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Tuesday, June 10, 2014

La Flauta Mágica de Mozart en la Ópera de Angers Nantes, Francia.

Foto: Jef Rabillon

Suzanne Daumann 

La Flauta Mágica no es una ópera perfecta. No posee la dramaturgia precisa de Bodas de Fígaro ni la sombría gracia de Don Giovanni como tampoco Schikaneder es Daponte.  Sus personajes no tienen la psicología y vida de las obras de Mozart y Daponte. Flauta Mágica no es una ópera perfecta, es algo mucho más que eso: es universal. Es una ópera de magia y para que la magia funcione es esencial dejar el cinismo y materialismo y todos iphones de nuestro post moderno espíritu. Solo se requiere seguir a los tres niños, y de su boca sale la verdad.  Este es el espíritu de la producción del 2006 de la Ópera de Angers Nantes, repuesta este año. Sus autores son Patrice Caurier y Moshe Leiser, directores de escena y el director musical Mark Shanahan con escenografía de Christian Fenouillat y escenografías de Agostino Cavalca, quienes han llevado la obra hacia su mágica simplicidad, con la ayuda de palomas, algunos gorilas, un oso polar y un rinoceronte.  Esta flauta estuvo llena de humor, que lo toma muy serio.  El ambiente estuvo desde la obertura y Mark Shanahan condujo a la Orchestra des Pays de la Loire con ligera y aérea solemnidad. Algunos tiempos lentos permitieron que las palabras se desenvolvieran con profundo sentido.  La orquesta acompañó a los cantantes con sensibilidad, sonando como un grupo de cámara bien entonado.  La escena fue simple y de fácil lectura, el escenario estaba vacío, algunos elementos y los vestuarios son lo suficiente para explicar que los cantantes y lo que la orquesta querían decir.  Pamina y Tamino vistieron de blanco y azul, la Reina de la noche en rojo y Papageno en amarillo, y Sarastro y el resto vistieron en gris. Elmar Gilbertsson sobresaliente tenor islandes que fue tamino con voz oscura buena apariencia y movimientos fue la perfecta encarnación del príncipe enamorado y el caballero valiente. Papageno fue interpretado con irresistible encanto y humor por el baritono Ruben Drole de calido y aterciopelado timbre.  Marie Arnet fue una agraciada princesa Pamina. Inocente y plateado timbre la hizo conmover y convencer. La reina de la noche fue la soprano Olga Pudova quien encarnó el papel con autoridad y seducción. Sarastro fue el bajo James Cresswell, que fue una pena que caminara con tacones para verse más alto, en vez de darle autoridad pareció precario. Así, esta simplificada versión nos permitió entrar libremente en un mundo mágico. 

La Flûte Enchantée à Angers Nantes Opéra ou la magie du théâtre

Foto: Jef Rabillon

Suzanne Daumann

La Flûte Enchantée n’est pas un opéra parfait : elle n’a pas la dramaturgie horlogère des Noces de Figaro, ni la sombre grâce de Don Giovanni ; Schikaneder n’est pas Da Ponte, les personnages de la Flûte n’ont pas la psychologie complexe et réaliste de ceux des trois grands Mozart-Da Ponte. La Flûte Enchantée n’est pas un opéra parfait, il est plus que cela, il est universel. La Flûte Enchantée est un opéra de magie, et pour que la magie opère, il faut laisser au vestiaire cynisme, matérialisme et autres i-phones de la postmodernité. Il faut simplement suivre les Trois Garçons, car la vérité sort de la bouche des enfants. De cette manière, les auteurs de cette production d’Angers Nantes Opéra de 2006 et reprise cette année pour le bonheur du public nantais, Patrice Caurier et Moshe Leiser, mise en scène, Mark Shanahan, direction d’orchestre, Christian Fenouillat, décors, Agostino Cavalca, costumes, et Christophe Forey, lumières, ont rendu sa simplicité magique à l’œuvre, aidés par quelques pigeons vivants, deux gorilles, un ours polaire et un rhinocéros. Pleine d’humour, cette Flûte se prend néanmoins au sérieux : Dès l’ouverture, on capte l’ambiance. Mark Shanahan dirige l’Orchestre National des Pays de la Loire avec une solennité légère, aérienne. Le tempo un peu lent de sa direction laisse le temps aux textes de développer leur sens profond. L’orchestre, tout en nuances et finesse, accompagne les chanteurs, d’une manière extrêmement sensible, façon musique de chambre. La scénographie se veut tout aussi simple et lisible : pour la plupart, la scène reste vide et quelques accessoires lumineux, et les costumes, suffisent pour souligner les propos des chanteurs et de l’orchestre. Par ailleurs, des décors volumineux auraient rendu impossibles les coups de théâtre divers et variés, apparitions et disparitions par les trappes et personnages volants.  Simplicité aussi du côté des costumes: Tamino et Pamina sont en blanc et bleu, la Reine de la Nuit en rouge, Papageno en jaune d’œuf, et les Trois Dames multicolores et brillantes de paillettes. Sarastro et les siens portent des costumes gris, neutres.  Elmar Gilbertsson, le remarquable jeune ténor islandais, est Tamino. Avec son physique de beau ténébreux, au port altier, et son ténor tonique et tendre, il incarne parfaitement le prince épris, le quêteur courageux, la partie noble et spirituelle de l’être humain. Sa contrepartie terre-à-terre, plus soucieuse des demandes du corps que de l’âme, Papageno, est joué, avec beaucoup d’humour et un charme irrésistible, par le baryton suisse Ruben Drole. Au timbre chaleureux, naturel et velouteux, il chante, parle et quand il n’a pas le droit de parler, chantonne en dansant « Non piu andrai », histoire de s’amuser. La princesse Pamina, fille de la Reine de la Nuit, enlevée par le sinistre Sarastro, est incarnée par la soprano Marie Arnet, avec beaucoup de grâce. Son timbre argentin et innocent la rend convaincante et bouleversante dans l’aria « Ach, ich fühl’s ». L’autre aspect du principe féminin est la Reine de la Nuit, cette incarnation de la mère castratrice. La soprano Olga Pudova lui donne vie, autorité et un brin de séduction. Son adversaire et équivalent masculin, Sarastro, est interprété par la basse américaine James Creswell. Dommage que des échasses lui donnent un tout petit air précaire, plutôt que de rehausser l’autorité du personnage. Inutile aussi, car ce Sarastro a la voix et le ton justes, autoritaire et tendre. Les trois garçons sont des enfants de la Maîtrise de la Perverie à Nantes, charmants, attendrissants, tour à tour en garnements des années 30, en vestes et toques de cuisinier et en chemises et coiffes de nuit. L’innocence et fragilité des voix d’enfants ajoute une dimension spirituelle qui manque totalement quand ces personnages sont interprétés par des sopranos.   Ainsi, cette version épurée de l’opéra permet d’explorer tranquillement les différents aspects des personnages et leurs relations. Vue et entendue comme un simple conte de fées, l’histoire reprend son sens, la symbolique se révèle facilement. On sort en se demandant : Et si c’était vrai ? Si la vie n’était qu’un voyage à travers le feu et l’eau et la souffrance vers un but plus élevé ? Et si les choses matérielles n’étaient qu’une ruse des trois dames de la Reine de la Nuit ? On sort, une larme dans le sourire, les yeux ouverts pour la magie qui nous entoure partout.

  

The Magic Flute at Angers Nantes Opéra: The Enchantments of Theatre

Foto: Jef Rabillon

Suzanne Daumann

The Magic Flute is not a perfect opera: it doesn’t have the clockwork dramaturgy of Le Nozze di Figaro nor the somber gracefulness of Don Giovanni; Schikaneder is not Da Ponte, the Flute’s characters don’t have the complex and lifelike psychology of the great Mozart/Da Ponte works. The Magic Flute is not a perfect opera, it is more than that: it is universal. The Magic Flute is an opera of magic and for the magic to work it is essential to leave at the cloakroom cynicism, materialism and all the other i-phones of our post-modern spirit. We only need to follow the Three Boys, for truth comes from the mouth of babes. This is the spirit of the 2006 production of Anger Nantes Opéra, fortunately taken up this year again. Its authors, Patrice Caurier and Moshe Leiser, stage directors, Mark Shanahan, conductor, Christian Fenouillat, scenography, Agostino Cavalca, costumes, and Christophe Forey, lighting, have taken the work back to its magic simplicity, with the help of live doves, a few gorillas, a polar bear and a rhinoceros. This Flute is full of humour, but it takes itself seriously: The ambiance is there right from the overture. Mark Shanahan conducts the Orchestra des Pays de la Loire with a light and aerial solemnity. His somewhat slow tempi allow the words to unfold their deeper sense. The orchestra accompanies the singers very sensitively, sounding like a chamber music ensemble, finely nuanced. The staging as well is simple and easy to read: mostly the stage is empty, a few luminous props and the costumes are enough to explain what the singers and orchestra are saying. Voluminous decorations in any case would have made the different theatrical coups impossible - apparitions, disappearances through the trapdoors and flying people. The costumes as well are being kept simple: Pamina and Tamino are wearing white and blue, the Queen of the Night is fittingly in red, Papageno in egg-yolk-yellow and the Three Ladies are glittering with multicoloured sequins. Sarastro and his people are wearing nondescript suits of grey. Elmar Gilbertsson, the remarkable young Icelandic tenor, is Tamino. With his dark brooding good looks and haughty ways, and his tender and tonic tenor voice, he is the perfect incarnation of the prince in love, of the courageous knight on his quest – the noble and spiritual part of the human soul, as it were. His more earthly-minded counterpart, Papageno, is played with irresistible charm and humour by Ruben Drole, baritone. With a warm and velvety timbre, he sings and talks in a most natural way, and when he’s supposed to be quiet, he hums and dances his way through “Non pui andrai”, just for the heck of it. Soprano Marie Arnet is a most graceful princess Pamina, daughter of the Queen of the Night, who has been kidnapped by the sinister Sarastro. Her silvery and innocent timbre makes her most touching and convincing in her aria “Ach, ich fühl’s”. Oh, and we feel with her, and so does poor Tamino, who is not allowed to speak to her. The Queen of the Night is the other aspect of the feminine principle, the castrating mother. Soprano Olga Pudova incarnates her with authority and quite seductively. Her adversary and masculine counterpart, Sarastro, is the bass James Cresswell. A pity that he has to walk about on some kind of contraption to make him taller: it makes him look rather precarious instead of adding to his authority. Unnecessary as well, since this Sarastro has the right voice and tone, authoritarian and tender, as the case asks for. The Three Boys are children from the Maîtrise de la Perverie in Nantes, charming and touching, be they dressed as urchins of the 30s, in cooks’ hats or night shirts. The innocence and frailty of real children’s voices gives an additional spiritual dimension to the opera that is totally inexistent when sopranos take on these parts. And so, this simplified version of the work lets us enter freely into a magical world. Heard and seen as a simple fairy tale the story acquires an old-new sense, the symbols yield readily. And we leave, wondering: And if it were true? If life were just a voyage through fire and water and suffering, towards some higher goal? And if the material world were just a trick of the Ladies of the Queen of the Night? We leave with a tear in our smile and our eyes are open for the magic that is everywhere around us. 

Thursday, April 17, 2014

Ragnheidur estreno mundial en la Ópera de Islandia

Foto: Gísli Egill Hrafnsson

Inga María Leifsdóttir

Fundada a inicios de los años 80s y situada en la capital de Reikiavik, la Ópera de Islandia, una compañía relativamente joven comparada con otros teatros de larga tradición de Europa, presentó en su nueva y moderna sede en el teatro Harpa, el estreno mundial de la ópera Ragnheiður del compositor islandés Gunnar Þórðarson con libreto de Friðrik Erlingsson.  La obra está basada en hechos históricos que ocurrieron en Islandia a mediados del siglo 16, y el titulo Ragnheiður, corresponde al nombre de la hija de 18 años del obispo de  Skálholt, en su momento el hombre más poderoso de la iglesia en el país. La historia versa sobre la relación amorosa, pero escondida,  entre  Ragnheiður y su joven mentor Daði, pero la situación se complicó cuando en 1661 el obispo le exigió a su hija jurar frente a toda la congregación su virginidad, pero nueve meses después da luz a un hijo fue condenada por su propio padre; y dentro este contexto de amor, destino y tragedia se desarrolló la trama, que de la historia de Islandia es uno de los eventos que mas fibras ha tocado. La obra causó tanta demanda del público que varias funciones fueron agregadas. La partitura de la obra cuya música de Þórðarson es conmovedora con un terso lenguaje romántico, funcionó bien con el libreto que es bello y a la vez trágico, fue ejecutada con pasión y entrega por el maestro finlandés Petri Sakari al frente de la orquesta y el coro de la ópera de Islandia. Por cierto, la partitura fue presentada en concierto en la iglesia de Skálholt, en el sur del país, en agosto del 2013. La puesta en escena minimalista, ideada por Greta Reynisson, tuvo dos paredes al fondo del escenario que se abrían y cerraban o que formaban un triangulo en un espacio reducido y brillante iluminación en ese punto, con contrastante oscuridad, enclaustraba y captaba la emotividad en la escena, bajo la dirección escénica de Stefán Baldursson. Los vestuarios de época fueron creación de Þórunn S. Þorgrímsdóttir. En escena se reunieron a más de cien artistas y un extenso elenco con los mejores cantantes islandeses, como la muy apreciada soprano Tóra Einarsdóttir en el papel principal, con radiante canto y presencia; el tenor ligero Elmar Gilbertsson como Daði, y el autoritario bajo Vidar Gunnarson como Brynjólfur biskup, obispo de Skálholt