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Tuesday, September 2, 2014

Charlotte Salomon de Marc-André Dalbavie au Festival de Salzburg, le 14 août 2014

© Salzburger Festspiele / Ruth Walz

Suzanne Daumann


Un opéra sur Charlotte Salomon et son œuvre, c’est un peu une mise en abyme, c’est raconter l’histoire d’une femme qui raconte une histoire. L’équipe qui a produit cette commande du Festival de Salzburg relève le défi : Barbara Honigmann signe le livret et Marc-André Dalbavie la musique, à leurs côtés Luc Bondy, pour la mise en scène et le dramaturge Konrad Kuhn. Charlotte Salomon était une jeune fille juive qui vivait dans la Berlin des années 20 – 30 dans une famille bourgeoise aisée. En 1939, elle quitte Berlin pour se réfugier chez ses grands-parents à Villefranche-sur-Mer. C’est ici qu’elle va créer son œuvre étonnante, le « Singespiel » Leben ? oder Theater ?, une série de 796 gouaches, dans lesquelles elle dépeint sa vie : le mariage du père avec Paula Lindberg, célèbre mezzo-soprano, la nouvelle vie sociale qu’elle apporte à la famille après la mort de la mère de Charlotte. Elle raconte son voyage avec les grands-parents à Rome, sa décision d’étudier les beaux-arts, les difficultés croissantes de la famille suite à l’arrivée des Nazis au pouvoir. Et surtout l’arrivée du nouvel professeur de chant de Paula, et les complications amoureuses qu’elle entraîne. Dans un épilogue, nous voyons Charlotte arriver chez les grands-parents à Villefranche-sur-Mer, nous allons assister au suicide de la grand-mère et apprendre avec Charlotte que sa propre mère s’était en vérité suicidée, tout comme sa sœur et d’autres membres de la famille. Finalement, nous voyons Charlotte et son grand-père qui sont internés dans le camp de Gurs. Les gouaches de Charlotte, et c’est là que réside une grande partie de son intérêt pour l’opéra,  sont ponctuées de rappels musicaux, qui servent à leur tour de point de départ à Marc-André Dalbavie pour sa composition. Que ce soit un lied de Schubert, un air de Bach ou de Mendelssohn, une chanson populaire française ou la Habanera de Carmen, Dalbavie sait tous les intégrer de façon cohérente dans son langage musical. Fluide, limpide, et finement orchestré, faisant souvent penser à Claude Debussy, il traduit la pensée de Charlotte Salomon et ses images. La mise en scène de Luc Bondy nous fait rencontrer Charlotte Salomon en la personne de l’actrice Johanna Wokalek, qui va raconter une partie de l’histoire, et de la mezzo-soprano française Marianne Crebassa, qui incarne l’alter ego de Charlotte, nommée Charlotte Kann dans le « Singespiel ». Souples et sveltes toutes les deux, aux courts cheveux noirs, habillées d’une courte jupe bleu foncé et un petit pull bleu clair, elles incarnent parfaitement la vigueur et l’innocence de la jeunesse. Une voix parlée claire et résonnante aux accents Berlinois, une voix de mezzo chaude et musicale : voici Charlotte Salomon alias Charlotte Kann. Une grande mezzo interprète une grande mezzo – Anaïk Morel est Paulinka Bimbam, alias Paula Lindberg. Le ténor Frédéric Antoun, belle voix claire et souple, incarne le professeur de chant Amadeus Daberloh. La scénographie de Johannes Schütz consiste en tout et pour tout en une grande caisse blanche qui couvre toute la largeur de la scène. Quelques cloisons amovibles forment tour à tour l’appartement berlinois, le salon des grands-parents à Villefranche-sur-Mer etc. Les murs de fond servent aussi d’écran à la projection des tableaux de Charlotte Salomon. Ainsi, on entend ses paroles, dites et chantées, on voit jouer les scènes de sa vie, et on voit ce qu’elle en a fait. Par la musique qu’elle cite et par la musique de Marc-André Dalbavie, par le jeu scénique, par son univers musical et coloré, l’on finit par connaître Charlotte Salomon, une personne, une artiste, unique et irremplaçable. L’émotion est palpable dans la salle quand un épilogue laconique nous apprend qu’elle fut assassinée à Auschwitz en octobre 1943. Un moment de silence précède les applaudissements largement mérités. 

Charlotte Salomon by Marc-André Dalbavie at the Salzburg Festival 2014

Photo Ruth Walz Salzburg Festival

Suzanne Daumann

Making an opera about Charlotte Salomon and her work, that is a vertiginous undertaking, that is telling the story of a woman who is telling a story. The team who takes up the challenge for the Salzburg festival is perfectly up to it: Barbara Honigmann’s libretto and Marc-André Dalbavie’s music, staged by Luc Bondy, bring to life this amazing young woman. Charlotte Salomon was the daughter of a well-to-do Jewish surgeon who lived in Berlin in the twenties and thirties. In 1939, she left Berlin to seek refuge with her grandparents in the South of France. It’s here that she created her unique work, the « Singespiel » Leben ? oder Theater ? , a series of 796 gouaches, in which she describes her life : her father’s marriage with his second wife, the famous mezzo-soprano Paula Lindberg, the new social life that she brings to the family, after the death of Charlotte’s mother. She tells about her voyage to Rome with the grandparents, her decision to study art, and the difficulties the family have to face with the Nazis’ rise to power. And she describes the arrival of Paula’s new vocal teacher and the ensuing complications as he falls in love with Paula and Charlotte with him. An epilogue describes Charlotte’s arrival at her grand-parents’ house in Villefranche-sur-Mer, the suicide of her grandmother and her grandfather telling her about her own mother’s suicide and how a number of other members of the family ended their lives. Finally, we see Charlotte and her grandfather being interned in the camp of Gurs. The uniqueness of Charlotte’s work, and its interest for an opera resides in the fact that her paintings are punctuated by musical quotes, and Marc-André Dalbavie uses these as starting point for his own compositions. Be it a Schubert lied, an aria by Bach or Mendelssohn, a French popular song or the Habanera from Carmen, Dalbavie integrates them coherently into his musical language. Fluid, organic, finely orchestrated, reminding of Debussy most of all, he translates Charlotte Salomon’s thinking and images.  In Luc Bondy’s staging, Charlotte Salomon, the narrator, is a speaking part, played by the actress Johanna Wokalek, and her alter ego, named Charlotte Kann in the « Singespiel », is interpretated by mezzo-soprano Marianne Crebassa. Both of them are supple and slim, with short dark hair, wearing a dark blue short skirt and a light blue sweater, incarnating perfectly youthful innocence and vigour. A clear and resounding speaking voice with a Berlin accent, a warm and musical mezzo voice: meet Charlotte Salomon alias Charlotte Kann. A great mezzo plays a great mezzo: Anaïk Morel is Paulinka Bimbam, alias Paula Lindberg. Frédéric Antoun, incarnates the vocal teacher Amadeus Daberloh, alias Alfred Wolfsohn, with a beautiful clear and flexible voice. Johannes Schütz’ stage decoration consists in a white box-like device that covers the whole broadth of the scene. With a few partitions, it can be in turn a Berlin apartment, the grand-parents’ living-room in Villefranche-sur-Mer and so on. The white background walls serve as a projection screen for Charlotte Salomon’s paintings. This way, we hear her words, spoken and sung, we see the scenes of her life acted out, we see her paintings give her own interpretation of events. Through the music she quotes and through Marc-André Dalbavie’s music, through the acted scenes and her musical and colourful universe, we end up knowing Charlotte Salomon, a person, an artist, unique and irreplaceable. As at the end a laconic epilogue tells us how she was deported and murdered in Auschwitz in 1943, emotion is palpable in the Felsenreitschule. And a moment’s silence precedes the well-deserved applause. 

Monday, February 21, 2011

Tosca con Oksana Dyka y Jonas Kaufmann en el Teatro alla Scala en Milán

Foto: Brescia - Amisano, Teatro alla Scala

Massimo Viazzo
!Fue la Tosca de Jonas Kaufmann! Después de la influencia que lo mantuvo alejado de las dos primeras funciones, el tenor alemán debutó finalmente en el Teatro alla Scala en el papel de Mario Cavaradossi con un verdadero triunfo. Además de saber pararse sobre un escenario como pocos, Kaufmann sabe frasear con musicalidad y sobretodo sabe cantar “piano” con dotes que parecen cada vez más raros en el panorama actual de los tenores. Con un “E luceven le stelle” tan suavizado, tan intimo, pero tan rico en colores y casi una creación extemporánea, que fue la gema de la velada y ¡una rareza! y su siguiente acometida, en “O dolci mani mansuete e pure” que fue tan afectuosa y que pareció ser una caricia. ¡Estuvo muy bien! Sin embargo, el resto del elenco no estuvo a la misma altura como: Oksana Dyka, una Tosca vocalmente empeñada y sustancialmente precisa, pero carente de acento dramático, y un Zeliko Lucic que bordo un Scarpia sin desbordante carisma. Pero la mayor desilusión provino del “foso” orquestal, ya que Omer Mein Walber evidenció dificultades para seguir a los cantantes (como por ejemplo en “Recondita armonia” en el primer acto en el que el director israelí y el tenor bavaro no entendieron cual debía ser el mejor tiempo para seguir) ni pudo encontrar la justa tensión narrativa en un espectáculo que fue ya visto en el Met y en Munich, y en el que el director Luc Bondy exasperó cualquier situación, como la cicatriz en el retrato de la Attavanti realizada en el primer acto de una “rustica” Tosca pareció algo excesivo- quizás en un conjunto escénico un poco seco y que sumado todo fue anónimo.

Tosca di Puccini - Teatro alla Scala, Milano.

Foto:Amisano e Brescia, Teatro alla Scala
Massimo Viazzo
E’ stata la Tosca di Jonas Kaufmann! Il tenore tedesco, dopo una forma influenzale che l’aveva tenuto lontano dalle prime due recite previste, ha debuttato finalmente al Teatro alla Scala nel ruolo di Mario Cavaradossi. E si è trattato di un vero trionfo. Kaufmann oltre a saper stare sul palcoscenico come pochi, sa fraseggiare con musicalità, e soprattutto sa cantare “piano”, dote sempre più rara nel panorama tenorile odierno. Un “E lucevan le stelle” così sfumato, così intimo, ma così ricco di colori, quasi una creazione estemporanea, resta la gemma della serata, una rarità! Ed il successivo attacco di “O dolci mani mansuete e pure” così affettuoso somigliava più ad una carezza… Bravissimo! Meno bene il resto del cast con una Oksana Dyka (Tosca) vocalmente ben impegnata e sostanzialmente precisa, ma carente di accento drammatico e Zeliko Lucic uno Scarpia di carisma non debordante. Ma la delusione maggiore proveniva dalla “buca” orchestrale. Qui, Omer Meir Wellber evidenziava difficoltà a seguire i cantanti (sentire, per esempio,“Recondita armonia” nel primo atto con il direttore israeliano e il tenore bavarese che non si intendevano sul tempo migliore da seguire) e a trovare la giusta tensione narrativa in uno spettacolo, già visto al Met e a Monaco di Baviera, in cui il regista Luc Bondy esaspera qualche situazione – lo sfregio al ritratto dell’Attavanti compiuto nel primo atto da una Tosca “rusticana” sembra eccessivo – in un impianto scenico forse un po’ troppo asciutto e, tutto sommato, anonimo.

Sunday, October 25, 2009

Idomeneo - Teatro Alla Scala

Foto: Richard Croft (Idomeneo), Laura Polverelli (Idamante), Carmela Remigio (Elettra), Patrizia Ciofi (Ilia).
Crédito: Teatro alla Scala


Massimo Viazzo

La Scala ha recuperato, in chiusura di stagione, l’Idomeneo di Luc Bondy, allestimento che aveva aperto il cartellone 2005/06, prima inaugurazione della gestione Lissner dopo la cacciata di Riccardo Muti. Lo spettacolo è sostanzialmente lo stesso (mancano, per fortuna, il cubo rosso e la piovra…) e nella sua idea di demitizzare l’intreccio il regista svizzero coglie nel segno, mettendo in evidenza le sottigliezze psicologiche dei personaggi (in abiti moderni) in uno spazio, una spiaggia desolata, sostanzialmente vuoto. Cromaticamente i colori dominanti sono il bianco, il nero e il grigio. Spesso si ha la sensazione che l’azione si volga di notte, ma soprattutto si percepisce la presenza di un’entità superiore, una minaccia incombente che tutto potrebbe travolgere e distruggere (Bondy rimase colpito profondamente dalla tsunami che sconvolse l’oceano indiano qualche mese prima della premère scaligera, e l’opera termina, infatti, con la coppia dei protagonisti soli al centro del palco, illuminati da un fascio di luce bianca, con un sordo rombo di tuono sullo sfondo che minaccia l’imprevedibile… ). Senza apparati scenografici, né inutile fasto questo Idomeneo, visivamente, è andato dritto al cuore. Meno interessante, invece, la direzione di Myung-Whun Chung. Il direttore coreano ha lavorato solo sulla qualità del suono orchestrale (l’orchestra, peraltro, è parsa un po’ distratta) non riuscendo a cogliere quella temperie drammatica che pervade la partitura mozartiana da cima a fondo. Ottimo il cast a cominciare dall’Idomeneo di Richard Croft, molto espressivo, sicuro nelle agilità (Croft ha cantato la versione lunga di “Fuor del mar” con piglio e autorità) e scenicamente credibile. Laura Polverelli ha dato voce ad un Idamante volitivo, tenace, esuberante, ma che sapeva toccare nel profondo nei momenti più intimi e patetici. La Ilia di Patrizia Ciofi, un’interprete che dà sempre il massimo, ha incantato per purezza di linea vocale e precisione di intonazione, mentre Carmela Remigio ha dominato il palcoscenico da vera donna-vampiro, precisissima nella coloratura, nitida nella dizione e magistrale nell’uso del legato (sentire l’estatico e luminoso “Soavi Zeffiri” assolo all’interno del coro “Placido è il mar”). Ben cantato anche l’Arbace di Tomislav Muzek, la cui difficile aria “Se colà nei fati è scritto” è stata resa ancor più interessante dalla lettura che ne ha fatto Luc Bondy, con un Arbace che prova a consolare la giovane madre che culla il bimbo ucciso dalla furia del mare, e poi si svena. Un ultimo plauso alla solita straordinaria prestazione del Coro del Teatro alla Scala, Quel “O voto tremendo” che saliva ad ondate, implacabile, si è stampato nella memoria!
Versión en Español
Foto: Patrizia Ciofi (ilia), Laura Polverelli (Idamante), Carmela Remigio (Elettra)
Crédito: Teatro alla Scala

Massimo Viazzo
La Scala recuperó, para su cierre de temporada, Idomeneo de Luc Bondy, producción escénica que abrió la temporada 2005/06 que fue la primera inauguración de la gestión Lissner, después de la separación de Riccardo Muti.
El espectáculo es esencialmente el mismo (faltan, por suerte, el cubo rojo, el pulpo…) y en su idea de desmitificar el argumento el regista suizo dio en el blanco, poniendo en evidencia la sutileza psicológica de los personajes (con vestidos modernos) en un espacio, una playa desolada, sustancialmente vacía.
Cromáticamente los colores dominantes son el blanco, el negro y el gris. Constantemente se tuvo la sensación que durante la acción se hacia de noche, pero sobretodo se percibió la presencia de una entidad superior, una amenaza inminente que todo podía arrasar y destruir (Bondy quedó profundamente sorprendido del tsunami que trastornó al océano indico algunos meses antes de la première scaligera, y la opera, de hecho, termina con la pareja de protagonistas solos al centro del escenario, iluminados con un rato de luz blanca con un estruendo de truenos en el fondo que amenaza lo impredecible.) Sin aparatos escenograficos, o inútil ostentación este Idomeneo, fue visualmente directo al corazón.
A la vez, fue menos interesante la conducción de Myung-Whun Chung. El director coreano trabajó solo en la calidad del sonido orquestal (la orquesta sin embargo, pareció estar distraída) no logrando atrapar el clima dramático que domina a la partitura mozarteana de arriba a abajo. El reparto fue óptimo comenzando por el Idomeneo de Richard Croft, muy expresivo, seguro en la agilidad (Croft cantó la versión larga de “Fuor del mar” con arrebato y autoridad) y escénicamente creíble. Laura Polverelli dio voz a un determinado Idamante, tenaz, exuberante, que supo tocar en lo mas profundo en los momentos mas íntimos y conmovedores.
La Ilia de Patrizia Ciofi, una intérprete que da siempre el máximo, encantó por pureza de línea vocal y precisión de entonación, mientras que Carmela Remigio dominó el escenario como verdadera mujer-vampiro, muy precisa en la coloratura, nítida en la dicción y magistral en el uso del legato (escuchando el estático y luminoso “Soavi Zeffiri" el solo al interior del coro“Placido è il mar.
Bien cantado también estuvo el Arbace de Tomislav Muzek, cuya difícil aria “Se colà nei fati è scritto” fue interpretada de manera mas amplificada y extendida de la de Luc Bondy, con un Arbace que intenta consolar a la joven madre que mece al hijo muerto por la furia del mar, y después se corta las venas. Un ultimo elogio a la usual y extraordinaria prestación del Coro del Teatro alla Scala cuyo “O voto tremendo” que fue creciendo de intensidad como las olas, fue implacable, y quedó grabado en la memoria.