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Thursday, March 10, 2016

Don Giovanni is a rogue – Don Giovanni in Nantes on March 6th, 2016

Photo Jef  Rabillon
Suzanne Daumann

The new production of Don Giovanni at Angers Nantes Opera is racy and elegant

Mozart’s Don Giovanni, this opera of operas, so often seen, heard, staged, that we take its characters and their stories for granted, can still surprise us. With their sophisticated actors’ direction, where every stage movement is in harmony with the music and the characters’ inner truth, Moshe Leiser and Patrice Caurier, assisted by Christian Fenouillat’s simple and effective sets, Agostino Cavalca’s costumes and Christophe Forey’s lighting, make this age-old drama vibrate again for us. Mark Shanahan’s conducting of the Orchestre National des Pays de la Loire is full of energy, yet finely chiselled. The recitatives, be it secco (applause also for Hélène Peyrat’s harpsichord) or accompagnato, are perfect musical theatre with impeccable and musical phrasing. They carry all the dramatic force of their contents; Nikolaus Harnoncourt has left us this day and it is comforting to see his heritage alive here today. The young and eager cast give it their all: Don Giovanni is a young man ever in search of the next kick to fill his inner emptiness. Sex, drugs, everything is fine with him as long as things keep moving. Young baritone John Chest, who has been appreciated here in Korngold’s Tote Stadt already, simply nails him. With his clear and authoritative timbre, he has the charisma and stage presence to render credible this rascal, prince of the night of his neighbourhood. Indeed the class differences are more of a psychological nature here, and Don Giovanni’s superiority stems from his willpower and pure physical force. The neighbourhood is represented by the bright blue façade of a modern apartment block, complete with glass door, bells, staircase and elevator. A carriage entrance leads to the car park where the party that ends Act I will take place. It’s here that we see Leporello cool his heels, muttering under his breath, before Don Giovanni barges in, half dressed, carrying his clothes, and where the arrival of Donna Anna and her father will set the drama in motion. From this moment, we forget that we know the work by heart, we follow its development, holding our breath. Ruben Drole, baritone with the warm timbre of black velvet, plays Leporello with sensitivity and attention. The interactions between him and Don Giovanni are a bit ambiguous from the first, and very physical, and we shall soon understand that Leporello loves Don Giovanni: his catalogue aria, that at first addresses Donna Elvira, takes slowly the form of a complaint.  Mezzo-soprano Rinat Shahan is Elvira and abandons herself poignantly to the despair of her character, especially in the grand aria of Act II. Beside those three formidable energies, the couple Donna Anna/Don Ottavio, touchingly interpreted by Gabrielle Philiponet and Philippe Talbot, seems a bit pale. In the final chorus – and there is no knowing if this comes as an appeasing anti-climax or a distraction after one of the most dramatic descents to hell ever, where Don Giovanni’s last cry becomes a sob – their couple seems seriously threatened. This final takes place in the cemetery: Giovanni shoots some heroin, the Commander comes out of his grave and everything takes logically the character of a very bad trip, or an overdose, and, musically underlined with irresistible drive, takes us with it wherever poor Giovanni goes. Shatteringly full of truth about human feelings and frailties, this Don Giovanni is well worth attending.
Next representations: Thursday 10th and Saturday 12th of March, Nantes, Théâtre Graslin, Wednesday 4th, Friday 6th and Sunday 8th of May, Angers, Grand Théâtre. 


Don Giovanni est une racaille – Don Giovanni à Nantes le 6 mars 2016

Foto: Jef Rabillon
Suzanne Daumann

Une nouvelle production racée et élégante à Angers Nantes Opéra

Le Don Giovanni de Mozart, cet opéra des opéras, tellement vu, entendu, mis en scène qu’on prend pour acquis ses personnages et leurs histoires, peut encore cacher des surprises. La mise en scène réfléchie et musicale de Patrice Caurier et Moshe Leiser, où chaque mouvement de scène est synchrone tant à la musique qu’à la vérité intérieure des personnages, les décors simples et efficaces de Christian Fenouillat, les costumes évocateurs d’Agostino Cavalca, et les lumières de Christophe Forey, font vibrer à nouveau ce vieux drame psychologique. La direction d’orchestre de Mark Shanahan, pleine d’énergie dramatique, tout en finesse et délicatesse, est un pur bonheur. Les récitatifs, que ce soit secco (saluons aussi Hélène Peyrat au clavecin) ou accompagnato, sont du théâtre musical comme il faut, au phrasé impeccable et musical. Ils expriment toute la force dramatique de leur contenu ; Nikolaus Harnoncourt vient de nous quitter, et il est réconfortant de voir ici son héritage bien vivant. Une distribution jeune et motivée se donne à fond. Don Giovanni, souvent un tant soit peu insaisissable, est ici un jeune homme toujours à la recherche d’une gratification instantanée pour combler son vide intérieur. Drague, drogue, peu importe, du moment qu’il y ait du buzz autour de lui. Le jeune baryton John Chest, qu’on a déjà pu remarquer dans La Ville Morte de Korngold ici-même, interprète ce Don Giovanni avec fougue. Avec son timbre clair et autoritaire, il a le charisme et la présence scénique qu’il faut pour rendre crédible ce caïd, prince de la nuit de son quartier. Celui-ci est représenté par la façade bleue clair d’un immeuble moderne, avec son entrée, sonnettes, cage d’escalier et ascenseur, par où se feront la plupart des entrées et sorties. Une porte cochère donne sur un parking où se déroulera la fête qui clôt l’acte I. Au début, c’est ici que Leporello fait les cent pas en bougonnant, jusqu’à ce que Don Giovanni déboule en petit tenue, ses habits sous le bras, et que l’arrivée de Donna Anna, puis du Commendatore marque le début du drame. Dès ce moment, on oublie qu’on connaît par cœur cet opéra, l’on suit le déroulement du drame, le souffle coupé.  Ruben Drole, baryton au timbre chaud de velours noir, incarne Leporello avec sensibilité et douceur. Les rapports entre lui et Don Giovanni sont d’emblée très physiques et un peu troubles, et l’on verra que Leporelle aime Don Giovanni d’amour : son air du catalogue, qu’il adressait au début à Donna Elvira, prend petit à petit des airs de complainte. Rinat Shaham, mezzo-soprano, incarne Elvira et dans son grand air de l’acte II s’abandonne au désespoir de son personnage de façon poignante. Le couple Donna Anna/Don Ottavio, interprété tout à fait soigneusement par Gabrielle Philiponet et Philippe Talbot, manque un peu d’éclat à côté, bien qu’ils soient touchants dans leur propre drame : face au meurtre de son père par Don Giovanni, qui lui plait peut-être pas mal en secret, Anna a du mal à se décider d’épouser Ottavio. Lors du chœur final – et l’on ne sait pas si celui-ci vient comme un anti-climax bienfaisant ou dérangeant après une descente aux enfers absolument fulgurante, où le dernier cri de Don Giovanni se meut en sanglot – leur futur semble bien compromis. Ce final se déroule au cimetière : Giovanni qui se fait une piqûre d’héroïne, le Commandeur remonte de sa tombe, et tout cela prend très logiquement des airs de mauvais trip, voire d’overdose et, musicalement souligné avec un drive irrésistible, nous prend bien aux tripes. Bouleversant de vérité sur la condition humaine, ce Don Giovanni vaut largement le détour. Prochaines représentations : jeudi 10 et samedi 12 mars à Nantes, Théâtre Graslin, les mercredi 4, vendredi 6 et dimanche 8 mai à Angers, Grand Théâtre. 

Tuesday, June 10, 2014

La Flauta Mágica de Mozart en la Ópera de Angers Nantes, Francia.

Foto: Jef Rabillon

Suzanne Daumann 

La Flauta Mágica no es una ópera perfecta. No posee la dramaturgia precisa de Bodas de Fígaro ni la sombría gracia de Don Giovanni como tampoco Schikaneder es Daponte.  Sus personajes no tienen la psicología y vida de las obras de Mozart y Daponte. Flauta Mágica no es una ópera perfecta, es algo mucho más que eso: es universal. Es una ópera de magia y para que la magia funcione es esencial dejar el cinismo y materialismo y todos iphones de nuestro post moderno espíritu. Solo se requiere seguir a los tres niños, y de su boca sale la verdad.  Este es el espíritu de la producción del 2006 de la Ópera de Angers Nantes, repuesta este año. Sus autores son Patrice Caurier y Moshe Leiser, directores de escena y el director musical Mark Shanahan con escenografía de Christian Fenouillat y escenografías de Agostino Cavalca, quienes han llevado la obra hacia su mágica simplicidad, con la ayuda de palomas, algunos gorilas, un oso polar y un rinoceronte.  Esta flauta estuvo llena de humor, que lo toma muy serio.  El ambiente estuvo desde la obertura y Mark Shanahan condujo a la Orchestra des Pays de la Loire con ligera y aérea solemnidad. Algunos tiempos lentos permitieron que las palabras se desenvolvieran con profundo sentido.  La orquesta acompañó a los cantantes con sensibilidad, sonando como un grupo de cámara bien entonado.  La escena fue simple y de fácil lectura, el escenario estaba vacío, algunos elementos y los vestuarios son lo suficiente para explicar que los cantantes y lo que la orquesta querían decir.  Pamina y Tamino vistieron de blanco y azul, la Reina de la noche en rojo y Papageno en amarillo, y Sarastro y el resto vistieron en gris. Elmar Gilbertsson sobresaliente tenor islandes que fue tamino con voz oscura buena apariencia y movimientos fue la perfecta encarnación del príncipe enamorado y el caballero valiente. Papageno fue interpretado con irresistible encanto y humor por el baritono Ruben Drole de calido y aterciopelado timbre.  Marie Arnet fue una agraciada princesa Pamina. Inocente y plateado timbre la hizo conmover y convencer. La reina de la noche fue la soprano Olga Pudova quien encarnó el papel con autoridad y seducción. Sarastro fue el bajo James Cresswell, que fue una pena que caminara con tacones para verse más alto, en vez de darle autoridad pareció precario. Así, esta simplificada versión nos permitió entrar libremente en un mundo mágico. 

La Flûte Enchantée à Angers Nantes Opéra ou la magie du théâtre

Foto: Jef Rabillon

Suzanne Daumann

La Flûte Enchantée n’est pas un opéra parfait : elle n’a pas la dramaturgie horlogère des Noces de Figaro, ni la sombre grâce de Don Giovanni ; Schikaneder n’est pas Da Ponte, les personnages de la Flûte n’ont pas la psychologie complexe et réaliste de ceux des trois grands Mozart-Da Ponte. La Flûte Enchantée n’est pas un opéra parfait, il est plus que cela, il est universel. La Flûte Enchantée est un opéra de magie, et pour que la magie opère, il faut laisser au vestiaire cynisme, matérialisme et autres i-phones de la postmodernité. Il faut simplement suivre les Trois Garçons, car la vérité sort de la bouche des enfants. De cette manière, les auteurs de cette production d’Angers Nantes Opéra de 2006 et reprise cette année pour le bonheur du public nantais, Patrice Caurier et Moshe Leiser, mise en scène, Mark Shanahan, direction d’orchestre, Christian Fenouillat, décors, Agostino Cavalca, costumes, et Christophe Forey, lumières, ont rendu sa simplicité magique à l’œuvre, aidés par quelques pigeons vivants, deux gorilles, un ours polaire et un rhinocéros. Pleine d’humour, cette Flûte se prend néanmoins au sérieux : Dès l’ouverture, on capte l’ambiance. Mark Shanahan dirige l’Orchestre National des Pays de la Loire avec une solennité légère, aérienne. Le tempo un peu lent de sa direction laisse le temps aux textes de développer leur sens profond. L’orchestre, tout en nuances et finesse, accompagne les chanteurs, d’une manière extrêmement sensible, façon musique de chambre. La scénographie se veut tout aussi simple et lisible : pour la plupart, la scène reste vide et quelques accessoires lumineux, et les costumes, suffisent pour souligner les propos des chanteurs et de l’orchestre. Par ailleurs, des décors volumineux auraient rendu impossibles les coups de théâtre divers et variés, apparitions et disparitions par les trappes et personnages volants.  Simplicité aussi du côté des costumes: Tamino et Pamina sont en blanc et bleu, la Reine de la Nuit en rouge, Papageno en jaune d’œuf, et les Trois Dames multicolores et brillantes de paillettes. Sarastro et les siens portent des costumes gris, neutres.  Elmar Gilbertsson, le remarquable jeune ténor islandais, est Tamino. Avec son physique de beau ténébreux, au port altier, et son ténor tonique et tendre, il incarne parfaitement le prince épris, le quêteur courageux, la partie noble et spirituelle de l’être humain. Sa contrepartie terre-à-terre, plus soucieuse des demandes du corps que de l’âme, Papageno, est joué, avec beaucoup d’humour et un charme irrésistible, par le baryton suisse Ruben Drole. Au timbre chaleureux, naturel et velouteux, il chante, parle et quand il n’a pas le droit de parler, chantonne en dansant « Non piu andrai », histoire de s’amuser. La princesse Pamina, fille de la Reine de la Nuit, enlevée par le sinistre Sarastro, est incarnée par la soprano Marie Arnet, avec beaucoup de grâce. Son timbre argentin et innocent la rend convaincante et bouleversante dans l’aria « Ach, ich fühl’s ». L’autre aspect du principe féminin est la Reine de la Nuit, cette incarnation de la mère castratrice. La soprano Olga Pudova lui donne vie, autorité et un brin de séduction. Son adversaire et équivalent masculin, Sarastro, est interprété par la basse américaine James Creswell. Dommage que des échasses lui donnent un tout petit air précaire, plutôt que de rehausser l’autorité du personnage. Inutile aussi, car ce Sarastro a la voix et le ton justes, autoritaire et tendre. Les trois garçons sont des enfants de la Maîtrise de la Perverie à Nantes, charmants, attendrissants, tour à tour en garnements des années 30, en vestes et toques de cuisinier et en chemises et coiffes de nuit. L’innocence et fragilité des voix d’enfants ajoute une dimension spirituelle qui manque totalement quand ces personnages sont interprétés par des sopranos.   Ainsi, cette version épurée de l’opéra permet d’explorer tranquillement les différents aspects des personnages et leurs relations. Vue et entendue comme un simple conte de fées, l’histoire reprend son sens, la symbolique se révèle facilement. On sort en se demandant : Et si c’était vrai ? Si la vie n’était qu’un voyage à travers le feu et l’eau et la souffrance vers un but plus élevé ? Et si les choses matérielles n’étaient qu’une ruse des trois dames de la Reine de la Nuit ? On sort, une larme dans le sourire, les yeux ouverts pour la magie qui nous entoure partout.

  

The Magic Flute at Angers Nantes Opéra: The Enchantments of Theatre

Foto: Jef Rabillon

Suzanne Daumann

The Magic Flute is not a perfect opera: it doesn’t have the clockwork dramaturgy of Le Nozze di Figaro nor the somber gracefulness of Don Giovanni; Schikaneder is not Da Ponte, the Flute’s characters don’t have the complex and lifelike psychology of the great Mozart/Da Ponte works. The Magic Flute is not a perfect opera, it is more than that: it is universal. The Magic Flute is an opera of magic and for the magic to work it is essential to leave at the cloakroom cynicism, materialism and all the other i-phones of our post-modern spirit. We only need to follow the Three Boys, for truth comes from the mouth of babes. This is the spirit of the 2006 production of Anger Nantes Opéra, fortunately taken up this year again. Its authors, Patrice Caurier and Moshe Leiser, stage directors, Mark Shanahan, conductor, Christian Fenouillat, scenography, Agostino Cavalca, costumes, and Christophe Forey, lighting, have taken the work back to its magic simplicity, with the help of live doves, a few gorillas, a polar bear and a rhinoceros. This Flute is full of humour, but it takes itself seriously: The ambiance is there right from the overture. Mark Shanahan conducts the Orchestra des Pays de la Loire with a light and aerial solemnity. His somewhat slow tempi allow the words to unfold their deeper sense. The orchestra accompanies the singers very sensitively, sounding like a chamber music ensemble, finely nuanced. The staging as well is simple and easy to read: mostly the stage is empty, a few luminous props and the costumes are enough to explain what the singers and orchestra are saying. Voluminous decorations in any case would have made the different theatrical coups impossible - apparitions, disappearances through the trapdoors and flying people. The costumes as well are being kept simple: Pamina and Tamino are wearing white and blue, the Queen of the Night is fittingly in red, Papageno in egg-yolk-yellow and the Three Ladies are glittering with multicoloured sequins. Sarastro and his people are wearing nondescript suits of grey. Elmar Gilbertsson, the remarkable young Icelandic tenor, is Tamino. With his dark brooding good looks and haughty ways, and his tender and tonic tenor voice, he is the perfect incarnation of the prince in love, of the courageous knight on his quest – the noble and spiritual part of the human soul, as it were. His more earthly-minded counterpart, Papageno, is played with irresistible charm and humour by Ruben Drole, baritone. With a warm and velvety timbre, he sings and talks in a most natural way, and when he’s supposed to be quiet, he hums and dances his way through “Non pui andrai”, just for the heck of it. Soprano Marie Arnet is a most graceful princess Pamina, daughter of the Queen of the Night, who has been kidnapped by the sinister Sarastro. Her silvery and innocent timbre makes her most touching and convincing in her aria “Ach, ich fühl’s”. Oh, and we feel with her, and so does poor Tamino, who is not allowed to speak to her. The Queen of the Night is the other aspect of the feminine principle, the castrating mother. Soprano Olga Pudova incarnates her with authority and quite seductively. Her adversary and masculine counterpart, Sarastro, is the bass James Cresswell. A pity that he has to walk about on some kind of contraption to make him taller: it makes him look rather precarious instead of adding to his authority. Unnecessary as well, since this Sarastro has the right voice and tone, authoritarian and tender, as the case asks for. The Three Boys are children from the Maîtrise de la Perverie in Nantes, charming and touching, be they dressed as urchins of the 30s, in cooks’ hats or night shirts. The innocence and frailty of real children’s voices gives an additional spiritual dimension to the opera that is totally inexistent when sopranos take on these parts. And so, this simplified version of the work lets us enter freely into a magical world. Heard and seen as a simple fairy tale the story acquires an old-new sense, the symbols yield readily. And we leave, wondering: And if it were true? If life were just a voyage through fire and water and suffering, towards some higher goal? And if the material world were just a trick of the Ladies of the Queen of the Night? We leave with a tear in our smile and our eyes are open for the magic that is everywhere around us. 

Tuesday, October 9, 2012

The Two Widows by Smetana Creation in Angers


Photo: Jef Rabillon - Angers Nantes Opera
 
Suzanne Daumann
 
Smetana’s opera was written in 1873/74 and one really wonders, on seeing this wonderfully witty, playful and yet deep work, how it is possible that it is being produced in France for the first time only now, in 2012. Especially since the libretto by Emmanuel Züngel is based on a play by French playwright Mallefille. If I were more of a feminist, or given to conspiracy theories, the answer would be easy: the main characters of this piece are women, are two widows, and one of them clearly enjoys her single state and refuses to remarry in order to stay free. Jo Davies has set her production in the years after the first World War. A very fine black and white video installation by Andrezej Goulding, that faithfully follows Smetana’s overture, shows proud aviators and tragic events, so we know that Karolina’s and Anezka’s husbands have died during the war, but we do not know how long ago that was, nor how their relationships were before the war. We soon find out, however, how the two woman deal with their situation: Act I opens on a beautiful salon, 19th century furniture, consisting mainly of a desk, a sofa and a long dining table, blue leaf- patterned wallpaper, a stag’s head over one of the three doors and a spiral staircase to the right, these are the main elements and the whole piece will be played out in this set. On the sofa, a human figure is lying still, covered by a blanket. The servants come and go, rejoicing in the coming harvest festival. Karolina comes in and sitting down at the dining table and taking her breakfast, sings her joy about her life as the free mistress of her domain and her servants, ready to join in their harvest festival. Lenka Macikova is simply splendid in this part, her silvery soprano and vivacious personality are the very embodiment of the wit and irony of Karolina. The covered person on the sofa now turns out to be her cousin, Anežka. She is wearing black, and in fact is still mourning her husband. Or if she isn’t, at least she doesn’t seem to allow herself Karolina’s joy of life.
 
Sophie Angebault, lovely soprano tainted with gold and melancholy, conveys, along with the music, the impression that her affliction is maybe a bit more due to convention than to personal feelings. No time is lost however in reflections of that kind. Smetana’s opera, full of Slavic charm and polka, is led along with almost devilish drive and force by the Orchestre National des Pays de la Loire, conducted by Mark Shanahan. And now comes Mumlal, the gamekeeper, come to complain about an especially obnoxious poacher. I have to admit that he was almost my favourite character of the opera. Whoever loves Mozart’s Antonio and is frustrated to get so little of his views on life will be rewarded with Mumlal. Interpreted with happy abandon and a velvety growling bass, supply and subtly by Ante Jerkunika, Mumlal is the bass part of the vocal quartet (the tenor is not far now!) and also the personification of the humour and irony that are so present throughout in the music. Karolina sends him to catch the intruder who comes along quite docilely. In fact he is a young neighbour, Ladislav Podhàjský, and Karolina understands soon enough that he has been roaming the grounds in order to see Anežka, because he is in love with her. He is the romantic lover and of course he is the tenor. Aleš Briscein interprets the part with a beautifully clear warm strong voice, unwavering on the narrow line between sincerity and irony. Karolina sees through him right away and, as mistress of the grounds, condemns him to a fine and a time of imprisonment in her house. He retires to his room and everybody sings an ode to love. In Act II, Karolina and Anežka are discussing Ladislav Podhàjsky. Anežka wants him gone and Karolina wants her to marry him. Ladislav finally manages to declare his love to Anežka, but she turns him down. Karolina goes to the servants’ ball with Ladislav and after a few detours through jealousy and misunderstandings, Ladislav and Anežka will be happily united. We learn now that Anežka has loved him for longer than conventions would allow it, for she has been in love with him already when her husband was alive. Everybody rejoices and a lively polka ends the piece.Applause, well-earned applause for everyone: Bedrich Smetana for his wonderful opera, and his fine and witty music that is so entertaining and amusing and yet never shallow. Deep feelings are lying under the surface, never far away, but are hardly ever openly expressed. Like the light filtering in through the large French windows (Simon Corder is responsible for the lighting and a fine job he does), so love and regrets sometimes filter through the irony of the music, especially at the very end of Act I. In Act II it is the other way round, love and longing are everywhere, but always tempered by the subtle shade of wit and irony.  Thundering applause for Anger Nantes Opéra, for bringing this lovely work to life and back to France – may it be taken up again and again everywhere and all the time!  And bravos and thanks to the whole cast and crew for a most enjoyable evening!

Las dos viudas de Smetana estreno en Francia en Angers

Foto: Jef Rabillon / Angers Nantes Opera
Suzanne Daumann

 
Dvě Vdovy (Las dos viudas) de Bedřich Smetana (1824-1884)  Entreno en Francia. Función realizada el 28 de septiembre del 2012 en Angers Le Quai, Francia en la temporada 2012-2013 de la Angers Nantes Opera. Director Musical: Mark Sanan, Director de escena: Jo Davies. Escenografia y vestuario: Joanna Parker. Diretor del coro: Sandrine Abello.  Lenka Máciková (Karolina), Sophie Angebaul (Anežka), Aleš Briscein (Ladislav Podhájsky), Robin Tritschler (Tonik), Khatouna Gadelia (Lidunka). Ante Jerkunica (Mumlal)

Después de ver lo maravillosamente astuta, divertida y profunda que es esta opera compuesta por Smetana en 1873-1984,  uno se pregunta como es que fue representada por primera vez en Francia hasta el 2012, si además se considera que el libreto de Emmanuel Züngel esta basado en una obra del dramaturgo francés Mallefille. Si yo fuera feminista, o quisiera crear confabulaciones la respuesta seria fácil y diría que es porque los personajes principales de la obra son mujeres, dos viudas, de las cuales una disfruta ser soltera y se niega  a casarse de nuevo.  Jo Davies ubicó su producción en los años posteriores a la Primera Guerra Mundial. Una muy fina transmisión en blanco y negro de Andrezej Goulding, que fielmente siguió la obertura de Smetana mostraba escenas trágicas y de pilotos de aviación, daba a entender que los maridos de Carolina y de Anezka murieron durante la guerra, aunque no se sabe exactamente cuando ni como eran sus relaciones antes de morir. Aun así, se puede deducir que las dos mujeres superaron la situación.  La obra completa se realizó dentro de un hermoso salón cuyos elementos principales fueron muebles del siglo diecinueve: como un escritorio, un sofá y una larga mesa, paredes decoradas con dibujos de hojas azules de árbol, además de la cabeza de un venado sobre una de las tres puertas, y una escalera en espiral.  Sobre el sofá se veía la figura de una persona recostada y cubierta con una manta mientras que los sirvientes entraban y salían,  festejando el festival del pueblo. El personaje de Karolina hizo su entrada y sentándose a la mesa cantó reflexionando sobre su vida como una mujer libre, sus bienes y sus sirvientes, que festejaban. Lenka Macikova estuvo simplemente esplendida en esta parte, ya que su brillante voz de soprano y su vivaz personalidad fueron la esencia misma de la astucia y la ironía de Karolina. La persona cubierta sobre el sofá, resultó ser su prima Anežka, quien vistiendo de negro aun de luto por la muerte de su marido y no mostrando felicidad de Karolina. Sophie Angebault encantadora soprano con voz de tinte dorado y melancolía trasmitió la impresión, junto con la música que su pena se debía mas a costumbre que a un sentimiento personal.  Sin embargo, no se perdió nada de tiempo en reflexiones de ese tipo en esta opera de Smetana, plena de encanto eslavo y polkas, y que fue llevada con endiablada fuerza por la Orchestre Nacional des Pays de la Loire, bajo la dirección de Mark Shanahan.  
 
 También apareció el guardabosques Mumlal, quejándose de un molesto cazador, del que debo admitir que fue mi personaje favorito de la opera. Quien adora al Antonio de Mozart y se frustra de escuchar tan poco sus puntos de vista de la vida quedaría satisfecho con Mumlal, que fue Interpretado con alegre abandono y brillo aterciopelado en su voz de bajo por Ante Jerkunika. Mumlal es la voz de bajo del cuarteto vocal (el tenor se acercaba ya) y la personificación del humor y la ironía que están tan presentes en toda la música.  Karolina le ordena a atrapar a un intruso que merodea la casa, y que es de hecho el joven vecino Ladislav Podhàjský, entendiendo que ha buscaba ver a Anežka de quien esta enamorado. El romántico enamorado era el tenor Aleš Briscein quien cantó con hermosa, clara  y calida; moviéndose en una delgada línea entre la sinceridad y la ironía. Karolina viendo sus intenciones y como dueña de la propiedad, lo invita a quedarse en  la casa.  El se retira a su habitación y todos interpretan una oda al amor.  En el segundo acto Karolina y Anežka discuten por Ladislav Podhàjsky; Anežka quiere que se marche y Karolina quiere que ella se case con el.  Ladislav finalmente le declara su amor a Anežka, quien lo rechaza.  Karolina asiste a la celebración de sus sirvientes acompañada de Ladislav y después de algunas situaciones de celos y malentendidos, Ladislav y Anežka terminan felizmente unidos.  En este punto nos enteramos que Anežka lo ha amado durante un largo tiempo, aun desde que su marido vivía. Todos los personajes celebran y alegres con una movida polka termina la obra. El autor Bedrich Smetana se merece un aplauso por su maravillosa opera de fina y alegre música que fue muy entretenida y nunca superficial.  Profundos sentimientos se encuentran sobre la superficie, nunca lejos, pero que difícilmente son expresados abiertamente, un poco como la luz que se filtraba débilmente por las grandes ventanas francesas (Simon Corder fue el responsable del buen trabajo de iluminación), de modo que el amor y los arrepentimientos algunas veces se filtran en medio de la ironía de la música, especialmente al final del primer acto.  En el segundo es lo contrario, el amor y el deseo se encuentran por todos lados pero siempre son templados por la sutil sombra de la alegría y la ironía.  Un aplauso particularmente fuerte para la Opéra Angers Nantes por haberle dado vida a esta hermosa obra en Francia, que ojala se repita siempre por todos lados y bravo y gracias para el elenco y equipo técnico por una amena velada.

 

Les deux veuves – Création française d’un opéra de Smetana à Angers


Foto: Jef Rabillon - Angers Nantes Opera
 
Suzanne Daumann
 
Smetana a écrit « Les Deux Veuves » en 1873-’74, et en voyant cet opéra plein de vitalité, d’ironie et de profondeur, on se demande comment il se fait que sa création française survienne seulement maintenant, au 21ème siècle, d’autant plus que le livret d’Emmanuel Züngel se base sur une pièce du Français Mallefille.  Si j’étais un peu plus féministe, ou encore portée sur les théories de conspiration, j’aurais bien une réponse : les personnages centraux en sont deux  femmes, deux veuves, une d’entre elles se déclare ouvertement très heureuse de sa condition de célibataire et nullement encline à renoncer à sa liberté pour se remarier. La production de Jo Davies est située dans les années suivant la Première Guerre mondiale. Une très belle installation vidéo par Andrezej Goulding montre, en suivant fidèlement l’ouverture de Smetana, de fiers aviateurs et de tragiques événements. Nous savons ainsi que les maris de Karolina et Anežka sont morts à la guerre. Nous ne savons pas cependant combien de temps s’est écoulé depuis, ni comment se sont entendus les couples du vivant des maris. Par contre, nous allons bientôt savoir comment les deux veuves s’accommodent de leur situation : le premier acte s’ouvre sur un magnifique salon style 19ème, avec pour meubles principaux un bureau, un sofa et une table à manger. Trois portes, du beau papier peint bleu orné de feuillages, une cage d’escalier hélicoïdal, voici le décor où se déroulera toute l’action. Sur le sofa, nous voyons une figure humaine, allongée, couverte d’un plaid. Les domestiques vont et viennent, en chantant leur joie de la fête de la moisson. Entre Karolina. Elle s’assied à la table et, tout en prenant son petit-déjeuner, chante sa joie de vivre en tant que maîtresse de sa maison, de son domaine et de ses serviteurs dont elle s’apprête à partager la fête. Lenka Macikova est splendide dans ce rôle, sa voix argentée de soprano, sa personnalité vivace font d’elle l’incarnation idéale de l’esprit ironique et espiègle de Karolina. La personne couverte sur le divan se révèle être Anežka, sa cousine. Elle est en noir car elle est encore en deuil de son mari. Ou pour le moins elle ne s’autorise pas la joie de vivre de Karolina. Sophie Angebault, soprano teinté de mélancolie dorée, transmet, ainsi que la musique de Smetana, l’impression que son affliction est peut-être autant due aux conventions qu’à ses propres émotions. Nous n’avons pas de temps pour de telles réflexions cependant. L’opéra de Smetana, tout en charme slave et polkas, est mené avec une verve presque diabolique par l’Orchestre National des Pays de la Loire, dirigé par Mark Shanahan. Et voici qu’arrive Mumlal, le gardien du parc, pour se plaindre d’un braconnier particulièrement impertinent. Je dois avouer que Mumlal est presque mon personnage préféré dans cet opéra. Quiconque aime l’Antonio des Noces mozartiennes, et se sent frustré de ne pas avoir eu droit à davantage des ses opinions et idées, sera comblé avec Mumlal. Ante Jerkunika l’interprète avec un joyeux abandon et une voix de basse souple et subtile au grondement  de velours.
 
Mumlal est la partie de basse du quatuor vocal (le ténor n’est pas loin !) et aussi la personnification de l’humour et de l’ironie qui sont si présents dans cette oeuvre. Karoline l’envoie capturer l’intrus qui vient bien docilement. Il s’agit en fait de Ladislav Podhàjský, un voisin et Karolina a vite compris qu’il rode dans les parages pour voir Anežka dont il est amoureux. C’est le jeune premier, l’amant romantique et bien sûr c’est le ténor. Aleš Briscein l’interprète avec une belle voix chaude et claire, en parfait équilibre sur la corde raide entre ironie et sincérité. Karolina a donc compris son manège et, en tant que maîtresse du domaine, le condamne à une amende et une journée de détention dans sa maison. Il se retire dans sa chambre et tous chantent une ode à l’amour. Dans le second acte, Karolina et Anežka sont en train de discuter de Ladislav Pohàjský. Anežka veut qu’il parte et Karolina veut qu’elle l’épouse. Ladislav finit par trouver Anežka seule, lui déclare son amour et la demande en mariage, mais elle refuse. Karolina emmène Ladislav au bal des domestiques et après quelques détours par malentendus et jalousies, Anežka et Ladislav seront enfin unis. Nous apprenons qu’Anežka était déjà amoureuse de Ladislav du vivant de son mari. Tout le monde se réjouit, et une polka énergique clôt allègrement la pièce. Applaudissement plus que mérités pour tous : Bedrich Smetana pour sa musique divertissante et amusante qui n’est jamais gratuite. De profonds sentiments sont juste sous la surface, jamais loin, mais à peine révélés. Amour et regrets filtrent à travers l’ironie du premier acte, comme la lumière du jour filtre à travers les portes-fenêtres (Simon Corder est responsable de la belle lumière).  Dans le deuxième acte, c’est plutôt l’envers, amour et désir sont partout, mais  toujours tempéré par de subtiles nuances d’esprit et d’ironie.  Applaudissements tonnants pour Angers Nantes Opéra, pour avoir rendue cette œuvre merveilleuse  à la vie et au public français. Puisse-t-elle voir maintes et maintes reprises partout et tout le temps  ! Bravos et remerciements aux solistes, chœur et orchestre, et à tous ceux qui ont contribué à une soirée mémorable !

 

Le due vedove - L'opera di Smetana al Teatro di Angers.


Foto: Jef Rabillon - Angers Nantes Opera
 
Suzanne Daumann
 
Bedrich Smetana scrisse quest'opera solo verso la fine dell'Ottocento ma è lecito chiedersi, assistendo a quest'arguta, spiritosa e allo stesso tempo profonda composizione, come sia possibile che la si scopra in Francia, nel 2012, per la prima volta. A maggior ragione per il fatto che il libretto di Emmanuel Züngel è basato sul un lavoro del francese Félicien Mallefille. Che disattenzione! La domanda sarebbe superflua per le femministe, che si baserebbero certamente sulle teorie di un complotto maschile: i personaggi principali di quest'opera sono donne, due vedove, e una di esse è davvero contenta di star da sola e per di più rifiuta di risposarsi. Jo Davies ha ambientato la sua messa in scena negli anni successivi alla Prima Guerra Mondiale. Una bella video installazione in bianco e nero di Andrezej Goulding che scorre con l'ouverture dell'opera, mostra i prodi aviatori e i tragici eventi, e da ciò si capisce che Karolina e Anezka sono vedove di guerra, seppure non si sappia da quanto tempo lo siano rimaste né se si conoscessero da prima della guerra. Si scopre presto come le due donne affrontino la loro situazione. Il primo atto si apre un un bel salone arredato in stile ottocentesco, con una scrivania, un sofà e un lungo tavolo da pranzo, carta da parati con foglie blu, una testa di cervo su una delle tre porte, una scala a chiocciola sulla destra… sarà la scena sulla quale si svolgerà tutta l'opera. Sul sofà si nota una figura distesa, dormiente, coperta da un plaid. Arriva Karolina e si siede al tavolo per far colazione, cantando la sua gioia per la vita da donna libera, per avere la sua ricchezza e la sua servitù, pronta a raggiungerla a una festa campestre che avrà luogo di lì a poco. Lenka Macikova è semplicemente sublime in questo ruolo: la personalità vivace e la sopranile voce argentina formano già lo spirito e l'ironia di Karolina. La figura coperta sul sofà svela essere sua cugina Anežka. Anežka è vestita di nero perché porta ancora il lutto di suo marito, o, anche se non lo portasse, non sembra essere autorizzata ad avere la stessa gioia di Karolina nei confronti della vita. Sophie Angebault, dalla voce di soprano dorata e malinconica, trasmette più l'impressione che la sua afflizione sia piuttosto dovuta alle convenzioni che ai suoi sentimenti personali. Ma non ci si dilunga troppo in simili riflessioni: l'opera di Smetana mostra immediatamente lo strabordante e vitale fascino slavo, con la diabolica energia delle sue polke proveniente dall'Orchestre National des Pays de la Loire diretta da Mark ShanahanEcco che arriva Mumlal, il guardacaccia, per lamentarsi di un inopportuno bracconiere, e devo dire che si è dimostrato immediatamente quasi il mio personaggio preferito. Chiunque ami l'Antonio delle Nozze mozartiane e ne sia anche un po' frustrato perché è solo un personaggio secondario che non può esprimere pienamente le sue visioni della vita, sarà ripagato da Mumlal. Interpretato con un felice abbandono e una piena voce vellutata ma capace di sottigliezze da Ante Jerkunika, il basso del quartetto vocale dei protagonisti (il tenore non tarderà ad apparire…), Mumlal è la personificazione dell'umorismo e dell'ironia che pervadono questa partitura. Karolina invia quindi il guardacaccia ad acciuffare l'intruso, che peraltro arriva lì di seguito molto docilmente.
Infatti il bracconiere altri non è che un vicino, Ladislav Podhàjský, e Karolina capisce subito che il giovane stava vagando per i campi alla ricerca di Anežka, della quale è innamorato, ed essendo il tenore gli viene affidata senz'alcun dubbio il ruolo dell'amante romantico. Aleš Briscein interpreta il personaggio colla sua voce possente e piacevolmente calda, indugiando sullo stretto limite tra sincerità e ironia. Karolina, davanti a tutto questo, vede oltre… e condanna il supposto bracconiere, in qualità di padrona della tenuta, a una contravvenzione e a una prigionia temporanea nella sua casa. Ladislav si ritira nella sua stanza e ognuno dei personaggi canta un'ode all'amore. Il secondo atto si apre con una discussione delle due cugine su Ladislav Podhàjsky. Anežka preferirebbe che lui partisse ma Karoline glielo vorrebbe nientedimeno far sposare. Ladislav alla fine dichiara il suo amore a Anežka, ma lei non lo ascolta. Karolina va quindi alla festa campestre con Ladislav e dopo una serie di fraintendimenti e di gelosie, Ladislav e Anežka si sposeranno felicemente. Nel frattempo si apprende che Anežka ha amato Ladoslav più a lungo di quanto le convenzioni sociali permettessero: essi erano già amanti mentre il marito era ancora vivo! Tutti gioiscono della lieta novella e una vivace polka termina l'opera.  Meritati applausi per tutti: primo di tutti Bedrich Smetana per quest'opera splendida, per la sua musica piacevole e spiritosa che non ha mai avuto un momento statico. I sentimenti profondi sono spesso nascosti sotto la superficie, anche se non troppo, ma di rado si riesce a esprimerli apertamente: questa la lezione dell'opera.  Come la luce filtrava attraverso l'ampia finestra (ottima l'illuminazione di Simon Corder) così l'amore e il desiderio filtravano attraverso l'ironia della musica, specialmente nel finale dell'atto I. Quell'amore e il desiderio accennati nel primo atto si sviluppano e pervadono interamente e prepotentemente il secondo atto, sottilmente temperati dall'arguzia delle invenzioni musicali di Smetana. Un applauso scrosciante ad Angers Nantes Opéra, per aver riportato alla luce e in Francia quest'opera, che dovrebbe assolutamente diventare di repertorio, così come all'intero cast e a tutti quelli che hanno collaborato per l'incantevole serata.
 

 

Thursday, May 10, 2012

La Bohème en la Opera Angers Nantes Francia


Foto: Anges Nantes Opera

Suzanne Daumann

La Bohème la eterna oda de alegría de la vida, la celebración de la vida misma, aun llena los teatros de opera en el mundo. Una de las razones de este éxito debe ser su construcción simétrica, su yin y yan, ya que las cosas se reflejan así mismas como espejos y todo esta entrelazado.  Vida y muerte juegan en medio de la miseria, la juventud y la vejez. Mimi es frágil y sensible, como lo es Rodolfo su poeta; y Musetta, cuyo generoso y afectivo corazón se muestra hasta el final, tiene a Marcello, su pintor.  El alegre grupo de jóvenes triunfa sobre los hombres viejos, aunque la muerte se sienta con ellos a la mesa; y Mimi y Rodolfo se separarán en la primavera, mientras que Musetta y Rodolfo discuten junto a ellos mostrando que su separación será inminente. Todas estas ambiguas situaciones de Giuseppe Giacosa, Luigi Illica y de Giacomo Puccini fueron perfectamente ilustradas en esta producción del 2011 proveniente de la Nationale Reise Opera de Holanda, que fue repuesta tanto en Angers como en Nantes Francia en abril y en mayo del 2012. El moderno y sobrio montaje de Stephen Langridge, con diseños y vestuarios concebidos  por Connor Murphy transfirieron la acción al siglo 20, donde el miserable ático continua siendo lo que es, pero con paredes en color azul cielo y un texto visible sobre los bohemios que es quizás el articulo que escribe Rodolfo o el libro de Murger. Aquí, la estufa fue remplazada por un radiado en la pared y la puerta de entrada se encontraba ladeada. 
En el Momus, también en color azul cielo, los del coro vestían chaquetas de cocineros, y los bailarines que acompañan a Musetta se encontraban subidos en una enorme pila de regalos de navidad.  Clara y sobria, en esta escena las cosas son más entendibles que en otras producciones. Aun sobrio, para mas sombrío fue la tercera escena en la parte trasera de un club nocturno donde de un enorme agujero en la pared caían bolsas de basura.  La gente que pasaba por ahí, lógicamente eran basureros y empleados de restaurantes.  En la última escena encontramos a Marcello y a Rodolfo nuevamente en el ático,  solo que vistos desde arriba, uno acostado en un diván y el otro en el suelo, y es en esta postura con ilusión óptica cantaron su dueto. Cuando se bajaban de la pared entraban sus amigos. El resto de la escena se realizó en un casi vacío escenario, con algunos elementos de utilería que fueron descolgados de la pared; como la cama para Mimi y el abrigo de Colline.  Paul Keogan iluminó perfectamente la acción e hizo resaltar detalles por aquí y por allá, sin ser nunca redundante en su aportación.  Un sobresaliente elenco, habitaba este mundo, en el que cada uno ocupó su lugar y estuvo a gusto en el canto y la actuación. La Mimi de Grazia Doronzio fue fuerte en su fragilidad, y sus pianisimos fueron intensamente conmovedores.  Cuando describió como renacía con los primero rayos, el público lo hizo con ella, y en su muerte el público estuvo tan abrumado como Rodolfo, que en esta ocasión fue personificado con ternura y convicción por Scott Piper, quien con claro y calido timbre dio vida a una mezcla de júbilo y desesperación, particularmente en su conmovedor final.  
Julie Fuchs fue Musetta una mujer sin compromiso, que sabia lo que valía y lo que quería. Que no tuvo miedo a ser una chica a go-go, o de vender sus pertenencias para una amiga enferma. Con su rica y redonda voz vivió el personaje y todos sus matices.  Con colorida y buena voz de barítono, Armando Noguera, interpretó un adorable Marcello de fingida ligereza y verdadera sensibilidad. Finalmente, Colline, interpretado por Gordon Bintner y Schaunard, por Igor Gnidii, pensativos y juguetones por momentos, completaron muy bien el elenco. La Orchestre National des Pays de la Loire, dirigida por Mark Shanahan, guió a este ensamble con densa y discreta intensidad, con piainisimos sostenidos y llenos de suspenso (el pequeño dialogo entre Mimi y Marcello Musetta e tanto buona” – “lo so” se convirtió por si mismo en una novela completa) con fuerza y fuga en todas las partes de tutti.  Cabe señalar el silencio del público hasta el final de la última nota, antes de los meritorios aplausos y bravos. Fue una hermosa producción que dejó al público con música en las mentes, meditando sobre la vida y la muerte, que al final es una misma. 

La Bohème at Angers Nantes Opéra

Photo: Angers Nantes Opera


Suzanne Daumann


La Bohème, the eternal ode to joy of life, celebration of life itself, La Bohème still fills opera houses all over the world: one of the reasons for this success must be its lovely symmetrical construction, or should I rather say in yin and yang: things are mirroring themselves, everything is entwined. Life, death, play in the midst of misery, youth and old age: Mimi, who is fragile and sensitive, just like Rodolfo, her poet – and Musetta, who is life itself, and whose generous and sensitive heart will be revealed only in the final, just like Marcello, her painter. The merry gang of youngsters, who triumph over the two old men, and yet death sits already at their table. Mimi and Rodolfo, who are putting up their separation until Springtime, Musetta and Marcello quarrelling next to them, separation being imminent. All those ambiguous situations by Giuseppe Giacosa and Luigi Illica and Giacomo Puccini are perfectly illustrated in this production by Netherland’s Nationale Reisoper from 2011, taken up here in Angers and Nantes in April and May 2012.Stephen Langridge’s modern and sober staging, with the stage design and costumes Connor Murphy, transfer the action into the 20th century. 
The miserable attic room is still a miserable attic room, its walls are papered in sky-blue, a text being visible on them about the bohemians: the article Rodolfo is writing?  Murger’s book? The romantic stove has made room for a wall radiator, and the entrance door is awry. At Momus’, still in sky blue and white, the choir, dressed in white cooks’ jackets, and the dancers who accompany Musetta stand on an enormous heap of Christmas parcels. Clear and sober, this scene is more understandable than in other productions. Still sober, but more sombre, the setting of the third picture is the backyard of a night-club, where a giant hole in the wall spills a heap of garbage bags. The early morning people logically are garbage men and restaurant delivery persons. The last picture finds us again in Marcello and Rodolfo’s attic, but we see it from up high: Rodolfo is lying on a couch, Marcello on the floor. It’s in this posture of optical illusion that they sing their duet. Then they get down from the wall, as their friends arrive. The rest of the scene will be played on the almost bare stage, with a few props taken down from the wall: the bedding for Mimi and Colline’s old coat.
Paul Keogan’s lighting illuminates the action perfectly, highlighting a detail here and there, without ever being redundant in its contributions. An excellent cast lives in this world: everybody is at their place here, and perfectly at ease in their singing and playing. Grazia Doronzio’s Mimi is strong in the fragility and her pianissimos are movingly intense. When she describes how she revives in the first rays of sunshine, we revive with her, and at her death, we are just as overwhelmed as Rodolfo, incarnated here with tenderness and conviction by Scott Piper. His clear and warm timbre gives life to this mixture of merriment and despair, particularly moving in the final. Julie Fuchs is Musetta and she is a woman without compromise, who knows what she is worth and what she wants. She is neither afraid of playing a go-go-girl, nor of selling her earrings for a sick friend. With her rich and round soprano, Julie Fuchs inhabits this character and all her nuances. Armando Noguera, baritone warm and well nuanced, plays an adorable Marcello, all of fake flippancy and true sensitivity. Last, but not least, the friends: Colline, played by Gordon Bintner and Schaunard, Igor Gnidii, thoughtful and playful in turn, are the ideal completion of this cast. The Orchestre National des Pays de la Loire, conducted by Mark Shanahan, carry this ensemble with intensity dense and discreet, with sustained pianissimos full of suspense (the very small dialogue between Mimi and Marcello “Musetta e tanto buona” – “lo so” becomes thus a whole novel in its own right) and force and fugue in the tutti parts. Let us also remark upon a public who know to be silent until the last note has died down, before the well-merited applause and bravos.  A very lovely production therefore, which we leave with music sounding in our heads, meditating quietly about life and death which are, after all, one. 

Monday, May 7, 2012

La Bohème à Angers Nantes Opéra


Foto: Stephen Landgridge

Suzanne Daumann

La Bohème, cet éternel hymne à la joie de vivre, célébration de la vie même, La Bohème remplit toujours les salles partout dans le monde : une des raisons de ce succès est sans doute sa belle construction symétrique, ou peut-être plutôt en yin et yang : tout se fait miroir, tout s’entrelace. La vie, la mort, les jeux dans la misère, la jeunesse et la décrépitude :  Mimi, la fragile, la sensibilité à fleur de peau, tout comme Rodolfo, son poète – et  Musetta, la vivace, qui croque la vie à pleines dents, et dont le grand cœur sincère ne devient visible qu’au final, tout comme Marcello, son peintre. La joyeuse bande qui roule deux vieux dans la farine, alors que la mort s’est déjà invitée à table avec eux. Mimi et Rodolfo qui remettent leur séparation au printemps, alors que Marcello et Musetta sont en pleine rupture. Toutes ces situations à double tranchant de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica, et de Giacomo Puccini, sont parfaitement illustrées dans cette production de la Nationale Reisopera des Pays-Bas, qui date de 2011, reprise ici à Angers et Nantes en avril et mai 2012. La mise en scène moderne et sobre de Stephen Langridge avec les décors et costumes de Connor Murphy  transfère l’action au XXe siècle. La misérable mansarde est toujours une misérable mansarde, les murs tapissés d’un papier peint bleu ciel, sur lequel on peut lire, en blanc, une ébauche de texte sur la bohème : l’article qu’est en train d’écrire Rodolfo ? Le livre de Murger ? Le poêle romantique a fait place à un radiateur mural blanc et froid et la porte d’entrée est tout de travers.

Chez Momus, toujours en bleu clair et blanc, un énorme tas de boîtes de cadeau sert d’estrade pour les chœurs, tous en blouse blanche de cuisinier, et les danseuses qui accompagnent Musetta, comme autant de chorus-girls. Clarté et sobriété rendent cette scène bien plus lisible que dans d’autres productions. Toujours sobre, mais bien plus sombre, le décor du troisième tableau, la cour arrière d’un night-club, où un trou énorme dans le mur crache un tas de sacs de poubelle. La faune du petit matin consiste logiquement en éboueurs et livreurs du restaurant.  Le dernier tableau retrouve la mansarde de Marcello et Rodolfo, mais cette fois-ci, nous la voyons d’en haut : Rodolfo est allongé sur un canapé, Marcello par terre. C’est ainsi, dans cette illusion d’optique, qu’ils chantent leur duo pour quitter ce décor collé au mur lors de l’arrivée des amis. Le reste de l’action se déroule sur une scène quasi nue, avec quelques éléments dérobés au décor au moment voulu : le lit pour Mimi, le manteau de Colline…Les lumières de Paul Keogan illustrent parfaitement l’action, illuminent ci et là un détail, sans jamais tomber dans la redondance.Une excellente distribution habite ce monde : chacun est ici à sa place, et parfaitement à l’aise dans son rôle, dans son chant et son jeu. La Mimi de Grazia Doronzio a la force de la fragilité, au pianissimo intense.  Petite et menue, elle incarne parfaitement la petite brodeuse au destin tragique. Lorsqu’elle décrit, dans son premier air, comment elle revit au premier soleil, nous revivons avec elle, et à sa mort, nous sommes aussi abasourdis que Rodolfo, incarné avec conviction par Scott Piper. Son ténor au timbre clair et chaleureux rend parfaitement ce mélange de gaieté, tendresse et désespoir, particulièrement émouvant dans le final.
La Musetta de Julie Fuchs est une femme sans compromis, qui sait ce qu’elle vaut et ce qu’elle veut. Elle n’a pas peur de jouer les go go girls ni de vendre ses bijoux pour une amie malade. Avec son soprano clair, riche et rond, Julie Fuchs fait vivre cette femme avec toutes ses nuances. Armando Noguera, au baryton chaud et nuancé, campe un adorable Marcello, à la fausse désinvolture et la vraie sensibilité. Les compères enfin : Colline, incarné par Gordon Bintner, et Schaunard, Igor Gnidii, tour à tour pensifs et joueurs, complètent à merveille cette distribution. L’Orchestre National des Pays de la Loire, dirigé par Mark Shanahan, porte cette troupe avec une intensité dense et discrète, aux pianissimi soutenus pleins de suspense (le tout petit dialogue entre Mimi et Marcello « Musetta e tanto buona » - « lo so » devient ainsi un roman à part entière), et avec fougue et force dans les tutti.  Notons aussi un public qui sait se retenir jusqu’à ce que la dernière note ait disparu pour les applaudissements et les bravos bien mérités. Une très belle production donc, d’où l’on sort, la tête résonnante des mélodies entendues, pour méditer un peu sur la vie et la mort qui, enfin, ne sont qu’un.