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Wednesday, July 19, 2017

La Pasión según San Mateo en Dallas

Foto: Tracy Martin

Ramón Jacques 

El director holandés Jaap Van Zweden dejará después de diez años la dirección musical de la Sinfónica de Dallas para asumir el mismo cargo con la Filarmónica de Nueva York, y para su temporada de despedida, conformó una cartelera muy interesante donde no olvidó su afinidad por la música vocal, coral y la ópera. Se puede mencionar, por ejemplo, la ejecución en concierto de Die Walküre de Wagner y sobre todo esta memorable versión de la Pasión según San Mateo BWV 244 (o Matthäus-Passion) de Bach, una obra muy completa y satisfactoria desde cualquier punto de vista musical, pero poco representada por las complejidades que requiere para su ejecución: doble coro, doble orquesta y buenos solistas. Poco importaría entrar en la comparación si una orquesta de instrumentos antiguos es mejor para tocar esta pieza o una orquesta clásica que interpreta otros repertorios. Basta decir que la Sinfónica de Dallas, dividida en dos ensambles en cada lado del escenario, por el profesionalismo y capacidad interpretativa de sus músicos, reforzada con instrumentos como laúd, viola de gamba, órgano; interpretaron la partitura como es, con su fuerza, de la cual se desprenden algunos de los más brillantes y lucidos momentos musicales, que hacen que el público no deje de apreciarla, sentirme envuelto y conmoverse por lo que esta música ofrece. Esta orquesta es una de las más importantes en Norteamérica y su profesionalismo quedó manifiesto, y francamente, de no ser por orquestas como esta, muchos se privarían de conocer y escuchar este tipo de obras maestras.  En el podio, Jaap Van Sweden dirigió con autoridad y versatilidad, atención al detalle y a la dinámica, buscando el refinamiento en la emisión de los instrumentos, y resaltar los puntos más finos y ricos, pero sobre todo la sutileza y la unidad de las fuerzas musicales. No se puede dejar de mencionar el transcendental aporte que tuvo el Coro de la Sinfónica de Dallas, y el coro de niños de Dallas. El elenco de solistas contó con algunos nombres conocidos como el del barítono Matthias Goerne que interpretó el papel de Jesús con voz potente y oscura, algo destemplada por momentos. Philippe Sly prestó su profunda voz de bajo-barítono al papel de Pilatos, encauzada con claridad y naturalidad. El tenor Werner Güra, cantó con sentimiento y expresividad transmitiendo cierta bondad y melosidad. Por su parte, la soprano Valentina Farcas estuvo sobresaliente en su canto de grata y brillante tonalidad, capaz de transmitir sentimientos. La mezzosoprano holandesa Christianne Stotijn tuvo un desempeño destacado, su voz es amplia y de una coloración oscura satinada. La parte del Evangelista le fue confiado al tenor James Gilchrist, que lo hizo de manera correcta. 

Monday, September 28, 2015

« Lieder und Bagatellen » - Werner Güra and Christoph Berner and a singing ringing Beethoven

Suzanne Daumann

As the entire musical world is looking in the direction of Puccini and the new CD of a Munich tenor, another tenor hailing from the same city has quietly released a little gem dedicated to Beethoven. With its intelligent construction that underlines the different periods of the composer’s work, and leaving its fair share also to the solo piano, this CD is a real entity of its own. It begins and ends with two different versions of the same text “An die Hoffnung” by Christoph August Tiedge, the first one is from 1804 or 1805, the second one from 1815. Around “An die ferne Geliebte”, and “Adelaide”, these mainstays of Beethoven’s lied production, the artists present a dramaturgical approach that goes from youthful optimism through all kinds of emotions of love through the joys of melancholy and resignation to hope without hope, a little light in the night of despair. Werner Güra, with his warm and sweet voice, and its timbre that sounds so natural that it’s easy to forget his perfect mastership of technique, as usual enters into the very core of every lied, making it his own. Thus, we hear every piece as if it were for the first time. Be it “An die Hoffnung”, op 32, or “Lied aus der Ferne”, full of youthful optimism, the jubilating “Adelaide” and the tender “Zärtliche Liebe” – that has all the hallmarks of an earworm – or “Der Kuss”, which is a bit on the light or even ironic side, each lied is an event in its own right. In between, Christoph Berner plays the Bagatelles op. 126, in a different order, thus underlining certain songs, n° 1 becoming a postlude to “Zärtliche Liebe” and introduces at the same time “An die ferne Geliebte.” The two artists have chosen the instrument for their composer with their usual care. Christoph Berner plays a pianoforte from 1847 whose sound goes wonderfully with the works. Played with sobriety and joy, the Bagatelles give an extra dimension to this recording. It’s a perfect circle: the last ”Oh Hoffnung… “, incredibly touching and calling to mind another lied about hope by Hugo Wolf, but also an episode in Thomas Mann’s “Dr Faustus”, entices back to the first composition of the same text, and, since we are here, the whole CD. And there’s no getting tired of it.  

« Lieder und Bagatellen » - Werner Güra et Christoph Berner font briller Beethoven

Suzanne Daumann

Alors que le monde musical lorgne du côté de Puccini, et du nouveau CD d’un munichois, un autre fils de cette même bonne ville, le ténor Werner Güra, a tranquillement sorti un petit bijou dédié à Beethoven. Intelligemment construit, mettant en relief les différentes époques de l’œuvre du compositeur, et laissant la parole aussi au piano solo, ce CD forme une vraie entité. Cela commence et finit par deux versions d’un même texte, « An die Hoffnung » par Christoph August Tiedge, dont la première date de 1804 ou 1805, et la seconde de 1815.  Passant  par les incontournables du lied beethovenien, « An die ferne Geliebte » et « Adelaide », ainsi que quelques bijoux moins connus, les artistes présentent une dramaturgie qui va de l’espoir juvénile et optimiste par tous les sentiments amoureux et les joies de la mélancolie et la résignation jusqu’à l’espoir malgré soi, comme une petite lumière dans la nuit du désespoir. Werner Güra, avec sa voix chaleureuse et dorée, au timbre tellement naturel qu’on en oublie presque sa parfaite maîtrise de la technique, fait comme toujours sien chaque texte et sa composition. Ainsi nous entendons chaque lied comme pour la première fois. Que ce soit « An die Hoffnung », op 32, ou « Lied aus der Ferne » avec leur optimisme juvénile, le jubilant « Adelaide » et le très tendre « Zärtliche Liebe » - un vrai tube, celui-ci – ou encore « Der Kuss », un peu plus léger voire ironique, chaque morceau est un événement à lui seul. Entre les lieder, Christoph Berner interprète les Bagatelles op. 126, dans le désordre, dans un nouvel ordre en fait, qui lui permet de souligner certains lieder, le n° 1 devient ainsi un postlude à « Zärtliche Liebe » et introduit en même temps « An die ferne Geliebte ». Avec leur soin habituel, les deux artistes ont choisi l’instrument qui convient à leur compositeur : Christoph Berner joue sur un forte-piano de 1847 dont le son correspond à merveille. Jouées avec sobriété, les Bagatelles donnent une dimension supplémentaire à cet enregistrement. Une affaire rondement menée : le dernier « Oh Hoffnung… », infiniment touchant, rappelant de loin un autre lied sur le thème de l’espoir par Hugo Wolf, mais aussi un épisode chez Thomas Mann, donne envie de réentendre la première composition du même texte, et, tant qu’à faire, le CD entier. Si bien qu’on ne s’en lasse pas.  

Thursday, June 18, 2015

„Mon but principal est de servir l’auteur et le compositeur. » - Un entretien avec le ténor Werner Güra

Suzanne Daumann

Avant de chanter « Winterreise », Werner Güra m’a accordé une demi-heure pour un entretien. Il m’accueille dans le foyer de son hôtel parisien. Nous allons juste nous installer pour l’interview qu’une voix d’homme appelle M Güra : Johannes Weisser traverse le foyer à grands pas. Les deux hommes s’embrassent et Johannes Weisser de nous raconter la tournée qu’il vient de faire avec la troupe de Don Giovanni et René Jacobs. C’est la Biennale d’Art Vocal à la Philharmonie de Paris, et l’hôtel est plein de musiciens. Voilà une entrée en matière :

SD : Monsieur Güra, allez-vous avoir le temps de voir certains de vos collègues ? Tout le monde est ici en ce moment…

WG : Non. En fait, je ne savais rien sur le contexte de ce concert.

SD : Vous abordez vos concerts un peu avec des œillères ?

WG : Non, ce n’est pas cela. L’organisateur a demandé Winterreise, j’étais libre, j’avais envie de la chanter, voilà tout. Ce n’est pas des œillères, c’est juste que le centre de mon attention dans ces moments-là, c’est le concert.

SD : Justement, comment vous sentez-vous en ce moment ? Un peu de trac ? Ou est-ce que cela viendra plus tard ou pas du tout ?

WG : Vous savez, au fil des ans, j’ai appris comment me préparer pour un concert. Je fais surtout attention à ma voix, un peu d’échauffement. Pour un concert comme celui-ci, c’est Christoph (Berner, le pianiste), qui a le plus de travail. Il doit prendre la mesure d’un nouvel instrument à chaque fois.

SD : Un peu comme quand on change de voiture ? En principe c’est la même chose, mais tout est un peu différent ?

WG : Exactement, c’est tout à fait cela. Donc, un peu de répétitions, puis je sais que je dois faire attention à me garder mon espace pour moi. C’est cela qui est le plus important.

SD : Est-ce que cela fait une différence de chanter « Winterreise » en plein été, comme maintenant ?

WG : Pas du tout. Nous avons répété à Zurich avant-hier, il faisait une chaleur torride, et c’était à la rigueur rafraîchissant, (rires), mais, non, cela ne fait aucune différence.

SD : Quel genre de musique écoutez-vous à la maison ?
W
G : Aucun, je n’écoute pas du tout de musique chez moi.

SD (incrédule) : Pas de musique du tout ? Silence total ?

WG : Silence total, non. Parfois, si j’ai du monde, je vais mettre un peu de musique pour l’ambiance. Mais autrement, non. C’est un peu comme beaucoup de musiciens professionnels qui écoutent quelque chose de tout à fait différent chez eux.. Le silence total, c’est quelque chose qui n’existe pratiquement plus de nos jours, non ? Pour cela il faudrait aller vraiment loin de tout pour vivre le vrai silence. Une certaine pression, et puis on entend un seul son, et tout change. Je veux dire, j’écoute de la musique plusieurs heures par jour au conservatoire, alors je n’ai pas besoin de rentrer chez moi pour en entendre encore.

SD : Le silence est un critère du coup pour le choix du lieu des vacances ?

WG : Oui… oui en fait.  À la fin du mois, nous allons en Italie pour deux semaines ; nous avons loué une petite maison à dix kilomètre de la mer, et c’est un endroit vraiment calme en effet.

SD : Quel est le rôle du public dans votre travail ?

WG : C’est différent pour chacun. Il y a des gens qui ont besoin d’un public pour donner le meilleur d’eux-mêmes, d’autres moins. Personnellement, je suis plutôt quelqu’un qui n’aime pas spécialement chanter devant un public. Ou disons que je n’en ai pas besoin. Disons que, le compositeur, le poète et le compositeur, surtout quand il s’agit de Schubert, ce sont des artistes qui sont à un niveau tellement au-dessus de nous tous – de rapprocher le public de leur travail, c’est cela, le challenge pour moi. C’est plus cela qui m’importe, pas tellement d’impressionner les gens. Le récital, c’est un format tellement minimaliste, un piano, un chanteur, on n’a pas tellement d’effets spéciaux à disposition dans ce cadre. Un peu de jeu de scène, oui, mais c’est assez réduit. Donc, si la musique passe bien, c’est là le lien pour que l’auditeur saisisse vraiment la puissance. Un beau son, ce n’est pas un but en soi, c’est le moyen de faire passer le message, de faire passer le poète, le compositeur.

SD : Vous êtes aussi enseignant – trouvez-vous que la jeune génération est plus superficielle ?

WG : Non, les étudiants ne le sont pas du tout. Par contre, nous avons affaire aujourd’hui à un monde où l’effet visuel est primordial partout. On voit cela vraiment partout, que la priorité n’est plus donnée à la qualité du chant mais à des critères purement superficiels. La superficialité est en train de devenir général, et puis il y a cette folie de la minceur. N’importe quoi, vraiment.

SD : Vous dites à vos étudiants de s’y préparer ?

WG : Je n’en ai pas besoin, dans ma classe, il n’y a que des belles femmes. (Rires)  Au conservatoire, il est arrivé une fois que nous étions obligés de dire à quelqu’un ‘tu dois perdre du poids, sinon tu n’as aucune chance’. 

SD : En dehors du chant, pratiquez-vous une activité créative, peinture, écriture… ?

WG : Non, je n’ai pas le temps pour une telle activité. Pour me ressourcer, je vais dans la nature, autour de Zurich il y a la montagne, en hiver je fais du ski, puis vous avez toutes les merveilleuses piscines… Ce n’est pas que cela ne m’intéresse pas. Plus tard, quand ce sera fini avec le chant, il se pourrait que je me mette à la peinture.

SD : Que lisez-vous en ce moment ?

WG : (Rires) Franchement, je ne saurais pas vous le dire ! Avant-hier, avant de partir, j’ai pris un livre au hasard dans l’étagère, pour le train, mais au final, je ne l’ai pas ouvert, et je ne saurai même pas vous dire ce que c’est.

SD : Et est-ce que vous suivez les actualités ?

WG : Bien sûr, je me tiens au courant dans les grandes lignes. En revanche, je trouve qu’il y a un trop-plein d’informations aujourd’hui, on est soumis à un déluge d’informations qui ne servent à personne. Que je sache ce qui s’est passé à des milliers de kilomètres, cela ne profite pas aux personnes concernées ni à moi. J’essaie de me protéger de ce genre de réactions inutiles.

SD : Dernière question. Est-ce qu’il y a un nouveau CD qui attend sa sortie chez Harmonia Mundi ?

WG : Oui ! C’est enregistré, mixé et monté et doit sortir à l’automne. Il s’agit d’un CD Beethoven.

SD : Beethoven ?

WG : Oui, Beethoven ! Ce sont des lieder et Christoph joue aussi du piano solo, des bagatelles.

SD : Comme sur le CD de Mozart alors ?

WG : Exactement, comme le CD Mozart.

SD : Merveilleux, de quoi attendre l’automne. Merci pour l’entretien !

WG : Merci à vous. J’espère que le récital vous plaira. 

Monday, June 15, 2015

Fifty Shades of Winter: Werner Güra sings Schubert at the Philharmonie de Paris

Suzanne Daumann

For the lieder week-end during its Biennale of Vocal Arts in June 2015, the Philharmonie de Paris has invited the best interpreters of our time, among them the tenor Werner Güra, an exemplary Schubert singer. With Christoph Berner at the piano, as usual, he sings today this emblematic work, « Winterreise », the Winter Journey. Composed over a collection of poems by Wilhelm Müller, this song cycle stages this character so dear to Schubert, the Wanderer. A young man has been rejected by his lover, and now leaves the town to wander the winter country, bitter, angry, regretful, nostalgic... Müller had found captivating images for the whole range of human emotions, and Schubert has congenially translated them into music. Tender memories, wild despair, exhaustion, courage, they all keep following each other and clashing together in this cycle. Almost every lied has one or several brusque changes of emotions. Werner Güra gives as much importance to the words as to the notes he sings. Thus, he takes us on a real inner journey. His warm voice, with its baritonal depths, has acquired over time a less silvery, more amber timbre. With total command, he abandons himself effortlessly to Schubert’s winter world.  Like a storyteller, he describes the world, interpreting at the same time the characters that live in it. Christoph Berner and Werner Güra are well used to each other, they seem to understand each other telepathically. The pianist supports and underlines sometimes discreetly, evoking the sound of hooves of post horses, or the flutter of a crow’s wings. From the very beginning, this goodbye full of regret, tenderness and sarcasm, followed by anger in the second lied, until the final encounter with the strange hurdy-gurdy-man, Werner Güra grips his public. He whispers and thunders, he sketches landscapes and conjures up every shade of human emotion. Pianissimo, fortissimo, the notes follow each other, with the perfection of a soap bubble chain, each one fugitive thing of beauty, and each lied in its turn is an entity of its own. The two musicians are not afraid neither of silence nor of slow tempi. “Der Lindenbaum” comes with almost stationary slowness, and sometimes they allow moments of silence to enhance the power of the notes we just heard, or of those to come. Well might we know the work by heart, we wonder nevertheless how it will all end. It ends with a enigmatic character, a hurdy-gurdy-man on a frozen lake, whom the protagonist offers to accompany from now on, and with a little tear. It ends with a moment of meditative silence before the applause. Thunderous applause that finally buys an encore: the artists interpret once more “Frühlingstraum”, this bittersweet thing, where a tender dream contrasts with a harsh reality. We emerge into the Paris sunshine, a bit astonished, after this experience, to see the world go quietly about its business.



50 Nuances d’Hiver : Werner Güra chante Schubert à la Philharmonie de Paris

Werner Gura
Suzanne Daumann

Pour le week-end Lieder dans le cadre de sa Biennale d’Art Vocal, la Philharmonie de Paris a invité les meilleurs interprètes de notre temps, dont le ténor Werner Güra, interprète de Schubert par excellence. Accompagné par Christoph Berner au piano, comme d’habitude, il chante ce soir cette œuvre emblématique, « Winterreise », le Voyage d’Hiver. Composé sur un recueil de poèmes de Wilhelm Müller, ce cycle met en scène le personnage si cher à Schubert, le Wanderer, l’Errant. Un jeune homme a été refusé par sa bien-aimée, et plein d’amertume et de colère, il quitte la ville et s’en va par la campagne hivernale. Müller avait trouvé pour toute la palette des émotions humaines des images frappantes, et Schubert les a mis en musique de façon congéniale. Tendres souvenirs, désespoir sauvage, fatigue, courage, cela s’enchaîne et s’entrechoque dans ce cycle. Presque chaque lied est sujet à un ou plusieurs brusques changements d’ambiance. Werner Güra accorde autant d’importance aux mots qu’aux notes qu’il chante. Ainsi, il nous emmène à un véritable voyage intérieur. Sa voix chaude, aux inflexions barytonales, a acquis au fil des ans un timbre moins argenté, plus ambré. En maître absolu, il s’abandonne avec aisance au monde hivernal de Schubert. Tel un conteur, il décrit le monde tout en interprétant les personnages qui l’habitent. Avec Christoph Berner, le duo est rodé, ils s’entendent quasi télépathiquement. Le pianiste soutient et souligne parfois discrètement, illustrant au piano la froideur des paysages où erre le chanteur, évoquant le son des sabots des chevaux de poste, ou le battement d’ailes d’une corneille. Dès le départ, cet adieu empreint de nostalgie, tendresse et sarcasme puis de colère dans le deuxième lied, jusqu’à la rencontre finale avec l’étrange tourneur de vielle, Werner Güra tient son public. Il chuchote, tonne, dessine des paysages et évoque tous les nuances de l’émotion humaine. Pianissimo, fortissimo, les notes s’égrènent avec la perfection d’une suite de bulles de savon, chaque note est une éphémère chose de beauté, et chaque lied est à son tour une entité à part entière. Le duo n’a peur ni du silence ni de la lenteur. Pour « Der Lindenbaum » ils ont choisi un tempo quasi stationnaire qui permet de souffler un peu, et parfois ils permettent à des moments de silence de renforcer les notes juste entendues et celles à venir. L’on a beau connaître l’œuvre par cœur, l’on se demande tout de même comment cela va finir. Cela finit avec un personnage énigmatique, un joueur de vielle sur un lac gelé à qui le protagoniste propose de l’accompagner, et une petite larme. Cela  finit avec un moment de silence recueilli avant les applaudissements. Un tonnerre d’applaudissements qui se solde par un bis : les artistes reprennent « Frühlingstraum », cette chose douce-amère où un tendre rêve est juxtaposé à l’âpre réalité.  L’on sort dans le soleil d’un après-midi parisien, un peu incrédule, après cette expérience, de voir le monde suivre son cours tranquillement.  

Thursday, April 17, 2014

Le Roi s’amuse: Werner Güra’s new CD on Harmonia Mundi, Haydn’s Scottish Airs

Foto: Werner Gura / Harmonia Mundi

Suzanne Daumann

To me, Haydn’s music is suffused with a tender irony, and these Scottish Airs are a lovely example. Haydn arranged the popular Scottish airs between 1800 and 1804, for the editor George Thomson, who dearly loved this kind of music. Werner Güra, the king of the lied, seems to have enjoyed himself indeed. He told me that this CD had been planned for a long time, but the recording had to be put off two times, because each time the violinist had to cancel, due to pregnancy. Then there was Julia Schröder, whom he had met during a Bach’s Passion, and she, Christoph Berner at the piano and the cellist Roel Dieltjens came together as a real trio. Their great and unplanned chemistry can be heard in each introduction and postlude. Together, these artists and the singer explored each text line and verse, in order to be able to really carry the narration together. “It’s been a joy,” says he, “to do this CD, to work with an ensemble who really pull together and understand each other.” It is certainly a joy to listen to them. The irresistible drive of the strings, the light tenderness of the piano are a joy in their own right and it’s only right that they should have a trio to themselves (Hob. XV:27). “This trio might go on working together,” says Werner Güra, “and that would certainly be a good thing.”  Almost all of these airs are ballads, heroic, lugubrious, amorous or downright funny. Werner Güra seems to master the pronunciation of the Scotch words so easily that I asked him if he had a coach for that. “Oh yes,” he says, “that was Charles Johnston, from Harmonia Mundi, who also wrote the booklet. He was there during all of the recording sessions, to supervise it all. And even he had a hard time of it sometimes!” One of the admirable characteristics of this CD is precisely this apparent ease, which is in reality the result of much discipline and hard work. Werner Güra, well-coached in Scots, tells the stories with his warm and friendly voice: un evangelist who, after the drama of the Passion, goes downtown to have a pint and a laugh with the girls.  In “Jenny’s Bawbee”, a young girl courageously gets rid of four admirers who in reality are after her money, her bawbee. The musicians tell this story with irresistible verve and the singer characterises one of the suitors with a deliciously hilarious falsetto. “Are you something of a clown really?” I asked him. That made him really laugh and he said: “No, not to this point. The comical element is rare in classical music and I enjoy it when it comes up, since I have sung in former times Rossini and others like him.” In “Sleep’st thou or wak’st thou”, the singer uses his tiptoe technique to approach his sleeping lady and tell us of his love. “Rattling Roaring Willie” is a paean of praise to the contemporary Prime Minister William Pitt Junior, from the heyday of the Royal Navy and every reader of Patrick O’Brian will hear a roaring sailors chorus here in the single voice of the tenor. Other pieces describe quiet landscapes, like “The Lone Valley”, one of my favourites, or they tell more stories, of gallant warriors like “Twas at the Hour of Dark Midnight” (this air belongs originally to the ballad of Barbara Allen), of an abused damsel coming back from her grave to punish the untrue lover in “William and Margaret”… This is so full of joy and the almost tangible virtuosity of the artists is never gratuitous, it serves, and admirably so, the composer, his poets and their universe. The beautiful melodies, sad or joyful, are full of drive and will continue to ring in our heads long after this delicious CD is ended. Highly recommended!


Le Roi s’amuse: Le nouveau CD Harmonia Mundi de Werner Güra, Haydn „Scottish Airs“

Foto: Werner Gura

Suzanne Daumann

Pour moi, la musique de Joseph Haydn est imprégnée d’une bienveillance ironique dont ces « Scottish Airs » sont un joli exemple. Haydn arrangea ces airs populaires écossais entre 1800 et 1804 pour l’éditeur George Thomson, grand amateur de la musique folklorique de son pays. Werner Güra, le roi du lied, s’est royalement amusé, on dirait. Ce CD, m’a raconté Werner Güra, a mis quelques années à voir le jour, l’enregistrement a dû être repoussé à plusieurs reprises parce que la violoniste était tombée enceinte deux fois. Puis il y a eu Julia Schröder, rencontrée lors d’une Passion de Bach, et un vrai trio s’est formé, avec Roel Dietjens au violoncelle et Christoph Berner au piano. On l’entend dans chaque introduction et chaque postlude. Ensemble, ces artistes et le chanteur ont exploré chaque ligne du texte, pour pouvoir porter la narration. « Ce fut une joie, » dit-il, « de faire ce CD, de travailler avec un ensemble qui va vraiment dans le même sens et s’entend bien. » C’est certainement une joie de l’écouter. Le drive irrésistible des cordes et la tendre légèreté du piano sont une joie à eux tous seuls, et ce n’est que justice qu’on ait droit à un trio entier avec ces artistes (Hob. XV : 27). « Ce trio continuera peut-être à travailler ensemble, » dit encore Werner Güra, « et ce serait vraiment une bonne chose ! » Presque tous ces airs sont des ballades, héroïques, lugubres, amoureuses ou franchement comiques. Werner Güra semble maîtriser la prononciation des mots écossais avec une telle facilité que je lui ai demandé s’il s’est fait coacher pour cela. « Oh oui, » dit-il, « c’est Charles Johnston, le collaborateur de Harmonia Mundi, qui a aussi écrit le petit livret. Il a été présent lors de l’enregistrement pour superviser tout cela, et même lui a parfois eu du mal. » Une des caractéristiques admirables de ce CD est justement cette apparente facilité qui repose en réalité sur beaucoup de discipline et de travail. Werner Güra, accent écossais bien en place donc, raconte ces histoires avec sa voix chaude et bienveillante : un évangéliste qui, après le drame de la Passion, descend en ville, pour boire un coup au bistro et s’esbaudir avec les filles. Dans « Jenny’s Bawbee » une jeune fille, dont les quatre admirateurs sont en vérité après son argent, le fameux « bawbee », s’en débarrasse par des mots et des gestes bien sentis. Les musiciens nous racontent cette histoire avec une verve irrésistible et le chanteur caractérise un des personnages en utilisant un falsetto délicieusement hystérique. « Êtes-vous un peu un clown manqué ? » l’ai-je demandé. Cela l’a bien fait rire, et il a dit : « Non, pas à ce point-là. La musique classique contient peu d’éléments franchement comiques, et je les savoure quand je les rencontre, ayant chanté du Rossini et autres de la même famille auparavant. » Dans « Sleep’st thou or wak’st thou », le chanteur s’approche sur la pointe de pieds de sa bien-aimée, pour ensuite nous chanter son amour. « Rattling roaring Willie » chante les louanges de William Pitt Junior, Premier Ministre de l’époque, la grande époque de la Royal Navy, et chaque lecteur de Patrick O’Brian entendra ici tout un chœur de marins dans la seule personne du ténor.nD’autres chansons décrivent des paysages tranquilles, comme « The Lone Valley », un de mes préférés, ou racontent d’autres histoires, histoires de vaillants guerriers, comme « Twas at the hour of dark midnight » (dont l’air appartient à l’origine à l’immortelle ballade de Barbara Allan), d’une amoureuse revenue pour punir l’amant infidèle dans « William and Margaret »… Tout ici respire la joie de vivre, et la virtuosité quasiment tangible des artistes n’est jamais gratuite mais sert simplement et admirablement le compositeur, ses poètes et tout leur univers. Les belles mélodies, qu’elles soient tristes ou joyeuses, sont pleines d’entrain et continuent à résonner longtemps après la fin de ce délicieux CD. Chaudement recommandé !


Wednesday, July 31, 2013

Recital de Werner Güra en la Schubertiade, Austria


Foto: Werner Gura

Suzanne Daumann
 
Hace mucho tiempo durante los años de penuria, las familiares más pobres de Bregenzerwald enviaban a alguno de sus hijos a Swabia, para que en sus ricos valles y campos de cereales encontraran trabajo y comida así como vestimenta y calzado. Una exhibición en el pequeño museo de Schwarzenberg cuenta estas historias y aventuras.  Pero ¿acaso no es ese la aspiración de la música de Schubert que expresa esta melancolía y el deseo de encontrar un refugio en las montañas del frio y del calor?  No sé si Werner Güra habrá visto esta exhibición, pero pensando en las vidas e historias de aquellas familias bien podría haber afectado el sutil y emocional balance de su recital. Güra no es un cantante seguro, pero acompañado de su pianista de tantos años, él profundiza hasta el final. Sus interpretaciones no son las que solo consisten en emitir sonidos dulces, ni es una dulce, cálida y cómoda voz de tenor, sino que entiende el significado de cada una de las palabras y enfatiza todo lo dice y canta (lo que lo convierte en uno de los evangelistas más creíbles que existen). La sobriedad de su canto hace que los contenidos textuales y musicales sean más conmovedores. Este recital dedicado en su totalidad a Schubert, que dieron Christoph Berner y Werner Güra está construido sobre una entera vida humana. Comenzaron con la amarga “Heidenröslein” Güra tiene el truco de cantar al límite, para enfatizar mejor ciertas palabras, pero de una manera muy sutil. Así, cada palabra clave da en el blanco, por lo que sentimos como se rompía el tallo de la rosa mientras el joven enamorado decía“ ich breche dich” sentimos el piquete de la espina cuando responde “ich steche dich” y sentimos también todo el arrepentimiento en el último verso.  A partir de aquí, los artistas no trasladaron a un mundo complejo de emociones que tiene que ver con la niñez, en “Schlummerlied” y “Wiegenlied”. Hay ternura en el sueño del inocente y remordimiento por los tiempos perdidos de inocencia. Aquí se extrañó la ausencia de “Bei meiner Wiege” Otro tipo de ternura nos invadió con “Geheimes”, donde llegamos al reino del amor de un joven que espera un nuevo encuentro con su amada.  El ardor se hizo profundo con “Ganymed” y “Auf der Bruck”. En “Der Fischer” de Goethe un pescador es seducido por una sirena, y si Goethe hubiese escuchado las ondas de agua que Christoph Berner delineó y las profundidades de Güra tal vez hubiera aceptado las composiciones de Schubert. En “Dass sie hier gewesen”, de Rückert “Dass sie hier gewesen”, el eco de un suspiro expresó arrepentimiento, con simplicidad, un respiro, un sonido, así como el amor los encuentros, las despedidas y la alegría de un marinero atravesando una tormenta. Posteriormente Werner Güra demostró su propio Schubert, con desgarradores pianísimos, hermosas líneas legato, y todo esto no fue para causar un efecto sino para servir un propósito. En la deliciosa e irónica “Der Einsame”  Escuchamos el silencio en una casa y los grillos cantando. Brener les dio vida, igual que a la nieve que cae en “Winterabend”, en el que un hombre reflexiona a la luz de la luna. El romance de “Rosamunde” acerca de un amor imposible en la vida pero con unión en la muerte es demasiado, y cuando finalmente en “Nachtstück” llega la muerte al hombre viejo, después de un silencio sepulcral el público estalló en aplausos.  Finalmente los artistas ofrecieron “Wanderers Nachtlied II” (Über allen Gipfeln ist Ruh) y “An den Mond” una gran elección para mandar a casa a un emocionalmente cansado público que presenció no solo un espectáculo si una experiencia.

 

Tuesday, July 30, 2013

Schubert, Schubertiade, Schwarzenberg – Werner Güra and Christoph Berner

Photo: Schubertiade
 
Suzanne Daumann
 
Long ago, in the days of poverty, the poorest families in the Bregenzerwald were forced to send one or more children away, to Swabia. In its rich cereal farming valleys, they would find work and bread, and a new set of clothing and pair of shoes as proof of their travels. An exhibition in the little museum of Schwarzenberg relates their stories and adventures. Doesn’t the eternal longing in Schubert’s music express their homesickness, their yearning for warmth and shelter during their wanderings through mountains, cold and snow?  I doubt that Werner Güra saw the exhibition and maybe that’s just as well. Thinking of the lives and tales of those families might well have affected the subtle emotional balance of his recital. Werner Güra is not a safe singer. Accompanied by his long-time piano partner, he always goes the whole way. His are not the interpretations that consist of sweet sounds alone. Sweet, warm and comforting tenor voice not withstanding, he understands the meaning of each and every word and he means whatever he says and sings (which makes him one of the most credible evangelists around, needless to say). The sobriety of his singing makes the textual and musical contents all the more poignant.  The all Schubert recital that Christoph Berner and Werner Güra present this year is built along a human life’s timeline.  They begin with the bittersweet “Heidenröslein”. Werner Güra has this trick of singing on tiptoe as it were, the better to emphasize certain words, again in a very subtle way. Thus, every key word strikes really home:  we feel the rose’s stalk break as the young man says “ ich breche dich”,  and we feel the sting of it’s thorn when it replies” ich steche dich” and we feel all the regret in the world over the outcome in the last verse.  From here, the artists take us through a whole complex of emotions having to do with childhood, in “Schlummerlied” and “Wiegenlied”. There is tenderness for the sleep of the innocent, and a bit of regret for the times of innocence gone by. Personally, I always regret the absence of “Bei meiner Wiege” at this place.
 
However, another kind of tenderness takes over with “Geheimes”. Now we are in the realms of young love: in “Geheimes”, a young lover whispers his joy about the next rendezvous with his beloved. The ardour gets deeper with “Ganymed”, and the lovely galloping  “Auf der Bruck”. In Goethe’s “Der Fischer”, a fisher gets seduced by a mermaid’s song. If Goethe had been able to hear the gracefully rippling water Christoph Berner  paints, and the cool depths Werner Güra describes, maybe he would have been more accepting of Schubert’s compositions. In Rückert’s “Dass sie hier gewesen”, the echo of a breath of a notion expresses regret and dying love and unutterable Sehnsucht. Simplicity, a breath, a sound, it’s over… And so it goes. Love and welcomes and farewells, and the macho joy of a shipman riding a storm – in fact, this is a man’s life that is painted here, but who cares, it’s painted so vividly by poets, composers and interpreters.  After the intermission, we get to the later years in life, and now Werner Güra comes into his Schubert’s own, heartrending pianissimos, breathtaking legato lines, and none of this is reaching out for effect, it all serves a purpose. In the deliciously ironic “Der Einsame”  we get to hear the silence in the lonely one’s home and the crickets chirping on his hearth. Christoph Berner brings them to life, just as he lets snowflakes fall on the “Winterabend”, one of my personal Schubert favourites, where a man reflects in the sole company of the moon upon his life and past love. There is not much left to say after this. The sweet little romance from “Rosamunde”, about impossible love in life and union in death is almost too much, and when finally in “Nachtstück” death has bent to the old man for the last time, it takes a long moment of stunned silence for the public to finally break out in almost exhausted applause.  Like exhausted children after a long evening of story-telling we beg for more however, and the artists oblige first with “Wanderers Nachtlied II” (Über allen Gipfeln ist Ruh) – and why is this not on the CD? – and then with “An den Mond”. A perfect choice to send the emotionally exhausted public home after this evening. A concert with Werner Güra, definitely, is not just a moment of beauty and entertainment; it is an experience in its own right.  The time is gone, the concert’s over, but the thought of little boys leaving home keeps haunting me. Farmhands and shepherds, certainly, but didn’t also Schubert himself leave his home as a child, and also Werner Güra, for that matter?  Oh yes, there is definitely something of Schubert’s Sehnsucht around the thought of those little wanderers.

 

Friday, January 8, 2010

Die Schöpfung (La Creación) de Haydn en el Tonhalle de Zurích, Suiza

Foto: Roger Norrington, Handel & Haydn Society, Boston.

Massimo Viazzo
HAYDN Die Schöpfung Schweizer Kammerchor, direttore Fritz Näf Tonhalle-Orchester Zürich, Director: Sir Roger Norrington. Zurích, Tonhalle, 31 de diciembre 2009

En Zúrich asistí el 31 de diciembre a la ejecución de un oratorio que se realizo en la sede de la sala Tonhalle (a unos 100 metros del Opernhaus sede de la opera). Sir Roger Norrington, un director que rara vez encontramos por nuestra parte, concertó Die Schöpfung (La Creación) de Haydn, dirigiendo a la Tonhalle Orchester Zurich con un cierto racionalismo privilegiando una articulación barroca y una prominente rítmica. El maestro ingles pareció poco interesado en perseguir una tensión narrativa continua y tampoco una sensación muy anunciada, si no una que fue muy construida y que se asomaba por un lado y por otro.

Foto: Tonhalle-Concerthall. Old-Picture.com Copyright ©

Todo en conjunto, se trató de una ejecución muy digna, que tuvo también su merito en los solistas como: Lisa Larsson (soprano), Werner Güra (tenor) y Florian Boesch (bajo), finalmente todos ellos declamadores (aunque ciertamente de personalidad no desbordante). Ese mensaje de fin de año podría parecer más de buenos augurios: como el alegre y ligero «und eine neue Welt» restituido e intepretado con estupor por el muy bien preparado coro Schweizer Kammerchor.










Die Schöpfung di Haydn - Tonhalle Zurigo

Foto: Tonhalle Orchester Zuerich - Priska Ketterer

Photo: Sir Roger Norrington, Handel and Haydn Society, Boston

Massimo Viazzo
HAYDN Die Schöpfung (soprano) Lisa Larsson (tenore) Werner Güra (basso) Florian Boesch. Schweizer Kammerchor, direttore -Fritz Näf. Tonhalle-Orchester Zürich, direttore. Sir Roger Norrington. Zurigo, Tonhalle, 31 dicembre 2009

Foto: Tonhalle Orchester

Dall’opera all’oratorio, per concludere, facendo un passo indietro di qualche giorno e cambiando sede di un centinaio di metri (dall’Opernhaus alla Tonhalle). Sir Roger Norrington, un direttore che si incontra raramente dalle nostre parti, ha concertato Die Schöpfung con un certo razionalismo prediligendo un’articolazione barocca e una ritmica sbalzata. Il maestro inglese è sembrato poco interessato a perseguire una tensione narrativa continua e una sensazione di troppo preordinato, troppo costruito faceva capolino qua e là.

Foto: Tonhalle Orchester

Ma nel complesso si è trattato di una esecuzione dignitosa anche per merito di solisti fini dicitori Lisa Larsson, Werner Güra, Florian Boesch (di personalità non debordante, invero). E quale messaggio di fine anno poteva apparire più benaugurale di quel «und eine neue Welt» lieto e leggero restituito con stupore dal preparatissimo Schweizer Kammerchor!