miércoles, 6 de abril de 2016

Captivant et tonique : L’Oresteïa de Iannis Xenakis à l’Opéra de Rennes, France

Foto: Laurent Guizard 

Suzanne Daumann

Décidément, à l’Opéra de Rennes, on n’a pas peur de s’ouvrir à des œuvres, des partenaires et des publics inhabituels. Ainsi ce soir, nous pouvons assister à une interprétation de l’Oresteïa de Xenakis par l’Atelier XXème du Conservatoire à Rayonnement Régional de Rennes, soutenu par la Maîtrise de Bretagne et le Chœur Prolatio, Rémi Durupt aux percussions solo, et le baryton Dyonisios Sourbis, dirigée par Sylvain Blassel. La soirée est filmée par des étudiants de Rennes 2 et par conséquent, nous nous trouvons parmi un public jeune et enthousiaste. Il y a de quoi : l’œuvre est fascinante, l’histoire nous vient de la Grèce antique, elle est chantée en grec ancien. Elle tourne autour du personnage d’Oreste, qui se trouve pris dans un engrenage de violence et vengeances. Pour venger son père que sa mère avait tué pour venger la mort de leur fille, il tue sa mère et son amant, puis se trouve poursuivi par les Erinyes, mauvais esprits, que nous identifions sans mal comme des manifestations d’une conscience coupable. C’est l’intervention de la déesse Athena, et une justice neutre et indépendante, basée sur la démocratie, qui va les transformer en esprits bienfaisants, les Euménides. Une histoire intemporelle, donc, la lutte contre la loi du plus fort et la voix de la raison. Intemporelle est la musique de Xenakis, à la dramaturgie basée sur le rythme, savante et excitante, avec son Sprechgesang archaïque. Les interprètes lui font amplement justice. Sylvain Blassel dirige l’Atelier XXème avec beaucoup de finesse, les chœurs, Prolatio et la Maîtrise de Bretagne sont formidables de justesse et énergie. Il faut admirer Dyonisios Sourbis, qui passe du falsetto aux graves en une même phrase, ainsi que Rémi Durupt aux percussions qui lui donne la réplique dans la longue scène de Cassandre. Un moment musical hors du commun en somme, dont on sort rafraîchi et surpris. 

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