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Monday, May 21, 2018

Orfȇvrerie fine teintée de sang- Fabio Luisi dirige Cardillac de Hindemith au Maggio Musicale Fiorentino


Foto: Maggio Musicale Fiorentino

Suzanne Daumann

Or et sang, or et sexe: le chef d’oeuvre de Hindemith et Lion parle de l’essence mȇme de la vie humaine, et des ses symbols les plus puissants. Le protagoniste, Cardillac, est un orfèvre qui aime tant ses créations qu’il en tue les acheteurs pour les reprendre. Dès le début, nous sommes confrontés à la violence et la façon dont elle engendre la violence: la foule - le choeur magnifique du Maggio Musicale - évoque la série de meurtres mystérieux dans la cité, différentes fractions se forment quant à la solution du problème, des affrontements ne sont pas loin lorsqu’apparaissent divers boucs émissaires. Un lynchage est évité seulement par l’apparition du prévôt qui annonce la création d’une court de justice spéciale et sévère qui poursuivra ces crimes. Dès le début, nous sommes atteints au coeur par la musique de Hindemith. Elle est sobrement expressive, finement orchestrée, presque plus musique de chambre qu’opéra, tant il y a de petits ensembles et de solos. Fabio Luisi dirige le merveilleux orchestre du Maggio Musicale et une distribution formidable avec juste ce qu’il faut d’expressivité, soulignant tous ces moments de beauté sublime, laissant le temps au drame de se développer. Et nous les suivons vers les régions sombres du coeur humain… La mise en scène de Valerio Binasco est sans prétention, la belle scénographie de Guido Fiorato, sobre et sombre, et les costumes de Gianluca Falasco qui évoquent les années de création de l’opéra, tout s’accorde parfaitement à la musique, créant un cadre juste comme il faut pour cette oeuvre sombre. Et le drame prend son essor: la foule se disperse, reste seul un couple d’amants. Elle lui demande une preuve de son amour avant de se donner à lui - un bijou fait par Cardillac. Dans sa chambre ensuite, elle l’attend, chantant son désir. Il arrive, il apporte le cadeau, ils sont dans les bras l’un de l’autre. Le soprano doré de Jennifer Larmore et le ténor chaud et doux de Johannes Chum se réunissent en joie et or, et les vents chantent d’harmonie et bonheur. Hélas, voilà des dissonances   pleines d’angoissse et Cardillac et la mort. Après l’entracte, nous sommes dans la maison de Cardillac, où sa fille s’affaire autour de lui. L’arrivée du marchand d’or, chanté par Pavel Kudinov, manifestement mal à l’aise en présence de l’orfèvre, donne la première indice d’un soupçon public contre Cardillac. Les deux hommes s’en vont et la fille, restée seule, chante sa détresse - elle aime un officier et il l’aime en retour, mais se sent obligée envers son père. Arrive ensuite l’amant, suivi de Cardillac, s’ensuivent des ensembles entre les trois qui sont parmi les moments les plus émouvants dans le répertoire de l’opéra. Le baryton Martin Gantner chante un Cardillac convaincant et émouvant, et sa voix chaude et volatile se mȇle merveilleusement avec le soprano clair et doré de Gun-Brit Barkmin et le ténor résonnant de Ferdinand von Bothmer, respectivement la fille et l’officier. L’orchestration souligne les maints aspects de ce triangle père - fille - amant, et de nouveau Fabio Luisi et l’orchestre ont fait des merveilles, gardant l’énergie et tenant le suspense jusqu’au bout. Vers la fin se pose la question de la loyauté: l’officier ayant acheté un bijou à Cardillac, celui-ci l’agresse et le blesse au bras. L’officier veut rester loyal envers sa nouvelle famille et décide de couvrir Cardillac. Celui-ci, en revanche, reste loyal à ses principes, ou peut-être à sa folie, et se rend. La foule le lynche alors. Une fois la soif de sang épanché, le désir de vengeance exaucé, Cardillac est de nouveau considéré comme le grand artiste et finalement sa propre victime. De loin, on entend chanter les filles du Rhin de Wagner leur incantation „Rheingold“. C’est donc ici que la malédiction de l’Or du Rhin oeuvre maintenant? Est-ce que Cardillac aurait développé la même folie s’il avait travaillé un autre matériel? Pour ceux qui vont à l’opéra pour trouver de la stimulation intellectuelle en plus des sons glorieux, cette oeuvre est un régal et la production lui rend amplement justice. Bravi tutti, et merci au Maggio Musicale!


Gold filigree stained with blood - Fabio Luisi conducts Hindemith’s Cardillac at the Maggio Musicale Fiorentino


Photo: Maggio Musicale Fiorentino

Suzanne Daumann

Blood and gold, love and lust: Hindemith and Lion’s masterpiece deals with the very essence of life as a human being and its most powerful symbols. The protagonist, Cardillac, is a goldsmith, so much in love with his creations that he murders his clients in order to retrieve them. Right from the start, we are confronted with violence and the way it breeds violence: in the initial scene the citizens of Paris are talking about a series of murders in the city, disagreements ensue and several strangers almost get lynched. Right from the start, we are shaken to the core by Hindemith’s music. It is soberly expressive, finely instrumented, close to chamber music in its use of solos and small ensembles. Fabio Luisi conducts the wonderful orchestra and choir of the Maggio Musicale and a marvelous cast with just the right amount of expressivity, highlighting the many instrumental moments of heart-stopping beauty, giving time to the drama to unfold. And we follow him to the darker regions of the human heart. Valerio Binasco’s staging is mercifully unassuming - Guido Fiorato’s sober and sombre scenography, Gianluca Falasco’s costumes that evoke the time of the opera’s creation, everything is in perfect accordance with the piece, stage movements develop from the musical content. As the drama unfolds, after the initial scene, we follow a couple of lovers. In perfect romantic fashion, she tells him she’d be his on the night, if he comes to her with a jewel by Cardillac. She waits for him in her bedroom, singing her desire and he comes and brings the gold, and so she loves him. Johannes Chum’s soft and warm tenor and Jennifer Larmore’s glowing soprano come together in joy and gold and the woodwinds sing harmony and bliss. Still Cardillac needs his creation back and murders the two of them.  After the interval, we find ourselves in Cardillac’s house, where his daughter waits on him. The visit of a gold merchant, sung by tenor Pavel Kudinov, obviously ill at ease in the goldsmith’s presence, opens the first door to public suspicion. Baritone Martin Gantner sings a convincing, moving Cardillac. His mellow and volatile voice blends splendidly with Gun-Brit Barkmin’s bright soprano and Ferdinand von Bothmer’s strong tenor, respectively the daughter and the officer. The ensembles between these three characters must be among the most moving moments of the opera repertoire. The instrumentation underscores the many different aspects of this triangle father-daughter-lover and again, Maestro Luisi and the orchestra are there to hold it all together. Right until the end, they keep up the energy and the suspense. Towards the end, we are confronted with the question of loyalty: The officer has bought a jewel from Cardillac and gets aggressed by him. Cardillac is the serial killer that keeps the city in uproar. Loyal to his new family, the officer decides to cover for him. Cardillac however is loyal to his own principles, or murderous folly, and gives himself up. Before the authorities can get  him, he is lynched by the furious mob. Only then, once the bloodlust is appeased, is he again seen as the great artist, and ultimately his own victim. From afar, we hear Wagner’s Rhinedaughters’ incantation of „Rheingold“. Is this, then, the next stage of the gold’s curse? Had Cardillac developed the same madness if he had worked on some different material?  For those of us who go to the opera to nourish the mind while enjoying the glorious sounds, this work is a treat, and this production does it ample justice. Bravi tutti, thank you, Maggio Musicale Fiorentino!

Friday, April 24, 2015

Elektra en la Ópera Estatal de Viena

Foto: (c) Wiener Staatsoper / Michael Pöhn​

Joel Poblete 

Como comentábamos a raíz de las recientes funciones de El caballero de la rosa en la Staatsoper de Viena, es habitual que algunos títulos que se presentan en ese teatro tengan que cargar con el peso de la historia y las inevitables comparaciones. Y nuevamente fue el turno de una obra maestra de Richard Strauss, considerando que desde su estreno en la capital austriaca en marzo de 1909, sólo dos meses después de su debut mundial en Dresden, Elektra ha estado ligada a ese escenario junto a algunos de los nombres más ilustres de la lírica mundial en el último siglo: partiendo por el honor de tener al propio autor de la partitura dirigiéndola en 1910 (y posteriormente en una veintena de funciones hasta 1931), han desfilado batutas como las de Clemens Krauss y Karl Böhm, y cantantes como Birgit Nilsson, Astrid Varnay, Eva Marton, Gwyneth Jones, Leonie Rysanek, Martha Mödl, Regina Resnik, Christa Ludwig, Brigitte Fassbaender, Eberchard Waechter, Walter Berry y Wolfgang Windgassen, entre otros. Para suceder a la comentada y en un comienzo no muy bien recibida puesta en escena de Harry Kupfer que se estrenó en 1989 con la dirección musical de Claudio Abbado y desde entonces se volvió a representar ahí en otras temporadas a lo largo de un cuarto de siglo, el teatro austriaco convocó al régisseur alemán Uwe Eric Laufenberg. Pero además de esta nueva producción, las funciones que trajeron de regreso esta obra straussiana en abril generaban también expectativas por los cantantes que la protagonizarían, particularmente porque la prestigiosa y solicitada soprano sueca Nina Stemme cantaría por primera vez en su carrera el arduo rol protagónico, personaje que además interpretará en un año más en la próxima temporada del MET de Nueva York y el que aún tenía pendiente a pesar de ya haber abordado roles tan exigentes como Isolda y Brunilda.  Asistimos el pasado jueves 16 de abril a la última de las seis funciones programadas, y lamentablemente no pudimos apreciar a la Stemme, quien canceló por motivos de salud, sumándose asi a otras deserciones previas de este montaje: primero en septiembre pasado Franz Welser-Möst, al anunciar su renuncia como director musical de la Staatsoper incluyendo sus compromisos asumidos como esta ópera, por lo que fue reemplazado por el finlandés Mikko Franck, pero a nosotros en la  última representación nos tocó el veterano Peter Schneider; y también el rol de Chrysothemis tuvo sucesivos cambios, ya que en un comienzo sería cantado por la cotizada soprano alemana Anne Schwanewilms, quien hasta alcanzó a estar en los ensayos, para luego ser reemplazada desde el estreno por Ricarda Merbeth y finalmente por la cantante que nos tocó a nosotros, la también alemana Gun-Brit Barkmin. Considerando que con este historial de cancelaciones en lo musical el resultado pudo ser muy irregular, al menos se logró cumplir con dignidad, pero el aspecto teatral, vital en este título tomando en cuenta que lo escénico va profundamente ligado a la partitura en especial en las complejas implicancias psicológicas que el gran libretista Hugo von Hofmannsthal desarrolla en su tragedia, no logró convencernos ni entusiasmarnos. El nuevo montaje de Laufenberg optó por soluciones que a estas alturas ya parecen algo repetidas y trasnochadas en varios de los régisseurs europeos contemporáneos: no es la primera vez -ni seguro será tampoco laúltima- que se ambienta la historia en la época del estreno de la ópera, o que para reflejar mejor el ambiente de opresión y decadencia todo transcurra en un sótano o espacio inferior en la vivienda donde viven los protagonistas. El director de escena contó con buenos colaboradores, aunque tampoco ninguno de ellos logró hacer exitoso el concepto teatral desarrollado: con el apoyo de la iluminacion de Andreas Grüter para desarrollar sus atmósferas, la escenografía de Rolf Glittenberg tuvo algunas ideas interesantes, como ese verdadero cerro de carbón que parecía surgir por un fondo desde la parte superior, pero su uso del espacio terminó dependiendo demasiado de los ascensores que subían y bajaban uniendo lo superior con lo inferior, un elemento que en el desenlace terminó incluso distrayendo más de la cuenta con su sucesión de maniquíes y figuras sanguinolentos que funcionaban como una especie de alegoría, hasta dejar casi en segundo plano a Elektra y Chrysothemis; el vestuario de Marianne Glittenberg también cayó en lugares comunes, como la vestimenta masculina de la protagonista, o que las severas sirvientas vistieran algo muy parecido a uniformes facistas que los hacía parecer parte de un siniestro aparato represivo, aunque al menos destacó por el traje que tuvo que lucir Clytemnestra, testimonio de un pasado no muy lejano en el que ésta había aprovechado mejor la realeza. No se puede negar que hubo momentos de la régie que funcionaron bien o hasta sorprendieron -como cuando precediendo la llegada de la perturbada reina, aparecieron ladrando en escena tres amenazadores perros de caza-, pero en general Laufenberg se quedó en lo superficial y no profundizó lo suficiente en la psicología de sus personajes, asi como en las motivaciones que los guían, y así algunas de las escenas que habitualmente resultan más memorables, como elenfrentamiento entre Elektra y su madre, o cuando la protagonista reconoce a su hermano Orestes, carecieron del impacto requerido. Algunas de sus soluciones escénicas fueron muy decepcionantes, como cuando al final en vez de volcarse en solitario a su frenética y salvaje danza, Elektra estuvo acompañada de un grupo de parejas jóvenes que se tomaron el escenario para bailar, hasta que en un momento la protagonista sale por un costado de la escena, privando al público del sobrecogedor colapso final que imaginaron Strauss y su libretista. Afortunadamente, toda la tensión y el impacto del drama que la régie no logró desarrollar estuvieron mejor representados en lo musical, particularmente gracias a la sólida y atenta dirección de Schneider, quien logró equilibrar las enormes exigencias de la partitura consiguiendo un balance entre la masa orquestal y las voces, subrayando detalles y sutilezas y esa especial mezcla de violencia, locura y ocasionales arranques líricos que consigue Strauss. El reparto convocado se lució ya desde los roles secundarios, como las doncellas, en especial Ildikó Raimondi, las fieles acompañantes que interpretaban Simina Ivan y Aura Twarowska, y Wolfgang Bankl, que pocos días antes había sido en la Staatsoper un acertado Barón Ochs en El caballero de la rosa, fue ahora un excelente tutor de Orestes, curiosamente caracterizado por decisión de la régie casi como si fuera un matón de barrio. Y entre los principales destacaron los artistas que dieron vida a Orestes y Egisto, dos personajes que aparecen tan brevemente pero tienen una importancia estratégica en la trama: a estas alturas el hermano de Elektra es una de las especialidades de Falk Struckmann, quien una vez más lo encarnó de manera rotunda y viril, mientras el patético usurpador del trono estuvo muy bien servido por el tenor Norbert ErnstLa mezzosoprano sueca Anna Larsson abordaba en estas funciones por primera vez en su carrera el rol de Clytemnestra, y aunque en lo teatral aún deberá continuar profurbada de manera mesurada y matizada; esquivando la caricatura en la que a menudo la convierten otros colegas, fue sobria y más controlada de lo habitual. Gun-Brit Barkmin ofreció en su Chrysothemis una voz potente y de agudos algo destemplados por momentos, y estuvo caracterizada en lo físico como una mezcla entre niña y mujer, lo que acentuaba su ingenuidad y el contraste con su atormentada e intensa hermana. En el rol protagónico, no se podría ser muy severo con la soprano Linda Watson, considerando que debió asumir en tan breve tiempo el reemplazo de la Stemme, ya que por mucho que haya cantado en diversas ocasiones el personaje en distintos teatros incluyendo la Staatsoper, no es facil abordarlo sin mayores ensayos en una puesta en escena nueva y que no se ajustaba en general a lo que dicta la tradición; si se toma en cuenta esto, su desempeño vocal y escénico fue muy sólido y comprometido, superando sin mayores problemas los numerosos escollos de la partitura. Pero si nos pusiéramos exigentes y no hubiera sido un reemplazo de última hora, podríamos haber esperado un resultado mucho más contundente, con mayor potencia vocal, agudos mejor proyectados, y un despliegue escénico menos esquemático. ndizándolo, vocalmente la encarnó con firmeza y acentuando su faceta más pertu