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Sunday, June 26, 2016

Concierto de Anna Netrebko en Los Ángeles

Fotos: The Broad Stage

Ramón Jacques

El inesperado regreso de Anna Netrebko a Los Ángeles, después de que sus últimas presentaciones en esta ciudad se dieran hace diez años en Manon de Massenet al lado de Rolando Villazón, se debió a una casualidad, la cancelación del recital que Jonas Kaufmann tenía previsto dar en este escenario (The Broad Stage) para cerrar el ciclo de ‘recitales con estrellas de la lirica mundial’ que se realiza desde hace varias temporadas en esta sala de conciertos de Santa Mónica, California. Quedará como dato anecdótico y para una futura ocasión el debut local del tenor alemán aunque francamente, a nadie pareció importarle ante la expectativa que generó la presencia de Anna Netrebko, quien personifica el glamour operístico moderno con sus constantes cambios de vestidos de diseñador y joyas y pose de diva. Vocalmente se escuchó a una artista cuyo instrumento vocal ha adquirido mayor peso y volumen,  que se ha robustecido, pero sin perder homogeneidad y atractivo en el color. Así fue como brindó interpretaciones que agradaron de “Io Son “L'umille Ancella” de Adriana Lecouvreur: de “Un bel di vedremo” de Madama Butterfly;  o de ‘Stridono lassù’ de I Pagliacci, como también la movida y vivaz Heia, heia!  In den Bergen ist mein Heimatland’ de la opereta “La princesa de las csárdás” de Emmerich Kálmán con la que se atrevió a mostrar sus dotes de bailarina. Cada una de sus intervenciones fue muy celebrada por un público que se caracteriza por no ser muy exigente, que va a gozar y a celebrar todo, incluso por momentos con desbordado entusiasmo. Muy sentido y conmovedor se escuchó su canto en la Canción de la luna de Rusalka, que en conciertos, ha sido uno de sus caballos de batalla. En esta velada estuvo acompañada por su actual pareja, el tenor Yusif Eyvazov quien a pesar de poseer un timbre metálico poco grato, no defraudó por la pasión, el empuje y la entrega que imprime  a su desempeño artístico, algo que indudablemente desearía verse más en los escenarios operísticos que en las galas y conciertos. Yusif, por su cuenta cantó arias como: "È la solita storia del pastore" de L’Arlesiana, Pourquoi me reveiller de Werther, E Luceven le stelle de Tosca, o Vesti la giubba de Pagliacci, con aprobación del público. No faltaron algunas canciones napolitanas, que pienso banalizaron un poco el espectáculo por las innecesarias y cargadas bromas  de los artistas e intercambios con el público, pero en Hollywood, capital del show business todo parece estar permitido y más a una artista del calibre de Netrekbo. El programa se completó con dos duetos O soave fanciulla de La Boheme y un emotivo Vicino a te de Andrea Chénier, y ante los aplausos se regalaron algunos bises como Nessun Dorma y O mio babbino caro. Muy bueno fue el acompañamiento de la orquesta, que agrupa a destacados músicos de la ciudad, bajo la conducción del maestro italiano Marco Boemi, quien conoce diversos estilos, y que dirige con seguridad, control y cadencia. En solitario, la orquesta destacó por Danse des Heures de La Gioconda, el Intermezzo de Manon Lescaut y el de L’Amico Fritz  y la obertura de Die Fledermaus

Saturday, August 1, 2015

De mort et d’amour : Kristine Opolais et Jonas Kaufmann lumineux dans Manon Lescaut de Puccini au Staatsoper de Munich

Foto: Bayerische Staatsoper

Suzanne Daumann

Jusqu’où va le droit d’un metteur en scène d’opéra d’interpréter l’œuvre d’un compositeur, un librettiste ? D’abord, en a-t-il le droit ? Pourquoi un public doit-il aujourd’hui prendre en compte les points de vue de ces nouveaux dieux du stade, au lieu de voir et d’entendre les œuvres telles qu’elles ont été créées par leurs auteurs, et former ses propre points de vue ? Pourquoi, donc, le public de la production de Manon Lescaut de Puccini, au Staatsoper de Munich, production de cette saison, reprise à l’occasion du Festival d’Opéra de Munich, doit-il lire sur un écran les remarques très personnelles de Hans Neuenfels, qui remplacent même dans un cas les paroles du librettiste ? Pourquoi doit-il voir les chœurs attifé de costumes grotesques, genre de combinaison grise, aux hanches et popotin énormes, qui rappellent ces statues féminines préhistoriques ? Et pourquoi, au nom de l’Abbé Prévost, les mouvements de scène de ces personnages sont-ils en opposition directe avec ce que dit la musique ? Cela contredit, caricature et distord les propos de Puccini. Ainsi, lors de la première scène, on peut imaginer à travers la musique la scène telle que Puccini l’a imaginé, et la discorde entre la vue et l’ouïe est douloureuse pour le cerveau. Ainsi, le maître de danse de l’Acte 2, est caractérisé comme un personnage ridicule par la musique et il est superflu d’en faire un singe pour enfoncer le clou. Par une scénographie (Stefan Mayer) et des costumes (Andrea Schmidt-Futterer) épurés, qui sont par ailleurs élégants et agréables à regarder, le metteur en scène veut situer son histoire hors du temps, faisant fi du fait que la tragédie de Manon est possible seulement dans son contexte historique. Telle qu’elle est présentée ici, faut connaitre l’œuvre pour vraiment pouvoir comprendre l’histoire. Tout est comprimé, symbolisé, sauf la chambre de Manon à l’Acte 2, et la calèche de l’Acte 1, qui par ailleurs est tirée par des humains, couronnés par des plumes de chevaux de cirque. Tiré par les cheveux… ?! Nulle auberge, nulle prison, nul quai d’embarquement… Comment comprendre l’arrestation, la déportation et le comment et le pourquoi ? L’on reste dans le flou entre le manque et le superflu. Fort heureusement, musicalement cette production est une pure joie, un sans-faute exemplaire. Alain Altinoglu dirige l’excellent orchestre du Staatsoper de Munich avec une finesse et une sensibilité qui font friser les cheveux dans la nuque. Tout Puccini y est : la force dramatique, la finesse intimiste, la douleur, l’humour… La distribution est tout à fait à la hauteur : le baryton Markus Eiche, voix de velours noir, incarne Lescaut avec l’énergie impulsive du personnage ; Roland Bracht, basse, est Geronte, entre dignité et perfidie. Citons encore Ulrich Reß, ténor remarquable, qui incarne le maître de balle, ainsi qu’un autre ténor, Dean Power, dans le rôle d’Edmondo. Kristine Opolais est Manon. Sa voix ample, généreuse, ronde et douce s’accorde parfaitement à celle de son Des Grieux, Jonas Kaufmann. Il est au sommet de sa forme ces jours-ci, la sonorité plus sombre de sa voix, qui avait jadis un côté artificiel, semble naturelle et juste aujourd’hui. Tous deux se donnent à fond, s’abandonnent à leurs personnages, lumineux et rayonnants jusqu’au plus profond de la douleur. La scène finale, jouée sur une scène entièrement vide, est d’une rare intensité. Ils sont tous les deux, vêtus de deux-pièces identiques : ils sont finalemet vraiment réunis, seuls contre tous. Avec l’orchestre, l’harmonie est parfaite, les plaintes résonnent, l’amour se déploie une dernière fois dans une ardeur douloureuse, et l’on en reste le souffle coupé, aussi ému et tremblant que ces deux, là-haut. Tonnerre d’applaudissements, de bravos, de battements de pieds, saluts interminables : le public remercie ses artistes de leur générosité. Malgré la mise en scène, une soirée d’opéra formidable.