lunes, 28 de septiembre de 2015

« Lieder und Bagatellen » - Werner Güra et Christoph Berner font briller Beethoven

Suzanne Daumann

Alors que le monde musical lorgne du côté de Puccini, et du nouveau CD d’un munichois, un autre fils de cette même bonne ville, le ténor Werner Güra, a tranquillement sorti un petit bijou dédié à Beethoven. Intelligemment construit, mettant en relief les différentes époques de l’œuvre du compositeur, et laissant la parole aussi au piano solo, ce CD forme une vraie entité. Cela commence et finit par deux versions d’un même texte, « An die Hoffnung » par Christoph August Tiedge, dont la première date de 1804 ou 1805, et la seconde de 1815.  Passant  par les incontournables du lied beethovenien, « An die ferne Geliebte » et « Adelaide », ainsi que quelques bijoux moins connus, les artistes présentent une dramaturgie qui va de l’espoir juvénile et optimiste par tous les sentiments amoureux et les joies de la mélancolie et la résignation jusqu’à l’espoir malgré soi, comme une petite lumière dans la nuit du désespoir. Werner Güra, avec sa voix chaleureuse et dorée, au timbre tellement naturel qu’on en oublie presque sa parfaite maîtrise de la technique, fait comme toujours sien chaque texte et sa composition. Ainsi nous entendons chaque lied comme pour la première fois. Que ce soit « An die Hoffnung », op 32, ou « Lied aus der Ferne » avec leur optimisme juvénile, le jubilant « Adelaide » et le très tendre « Zärtliche Liebe » - un vrai tube, celui-ci – ou encore « Der Kuss », un peu plus léger voire ironique, chaque morceau est un événement à lui seul. Entre les lieder, Christoph Berner interprète les Bagatelles op. 126, dans le désordre, dans un nouvel ordre en fait, qui lui permet de souligner certains lieder, le n° 1 devient ainsi un postlude à « Zärtliche Liebe » et introduit en même temps « An die ferne Geliebte ». Avec leur soin habituel, les deux artistes ont choisi l’instrument qui convient à leur compositeur : Christoph Berner joue sur un forte-piano de 1847 dont le son correspond à merveille. Jouées avec sobriété, les Bagatelles donnent une dimension supplémentaire à cet enregistrement. Une affaire rondement menée : le dernier « Oh Hoffnung… », infiniment touchant, rappelant de loin un autre lied sur le thème de l’espoir par Hugo Wolf, mais aussi un épisode chez Thomas Mann, donne envie de réentendre la première composition du même texte, et, tant qu’à faire, le CD entier. Si bien qu’on ne s’en lasse pas.  

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