lunes, 9 de noviembre de 2015

Histoires sacrées de Carissimi et Charpentier à la Cathédrale de Rennes France

Foto: Jef Rabillon

Suzanne Daumann

Ce soir, la Cathédrale Saint Pierre de Rennes résonne d’histoires et d’Histoire. L’Opéra de Rennes commence la saison avec une production d’Angers-Nantes Opéra, une version mise en scène de trois oratorios sacrés baroques, Jonas et Jephté de Giacomo Carissimi, et Le Reniement de Saint-Pierre de Marc-Antoine Charpentier. La mise en scène de Christian Gagneron se contente de traduire le contenu des textes en mouvements de scène et d’habiller les chanteurs selon leurs rôles respectifs. Les narrateurs portent des costumes contemporains, les protagonistes sont vêtus de manière contemporaine à la musique. Les couleurs chatoyantes, étoffes plus ou moins scintillantes, armures et toges qu’a trouvés Claude Masson, renforcent le côté théâtral de cette musique, rappelant sa fonction historique. Ainsi, assis dans la cathédrale résonnante, et où il ne fait pas très chaud, sur des chaises pas très confortables, au cœur de la cité historique, l’on peut imaginer un peu le public de l’époque, émerveillé et impressionné par cette musique qui semble venir droit du ciel. Le lumineux ensemble Stradivaria, dirigé par Bertrand Cuiller, assure la partie instrumentale avec chaleur et discrétion, soutient les chanteurs et brille dans un intermède instrumental de Charpentier, le très profond  In Nativitatem Domini Canticum : Nuit  ainsi que son Ouverture des Plaisirs de VersaillesLe Chœur d’Angers-Nantes Opéra peut montrer ici toutes ses finesses et l’excellence de ses voix. Seulement trois solistes extérieurs interviennent au cours de la soirée. Le grand ténor Hervé Lamy prête sa voix à Jonas et Jephté. Timbre clair et naturel, parfaite maîtrise du chant baroque, il sait habiter ses personnages et donner du sens aux textes en latin. La soprano Hadhoum Tunc lui donne la réplique dans Jephté. Avec sa voix ample, ronde, chaude et claire, elle incarne avec beaucoup de sensibilité la jeune fille, victime innocente d’une parole trop rapide qui déclenche une vraie tragédie. Le ténor Francisco Fernández-Rueda, finalement, incarne Saint Pierre dans la pièce de Charpentier, et chante le solo dans le Salve Regina d’André Campra. Voix lumineuse et forte présence scénique font de lui un apôtre reniant convaincant et donnent profondeur et lyrisme au Salve ReginaUne très belle soirée avec une production à laquelle il faut souhaiter beaucoup de reprises encore. 

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