano frente a la voz de los cantantes. Algunos desajustes siempre esperables en las primeras escenas del primer acto para nada invalidan esta opinión. Hace mucho tiempo que sabemos que Marcelo Perusso es un gran director teatral, con un gran dominio de todas las técnicas requeridas, gran capacidad de estimular a un elenco y hacerlo vibrar con su texto, y capaz de cuidar hasta el mínimo detalle de la representación sin descuidar las contra escenas.  Marcelo suele ser su propio enemigo y en el afán de parecer moderno incurre a veces en soluciones estrambóticas que colisionan con el texto. Nada de eso en esta Boheme donde se ciñó rigurosamente al bellísimo texto de Puccini y sus libretistas y logró un espectáculo por momentos visualmente cautivante, pero en general por sobre todas las cosas de gran emotividad. Ojalá persista en esta línea. Juan Casasbellas ha logrado integrar un espléndido coro, que además de cantar actúa con desenvoltura y que hasta se permite sutilezas como la voz ruda de los trabajadores de la nieve en el acto 3. Y tuvo la suerte de contar con el excelente coro infantil Petis Cours muy bien dirigido por Rosana Bravo con un gran desempeño vocal y escénico. Y qué elenco ¡! Para empezar dos de los recién ganadores del Concurso Alejandro Cordero:  Luis Loaiza Isler y Maria Belen Rivarola El cómo Schaunard exhibiendo una rica voz de barítono de generosa extensión y volumen y una impecable línea de canto, que no sorprende haya impactado al Jurado del Concurso con su excelente ejecución del aria de IL Trovatore que es lo que una voz así de importante realmente pide. Ella con una Musetta impecable vocalmente y de gran despliegue escénico. No debe haber muchas sopranos en el mundo que tengan en su repertorio simultáneamente la Mussetta de Boheme y la Leonora de Il Trovatore. ambas cantadas con absoluta solvencia vocal. Walter Schwartz que suele ser un puntal de todas las representaciones operísticas en el Avenida, luce aquí una bellísima voz que despliega emocionantes pianísimos en el aria vecchia zimarra cantada con la cuota justa de emoción, redondeando uno de los grandes momentos de la noche. Sergio Carlevaris estuvo excelente en el doble papel de Benoit y Alcindoro aunque yo hubiera hecho el primero menos amanerado. Ernesto Bauer es un placer irrestricto al oído con su bellamente timbrada voz, que parece estar pasando por un gran momento. ¡Fue además un intérprete muy compenetrado con el drama logrando un momento realmente desgarrador en la escena final donde su Coraggio!  Fue absolutamente conmovedor. Nazareth Aufe está aquí más a sus anchas que en los papeles de spinto que por fuerza de las circunstancias se ha visto obligado a cantar ( y como lamento no haber oído su Edgardo en hasta Trilce, ya que canceló la función a la que asistí )- Su voz esencialmente lírica si no lírico ligera se explaya con naturalidad y belleza en toda la zona aguda especialmente los pianísimos, y si bien suena absolutamente segura en el centro y grave , en esas zonas el timbre ya no es tan grato, quizás producto del esfuerzo por ensancharlos para enfrentar el repertorio atípico que ha venido cantando. Actoralmente está casi irreconocible. Ha incrementado  tremendamente su bagaje actoral y logró una versión en todo momento convincente y emocionante de su bohemio, al que algunas torpezas muy ocasionales  de desplazamiento o gesticulaciones algo descontroladas no le quedan de todo mal dada la juventud del personaje. No tengo palabras suficientes para describir el logro total y absoluto de Montserrat Maldonado en una Mimi absolutamente soñada. Mucho más a sus anchas que en Ernani o Norma papeles que seguramente serán su dieta diaria de aquí a unos 10 años, con un bello timbre oscuro, generoso volumen, pianísimos que evocan a la Caballe acariciando más que cantando las notas, y un desempeño escénico conmovedor es imposible pensar en una Mimi más brillante. Conviene apresurarse a verla porque no creo que se quede mucho tiempo en el país.

martes, 15 de agosto de 2017

Houston Symphony Wins German Music Award ECHO KLASSIK

The Houston Symphony was awarded the prestigious ECHO KLASSIK 2017 award in the category of Best Opera Recording (20th/21st Century Opera) for the recording of Alan Berg’s Wozzeck under the direction of former Music Director Hans Graf. The winners were announced by the Deutsche Phono-Akademie in recognition of outstanding achievements in the music industry. Recorded in March 1, 2013, the highly-anticipated two-disc album is a significant addition to the successful Houston Symphony recordings conducted by Graf during his tenure as music director. Hans made his Naxos debut in 2009 with the Houston Symphony’s recording of Zemlinsky’s Lyric Symphony and Berg’s Three Pieces. Based on real events and playwright Georg Büchner’s starkly vehement text, Alban Berg’s tragic opera Wozzeck is an epoch-making work, in stark contrast to the previous high romantic ideals of the genre.Immensely powerful and heartbreakingly moving as a drama, Wozzeck explores the victimization, despair and madness of a central character who has no place in society, its deeply humane message and sublimely innovative score firmly establishing it as a 20th-century masterpiece. “Büchner’s timeless, daring message of empathy and understanding along with Berg’s incredible music, emotional and precise, yielded perhaps the greatest opera of the 20th century,” said Graf. “The Houston Symphony’s performances show how it can be done in concert, staged lightly with great care and love – and with great impact.” Recent Houston Symphony recordings include the critically-acclaimed recordings of the last four Dvořák’s Symphonies released on the Dutch label Pentatone. Future recording projects under the 2 direction of current Music Director Andrés Orozco-Estrada include Haydn’s The Creation and a Music of the Americas disc featuring Gershwin’s An American in Paris, Revueltas’ Sensemayá, Piazzolla’s Tangazo and Bernstein’s Symphonic Dances from West Side Story. The ECHO KLASSIK trophies will be handed out on Sunday, October 29, during a gala event in the Elbphilharmonie Concert Hall in Hamburg. The German public TV channel ZDF will broadcast the ceremony that evening starting at 10 pm.

miércoles, 9 de agosto de 2017

Intervista al mezzosoprano Alessandra Volpe (Carmen di Bizet)

Foto: www.alessandravolpe.net 

Lorena J. Rosas

Dopo gli esordi in Italia, con istituzioni come l'AsLiCo e il Petruzzelli di Bari (ma anche la Scala di Milano e l'Accademia di Santa Cecilia a Roma) la carriera di Alessandra Volpe si è proiettata principalmente all'estero, da Monaco di Baviera a Glyndebourne, da Oviedo a Tenerife, da Wildbad a Wexford. In vista del suo debutto in Messico, con il personaggio di Carmen, Lorena J. Rosas l'ha intervistata.

Come vedi il personaggio di Carmen sotto il profilo umano?

Spesso il personaggio della sigaraia sivigliana viene dipinto come l'emblema della freddezza, spesso, rasentando il cinismo. Secondo me, Carmen è una donna tendenzialmente fragile che porta in sé un bagaglio di sofferenza che nasconde con la sua sfacciataggine.

Nell'aria "En vain pour eviter", Carmen vede la sua morte per mano dell'uomo che ha amato, forse, sino a pochi attimi prima. Potrebbe evitarla o la desidera a tal punto da inveire contro Don José e portarlo all'esasperazione estrema e quindi a ucciderla. Forse, come cammino verso la "purificazione"?

Carmen ama con tutta l'anima, è una donna piena di paure e fragilità, ma affronta la vita con determinazione, quasi mai spogliando il ruolo della femme fatale, per non mostrare la sua "debolezza". Affronta Don José. colla forza di una pantera, e decide di non andare alla corrida, e quindi salvarsi, per finire la sua vita coll'unico uomo che abbia "amato" veramente. Non credo che Carmen abbia tanta voglia di purificarsi, quanto di porre fine ad una vita che non le appartiene e che non è mai stata sua veramente.

Carmen, nel quarto quadro, incontrerà Escamillo ma preferisce non seguirlo alla corrida per affrontare Don José: perché?

Nonostante Mercedes e Frasquita l'avessero messa in guardia. Essenzialmente perché ama Don José ed Escamillo era un'infatuazione, un'abbaglio.

Dopo il tentativo di fuga del duetto finale, Carmen affronta la morte. Con rassegnazione o con baldanza?

Non ha un attimo di esitazione, lo provoca volutamente, perché sia lui, il suo vero amore, a porre fine alla sua vita.

Se c'é, qual è l'uomo che fa innamorare Carmen? Carmen ama un uomo o un ideale?

Io credo che Carmen ami l'idea dell'amore, quello che non si è mai potuta neanche permettere di sognare. Don José è l'incarnazione di quell'ideale, forte deciso e al tempo stesso fragile e squilibrato, probabilmente il suo alter ego maschile.

In merito all'allestimento di questa nuova produzione in Messico (Teatro del Bicentenario de Léon), cosa ti colpisce e cosa porterai a casa nel tuo bagaglio di esperienze?

Ho cantato quest'opera in teatri di grande prestigio quali, Zurich, WNO di Cardiff, Oslo ecc., e questa, come tutte, arricchisce il mio "baule delle meraviglie". È la settima produzione e, circa, la quarantesima recita: e, ogni volta, ho l'onore di scoprire sfaccettature nuove e di crescere. La regia di Mauricio Garcia Lozano è apparentemente classica per alcuni aspetti, ma per altri (la maggior parte) è surreale e introspettiva. Ci sono momenti in cui una gabbia cala sulla plaza de toros, dov'è ambientata tutta l'opera, e si apre quando Carmen muore, come a voler simboleggiare la liberazione dell'"oiseau rebelle".

Alessandra Volpe, mamma di due splendidi bimbi, come fai a conciliare questo importante e difficile ruolo, con quello della cantante in carriera?


Quando abbiamo avuto il primo figlio, era più facile viaggiare. Adesso Lorenzo inizierà la scuola primaria, ma faremo di tutto per accorciare le distanze. In merito alla più piccolina, Matilde, può viaggiare con me. In tutto questo c'è mio marito che mi aiuta tanto, e viaggiamo quasi sempre tutti e quattro insieme.

martes, 8 de agosto de 2017

Carmen de Bizet en el Teatro del Bicentenario de León, México

Esta nueva producción del Teatro del Bicentenario presentará en el papel estelar a la mezzosoprano italiana Alessandra Volpe acompañada del tenor mexicano José Manuel Chú, en el papel de Don José. El equipo creativo está conformado por talentosos artistas como José Areán en la dirección musical, Mauricio García-Lozano en la dirección de escena, Jorge Ballina en el diseño de escenografía, Violeta Rojas en el diseño de vestuario, Ingrid SAC en el diseño de iluminación y Marco Antonio Silva como asesor de coreografía y gestualidad, entre otros.

La ópera más anhelada por el público: Carmen, de Georges Bizet, se presenta este mes de agosto, en una nueva producción del Teatro del Bicentenario. Ópera en tres actos, con música del compositor francés Georges Bizet (1838-1875) y libreto de Ludovic Halévy & Henri Meilhac, basado en la novela homónima de Prosper Mérimée. Estrenada el 3 de marzo de 1875, en el Théâtre de la Opéra-Comique, de París, Carmen es una de las tres óperas más representadas de todos los tiempos, considerada una obra icónica del repertorio francés. En medio de una atmósfera que entremezcla aires gitanos con españoles, la fiesta brava y un torbellino de pasiones, se encuentra Carmen: la liberal, la cigarrera, la gitana, la contrabandista; con algo de adivina y profusa en encantos que descargará sobre el soldado Don José… el destino se encargará del resto.

Esta nueva producción del Teatro del Bicentenario presentará en el papel estelar a la mezzosoprano italiana Alessandra Volpe, una de las “Cármenes” más solicitadas por los teatros europeos en la actualidad, calificada por The Citizen como “una cantante que nació para interpretar Carmen”.  La acompaña el tenor mexicano José Manuel Chú, en el papel de Don José, quien recientemente presentó este papel en la Ópera de Sao Paulo, con gran éxito. El papel de Escamillo lo encarnará el barítono Armando Piña, quien debutará en el Teatro del Bicentenario y cuya joven, pero exitosa carrera, lo ha llevado a cantar en el Festival de Salzburgo, en Austria, alternando con las figuras más relevantes de la ópera como Anna Netrebko, Juan Diego Flórez y Joyce Di Donato. La soprano Marcela Chacón dará vida a Micaela, papel que ha cantado en diversas producciones y que la ha hecho acreedora a las más entusiastas críticas por su desempeño. Participan, además, solistas mexicanos, actores, Coro y Orquesta del Teatro del Bicentenario y el Coro de Niños de Valle de Señora, conformando un corpus de más de 150 artistas en escena. Asimismo, el equipo creativo está conformado por talentosos artistas como José Areán en la dirección musical, Mauricio García-Lozano en la dirección de escena, Jorge Ballina en el diseño de escenografía, Violeta Rojas en el diseño de vestuario, Ingrid SAC en el diseño de iluminación y Marco Antonio Silva como asesor de coreografía y gestualidad, entre otros.

AGOSTO 2017 Domingo 13 / 18:00 horas, Martes 15 / 20:00 horas, Jueves 17 / 20:00 horas Sábado 19 / 19:00 horas 



martes, 1 de agosto de 2017

Sous l'empire d'Amour by Marie-Claude Chappuis and Luca Pianca

Alexandra Mathew
‘French musicologist Marin Mersenne (1588–1648) declared the French air de cour to be lacking the passion of Italian vocal music. ‘Our French musicians,’ he wrote, ‘are content to flatter the ear and to avail themselves of a perpetual sweetness in their singing, which prevents them from ever becoming over-forceful’. In Sous l’Empire d’Amour, mezzo-soprano Marie-Claude Chappuis and lutenist Luca Pianca present a selection of beguiling and haunting airs de cour to challenge Mersenne’s statement. Popular in Louis XIII’s court, the French air de cour is a form of secular vocal music, often strophic, homophonic, and with single lute accompaniment. As someone relatively unfamiliar with that repertoire, I listened to the album with curiosity. Chappuis and Pianca’s program comprises music by famous composers (Lully, Lambert), alongside lesser-known composers (Jacques Bittner, Gabriel Battaile). Chappuis’s mezzo-soprano voice is dark, expressive, and agile, her delivery of text seductive, and her dramatic interpretations alternately outrageous and coquettish. Chappuis and Pianca’s sound world is melancholic, and provides the perfect escape during an otherwise cold and miserable Melbourne week. Without hesitation, I declare Mersenne’s assertion misguided, and, in the hands of Chappuis and Pianca, the air de cour an art form capable of expressing our most passionate human emotions.’

Estreno en México de la ópera Salsipuedes de Daniel Catán

Foto: CCMB

Con gran éxito se llevó a cabo el estreno en América Latina de la ópera “Salsipuedes” del compositor mexicano Daniel Catán, en el Centro Cultural Mexiquense Bicentenario (CCMB). El Teatro-Sala de Conciertos “Elisa Carrillo” fue el escenario que recibió dos funciones de la ópera que cuenta con un libreto de Eliseo Alberto y Francisco Hinojosa, un elenco encabezado por la Orquesta Sinfónica Mexiquense (OSM) dirigida por Rodrigo Macías y el Coro de la Orquesta Sinfónica del Estado de México (OSEM), bajo la batuta de Manuel Flores. Con grandes exponentes de la ópera mundial: Dante Alcalá, Jessika Arevalo, Ligia Cedillo, Omar Lara, Darenka Chávez, Elizabeth Rodríguez, Genaro Sulvarán, José Medina, Ricardo Zárraga, Tomás Castellanos, Ángel Ruíz, Alan Pingarrón y el Grupo Dancístico Yuka. “Salsipuedes”, que se estrenó en 2004 con la Houston Grand Opera, se sitúa en el contexto de la Segunda Guerra Mundial y tiene como protagonistas a Lucero (Jessika Arévalo), Magali (Ligia Cedillo), Chucho (Omar Lara) y Ulises (Dante Alcalá), jóvenes salsipuedeños enamorados y recién casados que ven truncada su luna de miel debido a la partida de la fragata “El invencible”, quedando a su vez a merced de políticos corruptos. Una ópera cantada íntegramente en español, con más de 50 artistas en escena, un vestuario extraordinario, los ritmos caribeños de la OSM y el Coro OSEM, así como una escenografía sorprendente, hacen que el espectador se transporte al puerto de Salsipuedes, su bahía, la fragata “El Invencible”, sus fiestas, la alegría, el color del caribe y sus personajes, con un toque de humor y tragedia.


Espectacular presentación del tenor Javier Camarena en el Teatro Colon

Foto: A. Colombaroli

Dr. Alberto Leal

Hace mucho tiempo que el Colón no brinda un Concierto de la calidad del efectuado el 27 pasado. Llevo toda una vida en el mundo de la Opera – y son muchos años – creo que contadas veces o tal vez nunca viví una experiencia como la del mencionado Concierto. Javier Camarena es de los mejores tenores de la actualidad y seguramente de los mejores que he visto en vivo. Es un cantante que además de su depurada técnica tiene condiciones naturales que no son para nada normales. Con él cualquier adjetivo parece quedar pequeño. Además, su simpatía, su humildad y don de gente lo hacen sin dudas un caso único y justifica totalmente el éxito que está obteniendo en los teatros del mundo. Con una voz de importante volumen, con un timbre más cercano a un lírico que a un lírico ligero, una extensión impresionante, soberbia línea de canto, notable facilidad para las coloraturas es de lo más cercano a la perfección técnica que he escuchado. Deslumbrante su apabullante línea de canto en las arias de “Romeo y Julieta” y “Pescadores de Perlas”, con fantásticos agudos en pianísimo, además de un increíble fiato. Absolutamente esplendida su versión de “Si, ritrovarla io giuro” de la Cenerentola, con espectacular re o mi sobreagudo (estamos en discusión) interpolado a tan difícil aria. Y su cierre de la primera parte con su ya conocida magnífica versión de “La hija del Regimiento”, cantada con total facilidad. Delirio del público que colmaba la sala y no era para menos. La segunda parte comenzó con dos espléndidas versiones de Donizetti, “Lucía” y “Don Pasquale”. Luego Verdi, una espectacular versión del aria y caballeta de “Traviata” y “La donna e mobile”.  Delirio del público asistente que aplaudió de parado la maravilla que había escuchado.  Luego llegaron tres bises, “Alma Mía”, “Granada” (delirio total del público) y “El día que me quieras”. No menos importante para el logro de esta fantástica velada fue la intervención del Maestro Enrique Arturo Diemecke. Excelencia en todo su trabajo, con una orquesta que le respondió todo el tiempo. Magnífico acompañante y soberbia su versión de la obertura de “La Forza del Destino”. Bravo Una noche inolvidable con un tenor fuera de serie, hay que juntar todos los adjetivos posibles para poder definirlo. Luego de la muy buena versión de “El Caballero de la Rosa” y este súper Concierto siento que el Teatro Colón está volviendo por su gloria. Hay tratativas de traer a Camarena para una ópera el próximo año, pero no resulta fácil por su agenda. ¡Este Concierto fue un regalo de corazón para todos los que amamos a la Opera!

Ambiguous and animated: L’Elisir d’Amore in Bad Aibling

Fotos: Wolfgang von Hörsten

Suzanne Daumann 

Between Salzburg and Bayreuth, in the green countryside of Bavaria, near the little spa town of Bad Aibling, lies the castle of Maxlrain. It’s here, in the castle’s riding hall, that a strongly motivated association of music lovers organizes every year a series of high quality opera performances. This year, we were treated to L’Elisir d’Amore. On the evening of the last representation, a spell of bad weather had the temperatures in the hall down at 13°, and we had to admire the musicians and wonder how they even managed to play. Everything went smoothly, however. Michael Stacheder’s staging transported the action into post-war Germany. Thus, the joyful company of Adina’s farm became a group of disillusioned persons, and the soldier Belcore, who in the imagination of the 19th century was joyous and sexy in his colorful uniform, showed his inner wounds here, bringing to mind the traumas of veterans from Vietnam to this day. A sober set, that had something of a Beuys installation, with chairs scattered on the scene, window-frames and mirrors leaning on the wall and a wash-basin in the middle of the room, reinforced the notions of renewal and disillusionment. Richard van Schoor’s fantastic conducting, full of energy, detailed and shining, also underlined the ambiguity of the opera, torn as it is between joy of life and death’s bitterness. A very good cast, young, dedicated and spirited, inhabited this universe and gave life and soul to the characters. Doris S. Langara was Adina. Her full and warm soprano was sometimes troubled by too much vibrato, yet she played the young woman between two lovers with ease and grace. Stephen Barchi, basse baritone, played Belcore. A rich and warm, powerful voice, perfect intonation, strong stage presence and great acting abilities: this young singer has a career coming up and is certainly worth following. Dulcamara, the quack, the only totally buffo character of the opera, in this version also had a somber side. He was announced by a short stage music, written for the occasion by Richard van Schoor, a  piece full  of unease which made it clear that there was not only joy in Dulcamara’s suitcase. Jens Olaf Müller sang and played this bitter-sweet Dulcamara very convincingly. Dulcamara had a few spoken interventions in German, words that left no doubt about the hidden darkness of the situation, and he handled them very well indeed. Thomas Huber was very touching as Nemorino. His slightly grainy timbre made his interpretation  even more convincing and his voice blended wonderfully into all the ensembles. In this version, the character of Giannetta held the front of the stage. Michael Stacheder made her be in love with Belcore, expressed in mute stage play. Katharina Wittmann, light and spirited of soprano voice and character, interpreted her perfectly.  Richard van Schoor’s work deserves another special mention: with an orchestra that is put together every year for the occasion, he obtained a dense and detailed sound, dancing his swift and precise tempi and pulling everything into the dance. Bravi tutti, thank you for an entertaining and insightful evening.

Ambigu et élevé: L’Elisir d’Amore à Bad Aibling, le 25 juillet 2017

Fotos: Wolfgang von Hörsten

Suzanne Daumann

Entre Salzburg et Bayreuth, dans la verde campagne de la Bavière, se trouve près de la petite ville d’eaux de Bad Aibling, le château de Maxlrain. C’est ici, dans le manège équestre, qu’une association très motivée organise chaque année des représentations d’opéras qui n’ont rien à envier aux „vrais“ théâtres.Cette année donc, on y donnait L’Elisir d’Amore. Le soir de la dernière, grâce à une météo très perturbée, les températures dans la salle ne dépassent guère les 13°, et on se demande comment les musiciens arrivent à jouer. Cependant, tout se déroule parfaitement. La mise en scène de Michael Stacheder transporte l’action dans la période d’après-guerre. La joyeuse communauté de la ferme d’Adina devient ainsi un groupe de personnes désillusionnées, et le soldat Belcore, joyeux en uniforme sexy dans l’imagination du 19ème siècle, montre ici ses blessures, faisant penser aux vétérans des guerres US-américaines depuis Vietnam jusqu’aujourd’hui. Une scénographie sobre rappelle les installations de Joseph Beuys : quelques chaises, cadres de fenȇtres appuyés à un mur, au milieu un vieux lavabo sur pied, tout ceci renforce le sentiment de renouveau dans la désillusion. Un très bon cast, jeune, motivé et plein d’entrain, habite cet univers et donne vie à l’envie de la vie à travers l’amour. Doris S. Langara est Adina. Avec une voix de soprano pleine et chaude, seulement troublée parfois par un vibrato un peu genant, elle incarne avec brio cette jeune femme tiraillée entre deux amours. Le baryton-basse Stephen Barchi donne vie et voix au soldat Belcore. Une voix puissante et chaude, une intonation parfaite, ainsi qu’un jeu juste et une belle présence scénique permettent d’espérer une belle carrière pour ce jeune chanteur. Le charlatan Dulcamara, normalement le seul rôle tout à fait buffo de l’opéra, est ici un personnage tout aussi ambigu que tous les autres. Il est annoncé par une courte musique de scène écrit pour l’occasion par le chef d’orchestre Richard van Schoor, quelques mesures inquiétantes, qui laissent imaginer que ce n’est pas forcément le bonheur total qui va arriver. Jens Olaf Müller chante ce Dulcamara doux-amer avec beaucoup de conviction et d’énergie. Thomas Huber est un Nemorino touchant. Son timbre légèrement granuleux rend son interprétation plus convaincante encore. Dans cette mise en scène, le personnage de Giannetta est très présent. Michael Stacheder lui a inventé un amour à sens unique pour Belcore, exprimé par un jeu de scène qui dépasse ses interventions chantées. Katharina Wittmann, soprano lumineuse pleine d’esprit, l’interprète avec énergie et justesse.   C’est le travail du chef d’orchestre Richard van Schoor qui mérite des louanges particulières: avec un orchestre constitué pour l’occasion, il obtient un son dense, détaillé et étincelant, qui révèle toutes les beautés et le côté sombre de cette oeuvre. Précis et plein d’énergie, il danse la partition, entrainant orchestre et chanteurs si bien que finalement, tout se tient.  Bravi tutti, merci pour cette soirée!