jueves, 18 de junio de 2015

La création française de « Disputatio » de Pascal Dusapin et le Requiem de Duruflé à la Philharmonie de Paris

Foto: Pascal Dusapin

Suzanne Daumann

Dans le cadre de la Biennale de l’Art Vocal à la Philharmonie de Paris, le Münchener Kammerorchester avec le RIAS Kammerchor, sous la baguette d’Alexander Liebreich, proposent un programme fort intéressant. En ouverture, il y a « Geistliches Lied » de Johannes Brahms, dans lequel le chœur donne déjà la mesure de ses qualités et qui instaure doucement une ambiance spirituelle. « Disputatio » de Pascal Dusapin, dont nous assistons ce soir à la création française, est une œuvre tout à fait originale et saisissante. Écrit en 2014 sur la commande du Münchener Kammerorchester et RIAS Kammerchor, elle se base sur un texte latin du 8ème siècle. C’est un dialogue entre maître et élève, un jeu de question-réponse, plein de rébus, allusions mystiques, fables… Un chœur d’enfants prend la partie de l’élève et le chœur lui donne la réplique à la place du maître. Ici, le chœur d’enfants est remplacé par un petit chœur de femmes. Sopranos aigus, précises et souples, elles ont la candeur cristalline des voix d’enfants. Et le chœur n’est pas en reste. Un ensemble de belles voix, précis, profond, donne une belle dynamique à ce dialogue. L’instrumentation de Pascal Dusapin, surtout le son de la glassharmonica, baigne tel un vitrail d’église, la pièce entière dans une lumière un peu mystique. Une composition bien vivante, à qui nous souhaitons beaucoup de succès et d’aussi belles reprises. Pour finir, les artistes proposent le Requiem de Maurice Duruflé. Requiem apaisant, malgré les passages dramatiques, dépourvu du « Dies Irae » - chœur et orchestre, soutenus par Stella Doufexis, mezzo-soprano, à la voix chaude et ample et Stephan Genz, baryton, décidé et plein de puissance retenue, donnent toute la mesure de cette œuvre emblématique. Un public recueilli suit attentivement, le souffle retenu. Un tonnerre d’applaudissements, d’autant plus impressionnant que la salle est peu fournie, remercie les artistes, et l’apparition de Pascal Dusapin avec son fils à qui la « Disputatio » est dédiée clôt un concert extraordinaire. 

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