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Thursday, November 27, 2014

Cavalli’s Elena - The Many Faces of Love - Opéra de Rennes, France

Photo: Jef Rabillon

Susanne Daumann

There are these rediscovered masterpieces that are interesting for a concert season or two, get recorded and fall back into oblivion. And there are discoveries and re-discoveries that are here to stay. Which will be the fate of this Elena by Francesco Cavalli that Leonardo García Alarcón has brought back to life?  Time will tell. For the time being, the production from the Festival d’Aix-en-Provence and the European Academy of Music, co-produced with several partners, among them the Opéra de Rennes, is delighting publics all over France. Is this due to the excellence of the production or to the work itself and its qualities? Probably both. This exuberant comedy, made of trickeries, disguises and surprises, is also a little survey of the different faces of Love, represented by the different characters. Elena, beautiful Helen, is a young girl awaiting “love”, without really knowing what it is she is waiting for. Giulia Semenzato, who incarnates her here, is young, beautiful, mischievous and sensitive and her agile voice expresses all the feelings she must go through before love, the one and only real love, can win. Elena is kidnapped by Teseo, a not so distant cousin of Don Giovanni’s, incarnated very convincingly by Fernando Guimaraes, tenor. Teseo and his servant, Peritoo, also ravish an Amazon named Elisa, who is in reality Menelaos who loves Elena for real and forever. Elena has no clue about Elisa’s real identity and falls in love with Teseo, once he has given up his bluster about violence and abuse and treats her with some respect. The Stockholm syndrome? Peritoo is in his turn in love with Elisa, aka Menelao. Counter-tenor Carlo Vistoli is a really funny sidekick with this Peritoo, his way of ogling Elisa each time they meet is a running gag. Another counter-tenor is Elisa/Menelao:  Kangmin Justin Kim is supple of movements and voice, and masters brilliantly the difficulties of his role. He will meet with despair when she believes herself in love with Teseo, but he loves her all the same. Another face of love is that of an old man falling for a young girl, as it is the case with Elena’s supposed father (her real father is Zeus aka a swan, and her mother is Leda), sung by the excellent bass Krzysztof Baczyk who falls madly in love with Elisa, as soon as she is brought to his court. And the other face of love at first sight is a young boy’s: Menesteo, the son of king Creonte, who gives refuge to Teseo with his servant and captives. Menesteo falls is love with Elena and wants to kill his rival Teseo. Mezzo-soprano Anna Reinhold sings this Menesteo with androgynous charm and conviction. Rejected love, turning to rage, can be found as well: Ippolita, an Amazon and ancient lover of Teseo’s is looking for him and wants to kill him. Mezzo-soprano Gaia Petrone gives him life and voice. The court jester, finally, Iro, incarnated with joyous abandon by tenor Emiliano Gonzalez Toro, represents, with many a lascivious gesture, the grotesque and a bit ridiculous side of the sexual act.  In the end, the whole jumble is cleared up, identities are made known, murderers, saviours and would-be-murderers are revealed, lovers are reunited and Menelao and Elena, counter-tenor and soprano, sing a sublimely tender final duet.  Cavalli’s subtle and expressive music is finely orchestrated and delicately illustrates all these different and nuanced feelings.  The excellent Cappella Mediterranea, conducted by Leonardo García Alarcón do him ample justice.  Jean-Yves Ruf’s staging, with Laure Pichat’s stage design, makes do with the minimum. Intense stage action gives room for the singers to sing. The set consists of a few wooden walls on different levels in a half-round, a few items of furniture, a few props and in Act II, when everyone is running after someone else or is hiding or looking for someone, a set of red string curtains. The costumes, between renaissance and rococo, help effectively to identify the social status of every character in the play.  Thus, everything comes together for musical theatre to work its magic once again. Bravi tutti!

Elena de Cavalli, coup de projecteur sur les facettes de l’amour -Opéra de Rennes

Photo: Jef Rabillon

Suzanne Daumann
Il est de ces chefs-d’œuvre injustement oubliés qui occupent une saison, un CD, pour ensuite disparaître de nouveau dans l’injuste oubli. Et il y a des découvertes et redécouvertes qui restent. Quel sera le destin de cette Elena de Francesco Cavalli, dont la redécouverte et représentation nous devons au jeune chef argentin Leonardo García Alarcón Pour l’heure, la production du Festival d’Aix-en-Provence et de l’Académie Européenne de Musique, co-produite avec plusieurs partenaires, dont l’Opéra de Rennes, triomphe partout où elle est donnée. Est-ce dû à l’excellence de la production ou à la qualité de l’œuvre même ? Cette comédie exubérante, tissée de tromperies, déguisements et surprises, est aussi un petit tour d’horizon des différents aspects de l’amour, représentés par les personnages : Elena, la belle Hélène, est une jeune fille qui attend « l’amour », sans vraiment savoir ce qu’elle attend. Giulia Semenzato, qui la joue, est belle, jeune, espiègle et sensible, et sa voix agile exprime tous les sentiments qu’elle doit vivre avant que l’amour, le vrai, le seul, triomphe. Elena est enlevée par Teseo, un cousin pas si lointain de Don Giovanni, incarnée avec beaucoup de conviction par le ténor Fernando Guimaraes. Une Amazone, nommée Elisa, qui est en vérité Menelao et qui l’aime pour de vrai et fidèlement, est également victime de Teseo et son serviteur Peritoo. Elena n’a aucune idée de la supercherie, et commence par tomber amoureuse de Teseo, une fois que celui-ci a renoncé à ses airs de macho et la traite avec un peu de respect. Une forme du syndrome de Stockholm ? Peritoo, lui, est amoureux d’Elisa, alias Menelao. Le contre-ténor Carlo Vistoli chante ce Peritoo en vrai comique, sa façon de lorgner Elisa à chaque rencontre est un running gag qui marche. Elisa/Menelao est interprété par le contre-ténor Kangmin Justin Kim.  Ce jeune homme à la  voix souple et pure et aux mouvements gracieux maîtrise avec aisance les difficultés de ce chant baroque particulier. Menelao, lui, aime donc Elena. Il doit connaître le désespoir quand elle se croit amoureuse de Teseo, mais il ne l’en aime pas moins.  Nous rencontrons aussi l’amour d’un vieillard pour une jeune fille en la personne du père présumé d’Elena, chanté par l’excellente basse Krzysztof Baczyk, qui tombe éperdument amoureux de la fausse Amazone. Un autre amour à première vue est celui de Menesteo, le fils du roi Creonte, qui a donné asile à Teseo et sa suite. Menesteo tombe amoureux d’Elena et veut tuer Teseo, son rival. La mezzo-soprano Anna Reinhold chante ce Menesteo avec une conviction androgyne. L’amour bafoué, prêt à se transformer en rage, est présent en la personne d’Ippolita, ancienne amante et délaissée par Teseo. La mezzo-soprano Gaia Petrone lui donne vie et voix. Le fou du roi finalement, Iro, incarné avec un joyeux abandon par le ténor Emiliano Gonzalez Toro, représente, avec moult gestes lascifs et scabreux, le côté grotesque et un peu ridicule de l’acte sexuel. Tout ce méli-mélo s’arrange à la fin, les identités s’éclaircissent, les amoureux sont réunis, et Menelao et Elena, contre-ténor et soprano, chantent un duo final sublime de tendresse.  La musique subtile et expressive de Cavalli est finement orchestrée et illustre tous ces affects différents et nuancés avec beaucoup de finesse. L’excellent orchestre Cappella Mediterranea sous la direction de Leonardo García Alarcón lui rend amplement justice. Il faut vraiment admirer l’énergie de  tous sur scène et dans la fosse.  La mise en scène de Jean-Yves Ruf, avec les décors de Laure Pichat, se contente du minimum. Le jeu de scène est intense, mais  laisse chanter les chanteurs. La scénographie est minimaliste : elle consiste en quelques cloisons de bois en demi-cercle et sur différents niveaux – un amphithéâtre donc, quelques meubles et accessoires, et au deuxième acte, quand les jeux de cache-cache battent leur plein, une suite de rideaux en fils rouges. Les costumes, entre renaissance et rococo, aident efficacement à identifier le statut de chaque personnage dans la pièce. Tout s’accorde donc ici pour que la magie du théâtre musical opère une fois de plus. Bravi tutti !

Sunday, July 8, 2012

Alcina de Handel en Versalles, Francia.


Foto: Karina Gauvin (soprano) copyright Michael Slobodian

Ruggero Meli

El Festival de Händel en Versalles deslumbró con una Alcina que no se olvidará pronto. Christophe Rousset a la cabeza de Les Talents Lyriques retomó con gusto una obra que conoce bien, porque la ha interpretado en repetidas ocasiones (como la recordada de febrero del 2003 en la Cité de la Musique en París también con Karina Gauvin como Alcina). Su orquesta tuvo un buen desempeño de un lado al otro de la partitura, que inició con una abertura de ritmo rápido e inesperado "algo triste" pero en sintonía con el drama (se omitió el coro de celebración final previsto por el compositor). Nueve años después, la voz de Karina Gauvin es más satisfactoria, más consistente y cremosa para ampliar un papel que le es ideal. La soprano canadiense supo transmitir con una voz suave, casi blanca y delicada a veces con cuerpo y vehemente, los sentimientos de una Alcina amorosa, doliente y conmovida. Si esto fuera poco, sus da capo provocaron escalofríos. El Ruggiero de Ann Hallenberg impresionó aun más. Sus arias fueron un virtuoso y espectacular tour de force que culminó con un grandioso "Sta nell'Ircana". Entusiasmó con los recitativos, generalmente aburridos para el público, porque en cada palabra o inflexión tuvo pasión y ardor, así como sutiles expresiones que hicieron que su personaje fuera eminentemente creíble. Con una aria en cada acto la Bradamante de Delphine Galou se mostró como fiera antagonista de la maléfica Alcina, lista para recuperar a Ruggero, como con la destacada y resonante aria "Vorrei vendicami" con voz de fuego. El punto débil del elenco fue la soprano Mónica Piccinini, quien a pesar de una prestación honesta mostró los límites de su voz ante la insolencia vocal de los demás. Como su amante Oronte, el tenor Emiliano González Toro adornó su personaje de un timbre cálido y aunque algunas notas agudas estuvieron ausentes su rendimiento fue muy apreciable. Por último, la soprano española Erika Escribá como Oberto y el bajo barítono Olivier Lallouette, Melisso cumplieron un trabajo satisfactorio.