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Thursday, August 17, 2017

Andrea Chénier at the Munich Opera Festival

Foto: Wilfried Hösl

Suzanne Daumann

In this new production of the Munich Staatsoper, stage director Philipp Stölzl situated the action in its historical context, but his lookout on the work and its protagonists was that of today. The set juxtaposed „Upstairs Downstairs“ situations, and when we saw, in the first tableau, the servants live out their miserable downstairs lives, those downstairs quarters, cramped and low, prefigured the dungeons of the Revolution. Champagne-colored gowns and tapestries, upstairs everything was light and bright and warm, whereas downstairs everything was dark and dreary; the Comtesse de Coigny, affected and majestic as they come, sung and played with spirit and conviction by Doris Soffel - everything spoke of noble idleness and exploitation. Andrea Chénier, the poet, and the young countess Maddalena didn’t quite fit in. Costume-wise and in thought and word: He wore a somewhat worn-out suit, she a simple white dress; he expressed behind his poetry thoughts that showed a political conscience, she had a vague longing for freedom, at least freedom from straight-laced gowns and finery. It was this vague similarity of ideas that sparked the subsequent improbable love story. Their story was only one part of the historical panorama that this work presented. And so in the second tableau we found ourselves in Paris, in the middle of the Robbespierre’s Terror. The stage showed simultaneously the streets of Paris, a brothel, one of the downstairs rooms was a lazaret and the other one  Andrea Chénier’s abode.  The erstwhile servant Carlo Gérard turned out to be the real protagonist of the story: having become Robbespierre’ right hand, he had his spies look out for Maddalena with whom he had always been secretly in love,  and Chénier whom he suspected of revolutionary heresy. Having got hurt by Chénier in a duel, he protected him, however, saving his life for the time being. When Maddalena later on offered him her virtue in exchange for Chénier’s freedom, he gave up her designs on her. Chénier was sentenced to death all the same and Maddalena decided to die with him. A number of secondary characters gravitated around these three, the most impressive of them was „the old Madelon“, an old woman who had lost almost all of her family and yet sacrificed her last grandson, a youth of 15, to the Revolution army. Elena Zilio interpreted her touching aria with so much conviction and almost-tears in her voice that every mother’s of son’s heart in the hall got a bit broken, and we had to think of all the mothers of all those sacrificed sons, today and in the past. Ambrogio Maestri took on the part of Gérard, replacing Luca Salsi, and he was magnificent. With his warm and smooth generous baritone voice and perfect intonation, he interpreted perfectly this anti-Scarpia in his development and his contradictions. The queen of the evening was the young countess Maddalena, Anja Harteros. She sang the arias and duets with so much innocent power, her warm and sweet voice followed the melodic lines with so much ease and grace that the thundering bravos  were very largely deserved. Jonas Kaufmann in the role of Andrea Chénier was not in his best form tonight. He played his part to perfection, as always, but he seemed a bit tired, his play was a tiny bit routine, and if his pianissimi were fine and tense as always, he seemed a bit strained in the forte. The orchestra somewhat drowning out the singers, especially in the first part, didn’t really help either. Jonas Kaufmann is Jonas Kaufmann is Jonas Kaufmann, and the Munich public’s white-headed boy got the acclaim he deserved. Omer Meir Wellber, once the music gave him a chance, turned out to be an attentive conductor full of energy, highlighting many a detail of a score that otherwise is mostly functional.   A lovely production, where everything worked together, a lovely Munich evening. Bravi tutti! 

Andrea Chénier au Festival d’Opéra à Munich

Foto: Wilfried Hösl

Suzanne Daumann

Dans la nouvelle production du Staatsoper de Munich, le metteur en scène Philippe Stölzl respecte le contexte historique, tout en développant un regard contemporain sur l’oeuvre et ses protagonistes. Une scénographie sobre et fort lisible juxtapose « ceux d’en haut » et « ceux d’en bas », et dans le premier tableau, au château de Coigny, les domestiques vivent leur misérable vie en dessous de leurs maîtres, et ces quartiers d’en bas laissent déjà entrevoir les renversements de la situation et les prisons de la Révolution. Tapisseries et robes somptueuses couleur champagne, en haut tout est lumineux et chaleureux, en bas tout est sombre et miséreux;  la Comtesse de Coigny, précieuse et majestueuse comme il se doit, interprétée avec bravoure par Doris Soffel - le tableau de la société noble et oisive est parfait. Le poète Andrea Chénier et la jeune comtesse Maddalena détonnent un peu dans ce cadre, lui par ses habits un peu usés et par sa pensée pro-révolutionnaire, elle, par sa robe blanche assez simple, et par sa vague envie de liberté, exprimé dans sa complainte sur l’inconfort des robes et corsets. C’est cette rencontre d’idées qui initie l’improbable histoire d’amour qui s’ensuit. Néanmoins, cette histoire n’est qu’une facette de cette oeuvre qui tente de conter l’Histoire par des histoires. Ainsi, au deuxième tableau, nous sommes à Paris, en pleine Terreur, et la scène montre simultanément les rues de la ville, un bordel, en bas les prisons, et Andrea Chénier a élu domicile dans sa future cellule. L’ancien serviteur Carlo Gérard se révèle comme le vrai protagoniste de l’histoire: Devenu la main droite de Robbespierre, il fait rechercher et Maddalena dont il est amoureux, et Chénier dont il est jaloux et qu’il soupçonne d’avoir des idées qui „trahiraient“ la Révolution. Blessé par Chénier lors d’un duel, il le couvre cependant et lui sauve la vie, et lorsque Maddalena lui propose, plus tard, sa vertu en échange de la liberté de celui-ci, il finit par renoncer à elle. Malgré ce support tardif, Chénier est condamné à  mort et Maddalena décide de mourir avec lui. À côté de ces drame, l’oeuvre conte d’autres histoires, notamment celle de „la vieille Madelon“, une vieille femme qui a perdu presque toute sa famille et vient néanmoins sacrifier son dernier petit-fils à l’armée de la Révolution. Elena Zilio l’interprète et chante son air touchant avec tant de conviction et justesse, avec une voix qui retient tout juste les larmes, que tous les coeurs de mères de fils se brisent un peu dans la salle, et qu’on pense à toutes les mères de tous les fils sacrifiés pour tant de causes, jadis et aujourd’hui. Carlo Gérard est interprété ce soir par Ambrogio Maestri, remplaçant Luca Salsi, et le public n’a rien perdu au change. Maestri est magnifique, voix de baryton chaude et ample, intonation parfaite, il incarne à la perfection cet anti-Scarpia dans son développement et ses contradictions. Magnifique également Anja Harteros dans le rôle de Maddalena. Cette comtesse est la reine de la soirée: elle chante ses airs et les duos avec tant de force ingénue, sa voix pure et chaude suit la ligne mélodique avec tant de grâce que les ovations debout à la fin du spectacle sont amplement méritées. Jonas Kaufmann, Andrea Chénier, n’est pas au top de sa forme ce soir. Acteur consommé, il joue son rôle à la perfection comme toujours, cependant on le sent un peu las, un tantinet routinier, et si ses pianissimi célèbres sont fins et tendus comme on les lui connait, il peine un peu dans le forte. Le fait que l’orchestre, pendant la première moitié du spectacle surtout, avec sa musique plutôt guerrière, a tendance à couvrir les chanteurs n’aide pas vraiment. Jonas Kaufmann est Jonas Kaufmann est Jonas Kaufmann, et le chouchou des Munichois mérite amplement les applaudissements chaleureux de son public. Omer Meir Wellber, une fois que la musique lui en donne le loisir, s’avère un chef minutieux et énergique, laissant vibrer et étinceler maint détail d’une partition qui convainc surtout par sa fonctionnalité. Une belle production, où tout se tient, une belle soirée d’été à Munich. Bravi tutti, merci!