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Wednesday, May 27, 2015

Bitter-sweet and romantic: Eugene Onegin at Angers Nantes Opéra, France


©Jef Rabillon pour Angers Nantes Opéra

Suzanne Daumann


For his staging of this 1997 production that Angers Nantes Opéra fortunately has taken up again this season, Alain Garichot refers himself to Tchaikovsky’s own words.  In 1877, he writes in a letter: “… I need a staging without luxury but that keeps strictly to the era. The costumes absolutely have to be from the time of the action (that is the 1820s)….” Elsa Pavanel’s set is without luxury indeed: naked tree trunks, marked like driftwood, symbolize nature and the countryside of Acts I and II, but also the relentlessness of time that goes by and of the drama to come. A blue background, clever lighting, and a few bits of furniture, and the stage is set. Claude Masson’s beautiful costumes identify the characters: Eugene Onegine is very elegant in a tailcoat, riding boots and breeches – the very country gentleman. Elegant, arrogant and blasé, this Onegin reminds us of another literary hero of his time, to wit, Jane Austen’s Mr Darcy. Baritone Charles Rice incarnates him very convincingly. Next to him, the poet Lensky looks just correct, in his slightly crumpled black suit. He’s a poet after all, and tenor Suren Maksutov gives him depth and sensitivity, very poignant in his aria in Act II. Poignant also the little duo with Onegin, the friends’ despair is heartbreaking here. As for the ladies, the nurse Filipievna, played by the excellent mezzo Stefania Toczyska, is cleverly distinguished from the mistresses of the house by her bonnet and dress that discreetly resemble the peasant’s clothes, in fifty shades of beige. The ladies Larina appear first in simple home and country dresses, later in grand ball gowns. Their acting at the arrival of their visitors again brings to mind Mamma Bennet and her daughters, and Tatiana’s romantic attitude shows her as a distant cousin of Marianne Dashwood. Indeed, political systems were more or less the same throughout Europe at the time. Gelena Gaskarova, soprano, is Tatiana. With her generous and glowing voice, she masters all the aspects of her role, and we forget to breath through the letter scene and we feel her shame as Onegin repudiates her later. The remarkable contralto Claudia Huckle gives life and voice to Olga – a pity that her part is so comparably small. Mezzo-soprano Diana Montague is remarkable as well, in the role of Madam Larina. Act III takes place on a naked scene, in front of an enormous projection of the moon. Here we encounter the count Gremin, Tatiana’s husband. Oleg Tsibulko interprets him with his fine bass voice of dark velvet. Each member of the cast is totally dedicated to his or her character, and thus, carried by Tchaikovsky’s bitter-sweet music and Łukasz Borovicz’ subtle and discreet conducting, the fascinating drama is played out, this pitiless chain of events, brought about by social conventions of which everyone is finally the victim. No wonder that the opera is so popular, with the libretto’s sharp psychology and the music that follows it closely. In this production, the staging follows the music and so we see an intelligently poignant and effective show tonight. We go out into the street, a bit melancholic and the head full of music – and questions. If Mr Darcy had not been saved by Elizabeth, had he ended up like Onegin, killing maybe in a duel his friend Bingley? What has become of Olga? And: How did Russia become so far away and so unknown to as if there was a time when she was part of a differently united Europe? 

Doux-amer et romantique : Eugène Onéguine à Angers Nantes Opéra

©Jef Rabillon pour Angers Nantes Opéra

Suzanne Daumann

Pour sa mise en scène de cette production de l’Opéra de Nancy, datant de 1997 et fort heureusement reprise ici, Alain Garichot se base sur les paroles de Tchaïkovski même. Celui-ci écrit en 1877 dans une lettre : « … Il me faut une mise en scène sans luxe, mais qui corresponde rigoureusement à l’époque. Les costumes doivent obligatoirement être de l’époque où se passe l’action (c’est à dire les années 1820). … »  Costumes d’époque donc, et des décors minimalistes, par Elsa Pavanel : des troncs nus, marqués comme du bois flotté, symbolisent la campagne, mais aussi l’inexorabilité du temps et du drame qui va se dérouler. Un arrière-plan bleu, quelques meubles, et un jeu de lumières habile, c’est tout ce qu’il faut pour les Actes II et II. Les beaux costumes de Claude Masson permettent de distinguer les personnages : Eugène Onéguine est très élégant en frac, haut-de-forme, et pantalons et bottes de cheval – un country gentleman comme il faut. Élégant, arrogant et hautain, cet Onéguine n’est pas sans nous rappeler un autre grand personnage de la littérature de son époque, Mr Darcy. Le baryton Charles Rice l’interprète de façon très convaincante. La mise du poète Lenski est tout juste correcte en comparaison, avec son habit noir un peu chiffonné. C’est un poète, voyons, et le ténor Suren Maksutov lui donne profondeur et sensibilité, très poignant dans son air de l’Acte II. Poignant aussi le petit duo avec Onéguine – tout le désespoir des deux amis y est.  Du côté des dames, la nourrice Filipievna, interprétée par l’excellente mezzo-soprano Stefania Toczyska, se distingue des maîtresses de la maison par une coiffe et une robe couleur miel qui reprend discrètement les habits des paysans, en cinquante nuances de beige. Les dames Larina se présentent d’abord en robes simples et campagnardes, dans les tons clairs pour les filles, un peu plus sombre pour la mère, plus tard en grandes robes de bal. Leur jeu de scène lors de l’arrivée de leurs visiteurs rappelle encore la mère Bennet et ses filles, et l’attitude romantique de Tatiana la définit comme une cousine lointaine de Marianne Dashwood. Mais oui, les systèmes politiques étaient encore les mêmes presque partout en Europe. Gelena Gaskarova, soprano, est Tatiana. Avec une voix ample et lumineuse, elle maîtrise tous les aspects de son rôle, l’on oublie de respirer lors de la scène de la lettre, et l’on ressent sa honte quand Onéguine la repousse plus tard. Le remarquable contralto Claudia Huckle donne vie et voix à Olga, et l’on regrette que sa partie soit si petite. Remarquable aussi la mezzo-soprano Diana Montague dans le rôle de Mme Larina. L’Acte III se déroule sur une scène nue, avec une énorme lune projetée à l’arrière-plan. Nous y rencontrons le comte Gremin, interprété par Oleg Tsibulko, qui chante son air avec une voix de basse de velours noir. Chaque membre de la distribution est entièrement à son personnage, et ainsi, porté par la musique douce-amère de Tchaïkovski et la direction d’orchestre subtile et discrète de Łukasz Borovicz, se déroule le drame fascinant, cet engrenage meurtrier de conventions sociales dans lequel tous sont finalement victimes.  Il n’est pas étonnant que cette œuvre soit si populaire, avec un livret psychologiquement si juste, et sa musique qui suit ce livret à la trace. Ce soir, la mise en scène suit la musique à la trace. Ainsi nous assistons à un spectacle intelligemment poignant et efficace. Nous sortons dans la rue, un peu mélancolique, et pleine la tête de musiques – et de questions. Si Mr Darcy n’avait pas été sauvé par Elizabeth, aurait-il fini comme Onéguine, aurait-il peut-être même tué en duel son ami Bingley ? Olga, qu’est-elle devenue ? Et : Comment la Russie nous est devenue si lointaine, si inconnue, alors qu’il fut un temps où elle faisait partie d’une Europe autrement unie ? 

Thursday, February 13, 2014

Armide di Gluck - Amsterdam

Foto: Monika Ritterhaus / DNO

Con Armide, opera poco rappresentata di Gluck, si è concluso il ciclo di 5 opere di questo compositore che la De Nederlandse Opera ha proposto nel corso di varie stagioni. Barrie Kosky regista australiano e attuale sovrintendente della Komische Oper di Berlino ha concepito un impianto contemporaneo con scene di grande impatto visivo di Katrin Lea Tag. Regieteather nella sua massima espressione che contrastava la magia e la stregoneria con l’amore, la gelosia e la disillusione, temi contenuti nella storia, in un’isola magica sulla quale le forze della natura giocavano un ruolo importante, come la pioggia e l’acqua (con un piccolo lago in fondo alla scena) e lo splendido effetto di una fitta pioggia di petali di rose bianche e rosse.Un tratto assurdo lo davano i figuranti e i coristi, di buon disimpegno vocale, alcuni nudi, altri in abiti moderni di color rosa che camminavano e si muovevano come zombi, cavalieri in armatura, e la presenza di un cavallo in scena, con intenzione di trasmettere emozioni forti, ammirazioni o irritazione verso il pubblico.Sul podio Ivor Bolton ha diretto con sicurezza e stile, nonostante alcuni sfasamenti, una Nederlands Kamerorkest rafforzata con strumenti antichi, con una sezione degli archi ammirevole e omogenea. Il soprano canadese Karina Gauvin, nella sua prima incursione in un’opera di Gluck, ha mostrato carattere in scena trasmettendo le emozioni del personaggio di Armida in modo convincente. Il suo canto colorava ogni frase con un timbro seducente. Il tenore franco-canadense Frédéric Antoun si è distinto come Renaud per voce calda lirica e dizione chiara. Il baritono Andrew Foster Williams ha dato vita ad un violento quanto autoritario mago Hidraot e il mezzosoprano olandese Karin Strobos nel ruolo di Phenice, come pure il soprano Ana Quintans, specialista nel barocco, come Sidonie hanno offerto interpretazioni dal punto di vista vocale e scenico straordinarie.Gluck compose, per il personaggio dell'Odio, arie di gran bellezza e brillantezza, interpretate dignitosamente dall'esperta mezzosoprano Diana Montague. RJ

Saturday, February 1, 2014

Armide en Ámsterdam

Foto: Monica Ritterhaus / DNO 2013

Con Armide, opera poco representada de Gluck, concluyó el ciclo de cinco operas de este compositor que la De Nederlandse Opera representó a lo largo de varias temporadas. Barrie Kosky director de escena australiano y actual intendente de la Komische Opera de Berlín concibió un montaje contemporáneo con el que creo escenas de gran impacto visual, con diseños de Katrin Lea Tag. Regieteather en su máxima expresión, que contrastó la magia y la hechicería con el amor, los celos y la desilusión, temas contenidos en la historia, en una isla mágica en la que las fuerzas de la naturaleza jugaron un papel importante, como la lluvia, el agua (con un pequeño lago al fondo del escenario) y el esplendido efecto de una tupida lluvia de pétalos de rosas blancas y rosas. El toque absurdo lo dieron los figurantes y coristas, de buen desempeño vocal, algunos desnudos, otros en trajes modernos en color rosa que caminaban y se movían como zombis, caballeros en armaduras, y la presencia de un caballo en escena, con la intención de transmitir situaciones de intensa emoción, admiración o irritación al público. En el podio Ivor Bolton, dirigió con seguridad y estilo, a pesar de algunos desfases, a una Nederlands Kamerorkest, reforzada con instrumentos antiguos, de admirable y homogénea sección de cuerdas. La soprano canadiense Karina Gauvin, en su primera incursión en una ópera de Gluck, mostro carácter en escena y pudo transmitir las emociones del personaje de Armide de manera convincente. En su canto coloreó cada frase con un grato y seductor timbre. El tenor Frédéric Antoun se distinguió como Renaud, con cálida voz lirica y clara dicción. El barítono Andrew Foster Williams dio vida a un violento pero autoritario mago Hidraot, y tanto la mezzosoprano holandesa Karin Strobos en el papel de Phenice, como la soprano Ana Quintans, especialista en música barroca, como Sidonie ofrecieron sobresalientes interpretaciones vocales y escénicas. Para el personaje del Odio, Gluck compuso arias de gran lucimiento y belleza que fueron interpretadas con pundonor por la experimentada mezzosoprano Diana Montague. RJ