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Monday, March 19, 2018

Kitsch, clichés et complaisance: Miseria e Nobiltà de Marco Tutino en Première Mondiale au Teatro Carlo Felice de Gênes,


Foto: Teatro Carlo Felice

Suzanne Daumann

Il est toujours intéressant d’assister à une première mondiale. L’opéra mis au monde ce soir, cependant, est une oeuvre un peu bâtarde. Basée sur une farce napolitaine de 1880, qui a servi de base à au moins deux films, elle n’est pas vraiment contemporaine, d’autant que le compositeur Marco Tutino est bien connu pour sa musique dite néo-romantique, qui utilise le langage tonal des courants romantiques du passé. Les librettistes Luca Rossi et Fabio Ceresa ont transféré l’action en 1946, plus précisément le 3 juin, où a eu lieu en Italie un referendum pour déterminer si l’Italie après la Deuxième Guerre mondiale serait une monarchie ou une république. Ce n’est pas pour autant que nous assistons à une satire politique ou une oeuvre de quelque profondeur. Nous assistons au déroulement d’un spectacle plutôt inutile. Les textes sont d’une banalité que l’on croyait prohibé depuis justement le sentimentalisme des Nazis; la musique puise allègrement dans le répertoire de la fin du 19ème et le début du 20ème siècle, exploitant chaque citation jusqu’à l’épuisement, avec une préférence pour le style de Puccini. Contrairement à ce qu’ont fait des auteurs tels Stravinsky ou Shostakovich, qui utilisent la musique du passé comme base de réflexion et créent ainsi quelque chose de nouveau, Tutino reste dans la banalité de la citation des lieux communs musicaux. Tout cela est plutôt lourd; on pourrait aussi longuement spéculer sur les concepts de misère et noblesse, en effet, on voit beaucoup de misère artistique ici, et très peu de noblesse… L’histoire raconte les amours d’un jeune couple qui voudrait se marier. Gemma est danseuse, et son fiancé Eugenio le fils d’un prince plutôt libertin qui poursuit lui-mȇme Gemma de ses avances. Le père de Gemma, Don Gaëtano, voudrait rencontrer le prince et l’attend pour dîner. Celui-ci, en revanche, n’accepterait jamais le mariage entre son fils et une danseuse. Le jeune couple convainc alors l’ancien maître d’école d’Eugenio, Felice Sciosciammocca, de prendre la place du prince lors du dîner. Felice est au chômage et élève seul son fils, lui faisant croire que sa mère est partie en Amérique chercher du travail. En réalité, celle-ci a cédé aux avances du prince une seule fois, pour le convaincre de faire en sorte que son mari retrouve son travail. Maintenant, elle est la cuisinière de Don Gaëtano. Elle rencontre son fils sur la place et le ramène sur son lieu de travail. Quand le vrai prince et le faux prince se rencontrent dans la maison de Don Gaëtano, tous les fils se dénouent et renouent, la vérité rejaillit aussi sur elle et ses motivations, et la famille se trouve réunie. L’acte I se déroule dans un quartier populaire de Naples, on voit les gens dans leurs maisons, travailler sur des chantiers, les enfants jouer… Les dégâts de la guerre sont encore visibles, le peuple vit dans la misère et la faim. Le choeur chante une énumération des spécialités culinaires désormais inaccessibles. Un couple berce son bébé, un autre couple arrive, très bien habillé, et, sur une musique dégoulinante de sentimentalité, emporte l’enfant. Maintenant, nous savons que les auteurs de ce spectacle reculent devant aucun cliché… Pour l’acte II, nous sommes dans la maison de Don Gaëtano, où on voit simultanément la cuisine et la salle à manger. Comme au premier acte, cette scénographie de maison de poupée a un certain charme, bien qu’elle soit aussi conventionnelle et complaisante que le spectacle tout entier. L’oeuvre était annoncée comme un opéra bouffe, cependant, l’élément sentimental l’emporte largement sur l’élément comique. Les deux gags sauvegardés du texte original sont basés sur le mȇme ressort et ne font rire que moyennement. Pour qu’une comédie fonctionne, il faut une dramaturgie  vivace, un tempo rapide. Rien de tout cela ici, chaque scène dure son temps voire plus… La distribution a du mal à se faire entendre, face à l’enthousiasme du chef d’orchestre Francesco Cilluffo. Les jeunes amants, la mezzo-soprano Martina Belli (Gemma) et le ténor Fabrizio Paesano (Eugenio), sont un peu surmenés dans les passages forte. Valentina Mastrangelo a une voix de soprano claire et cristalline, cependant, dans les passages forte, elle est souvent un peu stridente. Les barytons s’en sortent mieux, Alessandro Luongo dans le rôle de Felice Sciosciammocca est assez crédible. Alfonso Antoniozzi, basse comique expérimentée, vole la scène grâce à sa voix et sa présence scénique. Dommage que Don Gaëtano ne soit pas un personnage plus présent. La basse Andrea Concetti joue le prince Ottavio de Casador, le père de Gemma, avec finesse et abandon. Le ténor Fabio Pamio est crédible et mȇme un peu drôle dans le rôle du serviteur ivre. La mezzo-soprano Francesca Sartorato enfin joue Pepiniello, le fils de Felice, et ânonne ses répliques bien comme il faut. Une soirée, en somme, qui prouve une fois de plus que l’opéra en tant que forme d’art est morte et que les tentatives de résurrection de ce genre reviennent à maquiller un cadavre pour le faire danser comme une marionnette.



Miseria e Nobilta - Teatro Carlo Felice di Genova


Foto: Teatro Carlo Felice Genova

Renzo Bellardone

Credo sia meritevole riscoprire i classici della nostra storia artistica e letteraria  e riuscire a rielaborarli in altra forma d’arte diversa dalla precedente, prolungandone la vita;  questo   percorso  tutela e salvaguardia il nostro patrimonio culturale che viene portato alla fruizione anche dalle nuove generazioni. Ispiratosi alla vicenda scritta da Edoardo Scarpetta, Marco Tutino scrive la partitura per questa nuova opera  in prima mondiale ed in allestimento con Genova e Salerno. La curiosità è forte soprattutto dopo il successo de ‘La Ciociara’ sempre di Tutino: le attese non vanno deluse neppure al Carlo Felice, già al primo ascolto della gradevole composizione che utilizza anche il valzer ed alcune dotte citazioni da arie operistiche e canzoni napoletane. Fin dalle prime battute si entra in sintonia con la musica dolce e vigorosa al tempo stesso, affidata all’appassionata direzione del  giovane direttore Francesco Ciluffo che  imprime forza descrittiva  e poesia. Gli elementi scenici riconducono al verismo cinematografico e la vicenda si svolge in una Napoli dell’immediato dopoguerra, nei giorni del referendum per scegliere tra monarchia e repubblica! I mestieri di muratore, barbiere, lavandaia e stiratrice vengono ovviamente tutti svolti in strada a far da naturale fondale scenico alla miseria che ha segnato quegli anni. Gli spaghetti fumanti sono attesi dal pubblico come la marcia trionfale nell’Aida e gli spaghetti arrivano, fumanti e tanti, pronti a sfamare, almeno per un giorno, i diseredati per cause politiche o sociali. Nel momento della ‘spaghettata’ la musica si fa ampia e porta alla naturale commozione.  Il secondo atto si svolge invece nell’abitazione di Don Gaetano e tra sostituzioni di persona e ritrovamenti di madre e figlio si giunge al lieto fine che conclude l’opera. La regia di Rosetta Cucchi è attenta ai particolari e fa muovere i personaggi con grande realismo. Le scene di Tiziano Santi rimandano alla classicità, escludendo ovvietà ed i costumi di Gianluca Falaschi anche in questo caso sono studiati in ogni dettaglio e calibrati ai ruoli. Apprezzato anche il coro diretto da Franco Sebastiani. Venendo al cast, si può a buon diritto dichiarare che è di buon livello. Nei panni di Felice Sciosciammocca troviamo Alessandro Luongo con buona presenza scenica e voce arrotondata dai colori ambrati.  Valentina Mastrangelo nei panni di Bettina trae voce squillante ed armoniosa, così come Martina Belli  che nel ruolo di Gemma sfodera agilità e facilità negli acuti. Peppiniello è affidato al mezzo-soprano Francesca Sartorato  che si esprime con vivacità e bel colore. Fabrizio Paesano interpreta il ruolo di Eugenio con scioltezza e buona intonazione e Nicola Pamio da vita prima al contadino e poi al cameriere con grande sicurezza. Andrea Concetti non delude mai con i bei colori scuri e profondi ed anche in Ottavio dispiega padronanza del palcoscenico, come pure Alfonso Antoniozzi  baritono buffo, riesce perfetto in Don Gaetano che impreziosisce con eccellente interpretazione sotto ogni punto di vista. La musica vince sempre.