miércoles, 3 de octubre de 2012

Interview avec la soprano française Julie Fuchs


Fotos: © Julie Fuchs

La jeune soprano française Julie Fuchs est en train de conquérir public et critiques grâce à une voix chaude, ronde et pleine, une présence scénique intense et un talent de comédienne remarquable et une personnalité sincère et modeste. En 2012, elle gagne les Victoires de la Musique dans la catégorie "Révélation lyrique de l'année" et intégrera l'opéra de Zurich à partir de la saison 2013/14. Nous lui avons posé quelques questions:


Avez-vous toujours rêvé d’être cantatrice ?
 
Pas du tout. J'ai d'abord rêvé d'être danseuse, bergère, poète, styliste, journaliste, infirmière... Comme j'ai commencé des études musicales jeune par le violon, j'ai cotoyé le milieu de la musique classique sous cette angle avant de me mettre au chant et au théâtre à 18/19 ans. A cette époque je n'imaginais pas une seconde que j'allais devenir chanteuse. Je voulais tout au plus me diriger vers la direction de choeur. L'expression vocale me plaisait déjà beaucoup certes, mais cantatrice ne me semblait pas réel et réaliste comme avenir.

Pouvez-vous nous parler de votre voix ? Avez-vous des "modèles vocaux" ?
 
C'est la question la plus difficile qu'on puisse poser à un chanteur... d'autant plus qu'à mon age la voix évolue rapidement. Il m'est difficile de parler de ma voix en l'isolant du reste de ce que je suis. Ma voix est comme moi, elle aime aller fouiner partout. Au niveau de la tessiture, des styles, des couleurs... Mais pour répondre concrètement à la question, disons que pour l'instant je suis Soprano lyrique-léger avec de l'appétit pour les colorature; A partir de là, il est évident que Diana Damrau est un exemple vocal mais beaucoup d'autres chanteuses sont exemplaires. Je dois avouer que je n'ai pas trop ni la "fan-attitude" ni le gout de "Youtube". En revanche, j'admire par exemple ce qu'a fait Natalie Dessay pour rendre accessible l'Opéra. J'aime aussi beaucoup le mélange de fraîcheur et de profondeur du timbre de Cotrubas.
 

Avez-vous un répertoire de prédilection ? Quels sont les compositeurs qui vous attirent le plus?
 
Je suis encore trop jeune et trop curieuse pour avoir un répertoire de prédilection. J'ai déjà fait pas mal de Baroque et de Mozart. C'est vrai que je me sens avec Mozart comme à la maison. Mais je commence aussi à aborder le Bel canto avec beaucoup de bonheur, un bohneur différent, peut-être plus organique, mais moins spirituel... J'apprécie également chanter dans ma langue, le français. Les chanteurs français ne profitent pas assez de cette chance que nous avons de pouvoir interpréter et rendre cette langue aisément et fidèlement. J'aime aussi Strauss, le musical, Poulenc... Mais cet été je me consacre à Debussy et Mahler dont nous enregistrons les lieder de jeunesse avec le pianiste Alphonse Cemin. Donc, en ce moment, je savoure, et redécouvre ce répertoire magnifique.

Quelles sont les rencontres qui ont le plus influencé votre carrière ?
 
C'est vrai que je dois beaucoup à quelques personnes. Je citerai mon 1er professeur de chant, Pierre Guiral, qui m'a donné, en plus de nombreuses "heures supplémentaires", toute la confiance dont j'avais besoin et qui continue d'être un soutien précieux pour moi. La plupart de mes enseignants ont d'ailleurs été de vrais déclencheurs en m'encourageant et me donnant beaucoup d'eux-même. J'ai beaucoup de chance. Alain buet, Susan Manoff, Olivier reboul... de belles personnes avant tout. J'ai aussi eu la chance que des chefs d'orchestre me fasse confiance rapidement: Hervé Niquet, Jean-Claude Malgoire, Jérémie Rhorer, Christophe Rousset.
 

Quels sont les rôles que vous rêvez d'aborder ?

Il y en a beaucoup trop. Outre les rôles que je n'interprèrai jamais (Carmen, Tosca...), il y a Violetta, Lucia, Cleopatra, Lulu, Mélisande, Illia, Ophélie... Je suis impatiente de gouter à ces personnages fabuleux!

Comment vivez-vous votre rôle d'artiste lyrique dans le monde d'aujourd'hui ?
 
Je le vis sereinement, avec une réelle foi en ce bonheur partagé. Chaque jour de travail, je me sens soutenue par quelque chose qui me dépasse. Je souhaite que chacun vive cela au moins une fois. Notre société n'a pas besoin d'humains riches, elle a besoin d'humains heureux.  En ce qui concerne la place de la musique classique et de l'Opéra dans notre époque, je crois que moi-même comme presque toute ma génération est désormais désireuse d'agir sur ce merveilleux héritage avec toute la modernité qui nous anime. RJ



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