lunes, 31 de agosto de 2015

Mauro Peter chante Schubert à Schwarzenberg, le 22 août 2015

Foto: Schubertiade Schwarzenberg

Suzanne Daumann

La Schubertiade, le célèbre festival de musique autrichien, fête durant les éditions 2015 et 2016 les 40 ans de son existence avec l’intégrale des Lieder de Schubert. Les programmations comprennent donc une belle quantité d’œuvres inconnues et permettent plus d’une découverte. Le jeune ténor suisse Mauro Peter, remarqué lors d’une Flûte Enchantée à Paris, propose ce soir un programme varié et intelligent. Pour commencer, il interprète quatre lieder sur des textes de Friedrich von Matthisson, datant de 1814, ensuite un choix de morceaux sur le thème de l’amour, pour finir la première partie avec Goethe, et finalement « An den Mond » version D 296. Sa  voix chaude au timbre barytonal et naturel, son approche légère et son charme juvénile, avec l’intelligence de ses interprétations, font de lui un chanteur de lied prometteur que l’on suivra attentivement. Ce soir, les cinq premiers morceaux restent un peu académiques, puis, avec « Stimme der Liebe » D 412, le courant passe, le chanteur s’enflamme et s’abandonne. Chaque lied devient ensuite un mini-événement musical profond. Et le récital devient un tout où la finesse des textes et la qualité de la composition ravissent l’esprit, alors que l’interprétation touche le cœur et l’âme. Helmut Deutsch au piano est une présence tranquille, discrète sans effacement. En passant, l’on découvre des bijoux tels que « Pilgerweise » D 789, « An die Entfernte » D 765, « Am Flusse » D 766 ; les deux derniers viennent d’un groupe de compositions de textes de Goethe duquel on entend plus souvent « Der Musensohn » D 766, ou bien « Willkommen und Abschied » D 767. Mauro Peter prend congé avec ce dernier, dans un galop de tonnerre, c’est-à-dire qu’il il prendrait congé, si les applaudissements et les bravos du public ne le faisaient revenir pour quelques bis. « Heidenröslein » et « Liebhaber in allen Gestalten » font sourire, et finalement « Du bist die Ruh », dédié par le chanteur « à une personne spéciale », émouvant, plein de délicatesse, clôt la soirée. Un dernier éclat d’applaudissements, et l’on sort dans la nuit avec au cœur la tranquillité mélancolique du dernier lied. Une soirée Schubert bien comme on aime, et comme on les trouve presque seulement ici.


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